28.06.2009

Sonner la retraite

Chacun aura remarqué le travail de préparation du gouvernement au fait que le temps de travail devra inéluctablement augmenter pour que notre modèle social soit préservé. C'est-à-dire que parmi la seule solution proposée au débat, c'est-à-dire l’allongement de la durée de travail, sur une journée, une semaine ou une vie, c’est celle-ci qui va être privilégiée et donc détruire implacablement un modèle social avec pour but de le préserver. Vous suivez ? Oui bien entendu, c’est encore une fois une escroquerie intellectuelle grosse comme une maison à 100000 euros. La droite décomplexée en a l’habitude depuis les incantations de son chef pour le « travailler plus, pour gagner plus » dont nombreux sont ceux qui auront constaté douloureusement l’invalidité tant économique que sociale, pour peu qu’ils en aient gobé le traître mot (c’est le cas de le dire).

 

Mais puisqu’il n’y a pas d’alternative alors il faut, après avoir poignardé dans le dos les 35h, dézinguer la retraite à la mitrailleuse lourde, si possible dans un couloir. L’âge légal de départ devrait être bientôt fixé à 67 ans, c’est en tout cas le souhait du gouvernement, qui en débattra entre gentlemen avec les partenaires sociaux. Nul doute qu’un consensus raisonnable sera alors trouvé pour légitimer ce recul à 70 ans ou peu s’en faut.

 

Il devrait être évident à tout le monde que reculer le temps du départ à la retraite dans un contexte de chômage fort est une hérésie socio-économique. Les jeunes arrivent de plus en plus tard sur le marché du travail et les entreprises ont du mal à conserver les gens après 55 ans. Quand dans le même temps, on augmente la durée des cotisations pour bénéficier de pensions à taux plein, là aussi en ayant balayé le spectre des solutions à raison d’une et d’une seule, la conclusion logique et pour le coup là assez imparable et que peu d’entre nous pourrons bénéficier d’une retraite véritable, soit parce qu’elle viendra trop tard, soit parce que le montant des reversements sera trop amputé pour que nous puissions en vivre.

 

Economiquement en outre, le scenario est catastrophique au sens où il est maintenant complètement irresponsable de croire que les pays occidentaux pourront afficher une croissance supérieure à 5%, chiffre qui en théorie doit pouvoir conduire à une baisse du chômage jusqu’à ce que celui-ci se situe à un niveau marginal (en théorie seulement, je vais y revenir). Non seulement notre modèle économique se heurte aux dimensions finies de notre Terre, mais il ne permet plus à l’occident, du fait essentiellement de la faiblesse des salaires dans les pays émergents d’accaparer une part suffisante de la production de marchandises ou de services, qui suffisent à faire croître le PIB dans des proportions suffisantes pour entrainer mécaniquement une création forte d’emploi. Par ailleurs, le tassement des salaires qui est d’actualité depuis une trentaine d’années n’a comme on le voit pas suffit à redonner de la compétitivité aux pays développés, le différentiel étant bien trop grand ( un salaire chinois est encore inférieur de 75% à la moyenne aux USA par exemple) et en outre, la solution palliative à cette stagnation, voire baisse des traitements, pour supporter la consommation, à savoir le crédit à tout va, vient d’exploser en vol.

 

Quoiqu’il en soit de l’âge de départ à la retraite donc, quelles que soient les augmentations globales de la durée du travail, il faut maintenant clairement dire que notre modèle social est de toutes façons condamné si les politiques s’obstinent à ne pas réformer le système économique. Cependant même largement amendé, le capitalisme demandera à ce que le contrat social soit lui-même ajusté et qu’il tienne compte des formidables gains de productivité qui ont été réalisés depuis les trente glorieuses, amenant avec eux une création de richesses également sans précédent. Les progrès technologiques ne vont pas s’arrêter en chemin, « l’ industrie verte » (oxymore) n’est pas la panacée que l’on veut bien nous vendre. La solution la plus raisonnable si la préoccupation est d’assurer un bon niveau de développement conjugué à une société pacifié et sereine, c’est de partager les richesses comme le travail (le dernier rapport sur la croissance et les inégalités de l’OCDE a montré que les modèles les plus redistributifs et les moins inégalitaires étaient ceux où la mobilité sociale était la plus élevée. Il en va de même pour les violences).

 

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67 ans : retraite réussie ou Berezina ?

 

 

Or, je reviens sur mon chiffre de 5% de croissance pour permettre une baisse durable du chômage. On a souvent cité la réussite des modèles anglo-saxons, américain ou anglais en matière de création d’emploi. Malheureusement, peu ont souligné à quel point la qualité de l’emploi était dégradée pour permettre d’arriver à ces résultats (hors contorsions statistiques largement usitées). Qui sait qu’en raison de la part des temps partiels subis que la durée de travail hebdomadaire moyen aux USA est inférieure à celui des français, ces fainéants notoires, soit 33.9 contre 36.3 ?

 

http://travail-chomage.site.voila.fr/us/us_duree_travail....

 

Comme l’a très bien fait remarquer Pierre Larrouturou, rare personnage du Ps à éviter le naufrage intellectuel et qui devrait d’ailleurs en tirer la conclusion qu’il n’y a pas sa place, le partage du travail est désormais un fait bien établi, qu’il soit spontané et anarchique ou régulé comme en France. Je crois comme lui qu’il représente la seule solution stable et humaniste pour résoudre la question du chômage et par corollaire celui des retraites.

 

http://www.lautrecampagne.org/article.php?id=34

 

Il sera peut-être nécessaire, de travailler plus vieux, ce que l’allongement de la durée de vie et surtout de l’amélioration de la santé des « séniors » permet, à condition que la pénibilité du travail soit pleinement reconnue et qu’il y ait un étagement selon les secteurs d’emploi. L’entrée tardive des jeunes dans la vie active est également un facteur plaidant pour un léger recul de l’âge de la retraite, si toutefois il est compensé par une durée de travail largement moins élevée à l’échelle d’une vie. Mais la vision défendue par le gouvernement ne va pas dans ce sens et constitue comme pour nombre de domaines, une régression sociale pure et simple, une véritable restauration. Car dans le même temps, les inégalités explosent dans le monde (moins en France du fait de la pertinence de son modèle, mais depuis 2006 les courbes s’inversent, on se demande bien pourquoi) et les politiques s’interdisent de taxer la richesse, même de façon infinitésimale. Bien à l’inverse et l’exemple français est parlant avec le bouclier fiscal, on s’efforce de conforter les plus aisés. Sur la question des retraites, pour le système français basé sur la répartition, qui affichait une identité solidaire marquée et fondatrice, la question de la provenance des cotisations pourrait pourtant déboucher sur des solutions assez évidentes, mais idéologiquement incorrectes par les temps qui courent. Cela ne saurait en outre satisfaire les sociétés d’assurance qui piaffent pour capter l’épargne retraite de ceux qui peuvent en avoir.

 

Le président actuel, par la voix de son sous-fifre, préfère donc taper sur les solidarités, sur l’idéal d’égalité et de fraternité, revenir sur le modèle français tout en le couvrant de louanges sournoises dans les discours. Sur la question du travail, il cherche le KO en multipliant les coups (travail des malades par exemple). En ce moment, poursuivre son offensive, c’est s’efforcer de sonner la retraite…

14.06.2009

Le serment d'hypocrites

L'actualité politique est toujours et encore désespérante et surtout lourde de conséquences négatives pour l'avenir de nos sociétés. Les médecins qui se penchent sur le malade n'en finissent pas de l'achever, jurant pourtant jours après jours, que le changement de méthode est décrété, que le virus du capitalisme financier va être éradiqué à grande seringue de moralisme, mais que pour s'en sortir, il faut accélérer les réformes absolument nécessaires à la survie de notre modèle social. En somme une bonne grosse saignée administrée à un patient déjà exsangue...

Je ne saurais dire s'ils sont vraiment conscients de ce qu'ils font, s'ils ont dépassé depuis longtemps le stade des scrupules ou de la lucidité, si ce sont vraiment tous des opportunistes arrivés au dernier degré du cynisme. Mais force est de constater que ce sont en tout cas, des hypocrites décomplexés.

Comment expliquer sinon, ces cris de triomphe de l'Ump au soir d'une élection européenne qui aura vu ce parti rassembler une part gigantesque de l'électorat, soit 11.2 %. Comment de même expliquer ces râles de jouissance des européistes qui oublient conscienscieusement que 60% des citoyens européens (80% des jeunes de 18-35 ans) n'ont pas jugé utile de se déplacer ?

L'explication est sans doute simple : la victoire à tout prix, la joie de rester entre soi en se convainquant que la démocratie ne récompense que les vainqueurs et que seuls ces derniers sont légitimes. C'est vrai quand la démocratie fonctionne. Mais que dire d'une situation où non seulement deux électeurs sur trois ne vont pas voter, mais où ce sont les classes populaires et les jeunes en grande majorité qui ne le font pas ? Ne serait-il pas sain de se poser la question ? N'y a t'il pas un léger problème à ce qu'une sorte de vote censitaire se mette en place naturellement ? A plus forte raison quand on est de gauche, ne doit-on pas s'interroger sur le malaise politique qui touche les populations les moins aisées financièrement ?

Ce n'est apparemment pas l'attitude de la sphère politico-médiatique qui en France a comme d'habitude, nationalisé ces européennes et en est resté à la petite cuisine politicienne qui est pourtant à l'origine à la fois du désintérêt des citoyens et du score flatteur des écologistes.

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En parlant d'hypocrites...

Les verts m'ont toujours été sympathiques. J'avais même glissé un bulletin Mamère en 2002, comme une petit coup de canif à Jospin que je ne savais pas mortel. Je ne regrette rien cependant. Je ne suis pas responsable des reniements du Ps, qui l'ont conduit à recevoir cette claque magistrale et méritée de dimanche dernier. Pour autant, la victoire objective d'Europe écologie est aussi celle d'une certaine hypocrisie, dont le plus beau témoignage est peut-être représenté par la démarche pédagogico-marketing de Yann Arthus Bertrand. Comment s'affirmer préoccupé par le devenir de notre planète, chercher des solutions, sans jamais ou presque condamner la forme de capitalisme qui se révèle incompatible avec ces belles résolutions ? (les bons philanthropes donnateurs tels que Pinault ne s'y sont pas trompés en associant généreusement leur nom à cette entreprise si responsable, garante de la perennité de leur position et accouchant d'un film chiant comme la pluie en prime)

Il y avait pourtant de bonnes raisons de voter pour ce parti, ce que je n'ai pas fait, préférant la cohérence avec mes opinions européennes en choisissant le Front de gauche. Les verts ont affiché l'unité, au contraire donc des formations de la gauche assumée (NPA, pas bien !), ils ont fait campagne sur l'Europe, ce qui est bien la moindre des choses pour cette élection, mais qui n'est pas très représentatif du choix des autres partis, ils ont mis en avant une certaine intégrité, représenté par les figures médiatiques (trop ?) et combatives de José Bové et d'Eva Joly. Cela représentait trois bonnes raisons de voter pour eux.

Malheureusement, il y a un vrai problème de cohérence come je l'ai dit entre la volonté de changer la société pour ariver à son développement durable et l'acceptation d'un modèle économique qui a prouvé à la fois son incurie et son potentiel de destruction de l'environnement. Cohn-Bendit incarne à lui seul, en bon libéral, cette contradiction. Je crois qu'il en est conscient et voilà, pourquoi je ne l'aime pas beaucoup...

De plus, les verts en choisissant une posture relativement apolitique, attire un électorat bobo qui cherche à s'acheter une bonne conscience à bon marché, tout en se masquant les réalités sociales, trop violentes. Plus d'orientation idéologique, plus de pauvres ? Malheureusement, la politique raisonnable et non partisane, l'apolitisme en somme, font toujours le jeu du système dominant. Il n'y a qu'à voir les réactions empressées du gouvernement devenu tout d'un coup plus vert que jamais, malgré l'enterrement peu classieux du "Grenelles" de l'environnement.

Je ne m'apesantirai pas sur l'insignifiance du Ps et sur sa mort maintenant programmée et souhaitable pour la gauche. Il est temps de laisser les éléphants aller au cimetierre avec les restes de leur parti. La rose est définitivement fanée...

Pas grand chose à dire non plus de la tenue respectable du Front de gauche et du relatif échec du NPA : division coupable, mauvais choix de campagne pour le deuxième, abstention des catégories d'électeurs susceptibles de voter pour ces formations, lassitude des nonistes qui ont bien compris que le vote européen ne changeait strictement rien à la politique menée. Le sort fait au choix des français après le referendum sur le Tce a fait son oeuvre, de même que ce que j'appelle la théorie du ping-pong. Les Etats imputent les regressions sociales aux politiques économiques promues par l'Union pendant que celle-ci se défend an arguant qu'elle n'a aucune compétence sociale et que les Etats sont donc coupables. C'est pas moi, c'est lui ! Pendant ce temps, les citoyens se détournent de la démocratie et l'Europe avance toujours plus avant dans l'application des préceptes néo-libéraux (ou ordo-libéraux, ou néo-classiques mais le résultat est le même). Je rappelle en passant que la crise, qui n'est jamais que la plus puissante depuis celle de 29, en est issue...

La crise est donc aigue et les conséquences sociales encore à leur débuts. Voilà pourquoi, les syndicats dans un grand accès d'intelligence managériale qui devient leur marque de fabrique, à la grande joie de la droite (et du Ps aussi mais est ce bien différent ?) et du Medef, n'ont rien trouvé de mieux que de casser toute contestation en diluant avec méthode les mouvements nés cet hiver, depuis celui des universités, on ne peut plus légitime, jusqu'à celui des salariés du privé qui ne l'est pas moins. Le mécontentement étant lui bel et bien toujours présent, on saura les féliciter d'avoir mis à terre les derniers vestiges d'un corps médiateur entre les citoyens et les politiques qui laisse augurer de situations potentiellement violentes. L'Automne s'annonce avec une odeur de roussi...

Décidément, nous observons à l'ère du cynisme médiatique, la ronde des faux médecins vénaux, le bal des Hippocrates de salon qui tournent autour de leurs seuls intérêts et dont on pourrait bien croire qu'ils ont fait serment d'hypocrites...

18.05.2009

Train ou limousine ?

Je suis originaire du Limousin ou peu s'en faut ; c'est là bas que sont mes racines, à Limoges et dans un rayon de sa campagne de 60 km. Bien loin de moi l'idée d'un quelconque régionalisme qu'au contraire je combats. Je suis jacobin et je le reste. Mais je sais que là-bas, je respire mieux. Oh bien entendu, je pourrais prendre bouture ailleurs, dans un petit coin breton et maritime par exemple ou même à Paris la belle, dont je suis éperdument amoureux tout en sachant qu'elle n'est pas à terme, faite pour moi. Emporté par le vent, je pourrais qui sait coloniser quelque terre plus lointaine, dans l'Irlande celte éventuellement. On ne verra jamais d'un bon oeil un orangiste sur le sol irlandais mais moi, le friendly frenchy qui sait...

Pour autant et jusqu'à la fin, comme un hirondelle qui revient inlassablement sous les cieux de sa naissance, je sais que je serai chez moi en Limousin, à chaque fois que j'y reviendrai. Il y a là-bas des pulsations qui raisonnent avec les miennes, c'est ainsi. Il y a les miens aussi...

C'est une terre simple. Le granite y impose son austérité altière et son autorité, en blocs pesants, bleu dur ou doux rose, en un mélange ou d'aucuns trouveront assemblage du ying et du yang. Mais elle offre aussi de vertes collines à l'herbe grasse et humide où le printemps conquérant fait avancer des légions de fleurs multicolores, où l'hiver impétueux étend sa cape blanche. Là-bas on connaît les saisons, encore un peu, pour quelques années peut-être...

A limoges, où sont enterrés mes 20 ans, sous un titre de champion d'Europe de basket, il y aussi une gare, la plus jolie du monde. La preuve, Jean-Pierre Jeunet l'a choisie pour l'ouverture de son court-métrage publicitaire en l'honneur du numéro sans doute le plus célèbre de l'univers : N°5. (Bon avant lui, un écrivain mondialement connu s'en était emparé pour situer le début et la fin d'une de ses nouvelles, enfin de sa nouvelle, parce que sa flemmardise est proportionnelle à son génie incommensurable. Si vous êtes sages, un jour je vous donnerai un lien vers ce petit chef-d'oeuvre.)

Alors une fois n'est pas coutume, je parle un peu de pub sur ce blog :

En limousin, il y a surtout de la campagne, plutôt de la très belle d'ailleurs, variée, ondine... Et dans la campagne, il y a des vaches : les fameuses limousines, connues tout autour du monde (all around the world). Il se trouve que lors d'un séjour récent où j'ai arpenté le bush haut-viennois, j'ai fait quelques petites photos de mesdemoiselles (y avait ptet des messieurs aussi, cachés dans le tas (non non c'est pas toi le tas Raymonde, pas la peine de meugler en maugréant))

Hommage au bovidé et à son terroir :

 

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Un petit village, perdu dans la cambrousse

 

 

 

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Un train de limousines. Vous remarquerez à l'avant, l'arrière train imposant. C'est une photo un peu vache, je l'admets...

 

 

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La curieuse au cerisier


 

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Sur le chemin du Tour, le public répond toujours présent !

 

 

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Mise au vert

 

 

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Des normandes limousines

 

 

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La petite maison vraiment DANS la prairie

 

 

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Engrangeons quelques fleurs

 

 

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Un encadrement de chêne

 

 

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Le même chêne, plein cadre

 

 

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Des normandes et leurs charmes

 

 

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Un château en pleine campagne, forcément, c'est ruineux

 

 

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Contre-plongée vachère

 

 

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Nous partîmes cinq cents mais par une astuce comptable, nous nous vîmes trois mille en arrivant à l'étable

 

 

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You're talking to us ?

 

 

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Sonnez clochettes, tintez couleurs !

 

 

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L'ordre des choses ne tient qu'à un souffle

 

 

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Passé aux couleurs

 

Mais les parisiennes aussi, sont si jolies, que je reviens vers elles, à tire d'ailes...

 

 

 

09.05.2009

Deux ans de vacances

Oui, cela fait deux ans qu'un individu est en vacances, grâce à 53% d'entre nous. Je n'en suis pas bien entendu et si les noms d'oiseaux sortiraient bien facilement pour qualifier ceux qui en revanche, en sont, je ne peux m'empêcher de me souvenir qu'en face il y avait une folle à peine moins dangereuse. Circonstances atténuantes à la décharge des crétins ! (oups, I did it)

Deux ans de vacances, en effet. Pour lui, qui en prend d'autant plus qu'il nous a incité à travailler plus. Bien que la presse ne s'en vante que peu, les petits séjours de fin de semaine avec son échassière vulgaire sont monnaie courante, sans parler des villégiatures exotiques financées par le narco-traffic. Ca va pour lui merci ! On ne peut pas dire qu'il ne nous avait pas prévenus. Dès son congé officialisé en Mai 2007, il s'est empressé de le fêter dans un resto pour parvenus et sur le yatch d'un "ami". Car ce n'est pas le genre à complexer ou avoir des hésitations éthiques, surtout pas. Pour lui le pouvoir, c'est le fric et la frime, il ne l'a jamais caché. La seule chose qu'on ne peut lui enlever c'est cette espèce de franchise arrogante et putassière. Qui condamner le plus ? Lui ou ceux qu'il abuse de plein gré ?

Un couple d'année de mise en repos forcé de ce qui fait une certaine identité de la France et , au passage, la force de son modèle social dont la crise montre toute la pertinence, malgré encore une fois, ses imperfections. 24 mois de mise à mal des services publics, de la tradition d'accueil de notre pays, de sa vocation égalitariste, de sa méfiance raisonnable du tout marchand, de sa position originale au sein du concert mondial des nations. Tout cela rayé d'un coup d'idéologie : ministère du racisme ordinaire et de l'immigration profitable, destruction en règle de l'Education pour tous, de la Santé pour tous, transfert d'argent vers les plus riches, paupérisation et assujettissement des plus pauvres au travail, répression policière et mise en coupe réglée de la Justice, sapement des libertés publiques, réintégration pleine et entière au sein de l'OTAN. Le président a pris la place, a tout raflé pour lui, pour ses amis et a mis la France en vacances, le plus loin possible.

Même la culture et les bonnes manières ont été priées d'aller voir ailleurs s'il y était...

Oui la présidence de la république est en jachère depuis deux ans, au profit de la nouvelle fonction de Pdg de l'entreprise française. Il serait temps de lui faire prendre congé. Pour que cesse cette vacance...

Envoyons le de la Terre à la Lune ou 20000 lieues sous les mers mais je veux cesser d'avoir honte de mon pays et de ses habitants ! Deux ans de vacance, c'est déjà beaucoup trop...

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19.04.2009

Les idées ne meurent jamais

Il faut avoir la tête profondément enfouie dans le sable pour ne pas voir la montée implacable de régimes politiques qui encagoulent les véritables libertés sous le seul libéralisme économique. Pour illustrer cette crainte que je crois bien fondée, j'aimerais vous parler aujourd'hui d'une Bd dont les auteurs ont réussi avec une maestria peu commune à faire une oeuvre d'une lucidité acérée et d'une force narrative et graphique extraordinaire, autour du thème de l'oppression et de la liberté, de l'anarchie et de la réappropriation politique des citoyens.

 

VPourVendettacintegrale.jpgV pour Vendetta a été scénarisé par Allan Moore, monstre du neuvième art à qui l'ont doit aussi l'écriture de Watchmen et de la Ligue des gentlemen extraordinaires, que je recommande on ne peut plus chaudement. David Lloyd l'a brillamment illustré.

Londres en 1997. L'Angleterre vit sous un régime fasciste et postapocalyptique : la guerre nucléaire a eu lieu...L'autorité, qui se fait appeler la Tête, contrôle très étroitement la population au moyen de sa police, la Main, guidée par les services de renseignement : les Yeux, les Oreilles et le Nez. La Voix diffuse la propagande et endort les citoyens...

Evey, jeune adolescente de 16 ans livrée à elle-même dans la capitale déshumanisée, se prépare une nuit à descendre dans la rue pour y vendre ses charmes, moyen de collecter quelques subsides, pour compléter son salaire insuffisant d'ouvrière dans une armurerie. Malheureusement, le premier client potentiel qu'elle aborde se révèle être un agent de la Main. Il a toute latitude avec ses collègues pour traiter le genre d'actes criminels auquel est associé la prostitution. La jeune femme comprend que sa courte vie va se terminer dans le viol...

Mais survient un étrange personnage, portant costume et  masque de Guy Fawkes, un activiste politique du début du 17ème siècle, façon commedia dell'arte. Tout en prononçant froidement des vers de Mac Beth, il mystifie les policiers, en laisse un certains nombres morts sur le trottoir et sauve la demoiselle d'un sort qui paraissait sordidement scellé. Qui plus est, parvenu avec son obligée sur les toits de la vénérable ville et sans cesser de déclamer du Shakespeare, il contemple l'explosion du parlement, qu'il revendique.

Qui est donc ce mystérieux personnage, qui se fait appeler V et qui ose provoquer le gouvernement et plus, l'autorité ? Quels sont ses objectifs ? Est-il est leader politique, un défenseur de la liberté, quelqu'un dont l'action obéit à des motivations personnelles ? La Tête, qui ne peut souffir la moindre contestation d'un ordre bien et fortement établi parviendra t'elle à mettre ce rebelle iconoclaste hors d'état de nuire ?

V pour Vendetta est une Bd culte. C'est également un chef-d'oeuvre incontestable, au même niveau que certaines oeuvres purement littéraires ou cinématographiques (la bande-dessinée étant au croisement des deux finalement). Elle véhicule un message politique fort, notamment le fait que les régimes policiers ne peuvent se mettre en place et durer que par le concours passif des citoyens qui en l'occurence oublient de l'être. Ils sont la solution pour faire tomber les dictatures, en prenant conscience de leur liberté innaliénable et du rapport politique qui les lie à la société.

Par ailleurs, l'histoire est portée par un romantisme ample, à la fois noir et humaniste. Les auteurs y célèbrent le pouvoir émancipateur de l'art, au travers de la littérature et du théâtre, notamment par l'omniprésence de Shakespeare (la Bd est découpée en actes) mais aussi de la musique, de la peinture. Ce n'est pas un hasard si tous les fascismes ont toujours cherché à l'annihiler ou tout du moins à le contrôler drastiquement. Plus globalement,  Moore met l'accent sur la force des idées et de la recherche du Beau, sur la tolérance également. Mais parce que rien n'est pur en ce monde, il souligne que le chaos ou l'anarchie peuvent par le désordre aboutir à une nouvelle harmonie. La caractère ambigu de V, ses motivations dont certaines sont profondément cachée dans l'ombre du passé, le fait que tout simplement, il soit un personnage tout entier masqué (pas simplement son visage), tout cela contribue à l'épaisseur de l'oeuvre. On y ajoutera une histoire d'amour tourmentée pour faire bonne mesure...

Graphiquement superbe, le travail de Lloyd s'inscrit parfaitement dans cette démarche esthétisante et cérébrale à la fois. Son trait dynamique et ses cadrages sophistiqués sont pour beaucoup dans la réussite de V pour Vendetta. La mise en couleur procède d'une palette assez particulière, à la fois éthérée et contrastée. Cela surprend au départ mais on y prend goût rapidement...

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Au final, cette Bd s'avère absolument passionnante, alliant une histoire captivante et mystérieuse, servie par des dessins de toute beauté, à une trame complexe, politisée et profondément artistique. Dans le contexte actuel inquiétant quant aux libertés publiques ou individuelles, c'est une lecture conseillée et reborative. De plus, les relectures permettent à chaque fois d'affiner l'interprétation et la saisie de certains détails ou subtilités qui étaient restés occultés auparavant. Par exemple, les astuces de mise en scène sont nombreuses, autour de la lettre V notamment...

A acheter ou emprunter les yeux fermés (les ouvrir en grand pour la lecture) !

 

A noter que le film de James Mac Teigue, s'il n'est pas la catastrophe que certains ont pu décrire, en partie grâce à la présence de Natalie Portman (c'est complètement subjectif mais j'assume), ne rend tout de même que peu hommage au livre dont il est tiré. Que ceux qui l'ont vu, qu'ils l'aient aimé ou pas, ne fassent donc surtout pas l'impasse sur la Bd.

 

V pour Vendetta / David Llyod, Alan Moore._Delcourt : Paris, 1999._271 p.

 

 

 

 

05.04.2009

Quand les prix mènent grand train !

Voilà trois semaines, j’ai voulu me renseigner sur l’offre de la SNCF sur la ligne Paris-Grenoble, ville dans laquelle j’avais envie de passer un week-end sur l’invitation d’une amie. Pouvant être disponible pour Pâques, j’ai sélectionné cette date et regardé les résultats. Je pensais qu’en m’y prenant un mois à l’avance, je pourrais obtenir un tarif intéressant.

Que nenni !

Pour une liaison directe et sans changement par TGV, il m’en aurait coûté 120 euros, soit 240 euros de transport aller-retour pour un week-end. Ce n’est malheureusement pas à ma portée financière pour un séjour aussi court.

Outre le prix du billet très élevé, le plus choquant est sans doute sa variabilité car il ne s’établit pas toujours aussi haut en fonction de la période choisie et surtout de la demande à ce moment là. Certes je savais que Pâques était un créneau très demandé, que Grenoble est la porte d’une partie des Alpes et que beaucoup profiterait des vacances pour faire du ski de printemps. Mais il y a encore quelques années, le barème des prix aurait été on ne peut plus clair : période blanche, bleue, tarifs réduits par la possession de carte d’abonnement, réduction de type « escapade » pour les séjours de fin de semaine.

Mais aujourd’hui, les choses ont changé et ce changement porte le nom de yield management .

Kesako ?

C’est un concept, d’origine anglo-saxonne forcément, qui désigne un système de gestion des places disponibles dans le cadre d’une activité de service (transport, hôtellerie, etc…). Il a pour but d’optimiser le remplissage et surtout d’optimiser la rentabilité au moyen notamment de la tarification en temps réel. Ce procédé a été expérimenté à l’origine dans les compagnies aériennes américaines, dont la Delta airlines a été la pionnière, profitant de la dérégulation des années 80. Il est utilisé en France depuis un moment dans le secteur aérien. On a parfois parlé d’une de ses composantes , à savoir le surbooking qui consiste à vendre plus de places que l’avion n’en a de disponibles pour pallier les éventuelles défections et réservations annulées, quitte à refuser l’embarquement pour des clients qui ont pourtant un billet payé et valide, si par malchance, le taux de défaut est très peu élevé. C’est bien connu, le client est toujours roi, mais souvent celui des cons…

Le yield management pour résumer rapidement, c’est pour l’entreprise qui l’utilise, la promesse de maximiser son chiffre d’affaire. C’est le but premier, celui qui va imposer d’analyser les comportements de la clientèle puis de la segmenter afin de construire un modèle de fixation des prix qui en découle. Bien entendu le marketing habillera cette technique de telle façon que l’acheteur pensera faire de bonnes affaires et sera ainsi susceptible d’adhérer à cette politique tarifaire. Mais en aucun cas à la base il ne s’agit d’améliorer réellement le service pour l’utilisateur.

J’en reviens donc à mon billet pour Grenoble. Autrefois, son coût aurait été fonction du kilométrage parcouru et du type de transport choisi : TER, CORAIL, TGV etc…Si je veux bien accepter de payer un peu plus pour profiter de la vitesse d’un TGV, je trouve purement scandaleux d’avoir à débourser des sommes sans rapport avec le coût d’exploitation du service. Encore faudrait-il préciser que la SNCF a très largement abusé de l’avantage comparé des trains à grande vitesse pour augmenter ses prix et que ce fait là était déjà assez pénible.

Mais l’adoption du yield management par l’entreprise il y a quelques années a conduit à une grille tarifaire complètement absconse, extrêmement variable et contraignante pour les publics aux revenus modestes, cachant des hausses de prix bien réelles derrière les promotions type billet Prem’s ou dernière minute, voire la création d’une filiale low cost comme l’IDTGV.

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Pour des prix constants et accessibles en revanche, on peut aller se faire voir chez les grecs !

 

 

Je trouve ce système déjà assez détestable à la base quelque soit l’entreprise qui l’utilise. En effet, il donne une prime à la logique mercantiliste des consommateurs, qui sont sommés de se faire managers de leurs propres dépenses en rationnalisant leurs achats (réservation très longtemps à l’avance, épluchage de l’offre pour dénicher la bonne affaire, adaptation en choisissant des périodes de départ autorisant des billets moins chers) ou en acceptant de payer au prix fort, voire très fort selon la demande. Tous ceux qui ne peuvent ou ne veulent pas le faire pour des raisons financières (petits revenus) , d’agenda (on ne peut pas toujours prévoir certains déplacements ou prendre ses congés quand on veut et les poser longtemps à l’avance), ou tout simplement pour des raisons personnelles, sont pénalisés.

Dure loi du marché me direz-vous…

Sauf que la SNCF est toujours une entreprise qui rend un service public et que l’adoption du yield management est déjà en elle-même un aveu que ce n’est plus le cas. Je trouve cela déjà insupportable dans le principe. Dans les faits, je m’en scandalise de plus en plus car je suis amené à renoncer à des déplacements dont le prix dépasse mes moyens, ce qui n’était pas le cas avant. En outre, ce n’est pas à une entreprise qui plus est publique, de me dicter (indirectement mais tout de même…) mon comportement et mes habitudes de voyage pour que je continue à utiliser ses services. Sans doute aussi, mon côté égalitariste est-il choqué par le fait qu’au sein d’une même voiture, des passagers peuvent avoir payé leur billet 19 euros et d’autres 80. Doit on y compter les winners et les loosers, ceux qui peuvent payer le tarif plein voire majoré sans sourciller (l’homme d’affaires et le touriste argenté sont choyés) et ceux qui ne peuvent pas, ceux qui ne veulent pas se soumettre à la logique de l’utilisateur émancipé et ceux qui ont la joie un peu mesquine d’avoir réussi à payer moins que leur crétin de voisin ? Ce genre de détails fait aussi les sociétés et leur cohésion…

Encore une fois, l’utilisation d’une gestion venue tout droit du privé montre clairement au travers de ses conséquences quels sont les objectifs des politiques qui se trouvent en amont de ces décisions : faire de l’argent (nourrir le privé) au détriment des catégories les moins aisées de la population, qui soit sont obligées de se conformer à la logique commerciale en devenant des « consommateurs intelligents » (asservis dirais-je), soit en renonçant à prendre le train, qui en France est encore plus accessible et souvent plus pratique que l’avion.

Voilà comment une nouvelle fois, le nouveau management public pervertit de l’intérieur la logique du service du même nom, en usant de procédés empruntés au privé, tout en justifiant les désagréments produits, par l’inefficacité chronique et génétique du secteur public et de l’Etat entrepreneur. On en profitera pour mieux privatiser et assujettir l’usager.. .oups pardon, le client (celui qu’on peut donc rouler en toute bonne conscience, celle du marché)

J'accepte de plus en plus mal ce gâchis énorme, d’autant plus que, malgré la casse de la SNCF au même titre que les autres services publics et la protection sociale, par les différents gouvernements depuis trente ans, le réseau de chemin de fer dans notre pays, compte tenu de sa densité, est encore un des plus attractifs et efficaces au monde, peut-être même le meilleur avec ceux du Japon et de l’Allemagne. Pour combien de temps, vu la dégradation à grande vitesse (forcément) ?

En plus j’aime beaucoup prendre le train…

 

Un article d’Alternatives économiques sur la question :

http://www.alternatives-economiques.fr/sncf--un-prix-peut...

15.03.2009

En Mars, ça repart ?

Il y a presqu'un an, je publiais un petit post en forme de cliché printannier. Deux photos de cerisiers en fleur pour célébrer la renaissance et la beauté, malgré la chappe de plomb apposée par le président actuel et son gouvernement.

Voilà Mars et ses floraisons. La nature persiste à faire la nique à la grisaille umpienne. Mais qu'en est-il de la constestation sociale ?

La crise ne fait que débuter et notre fameux modèle français si archaïque fait beaucoup pour la pondérer ou différer ses effets, les diluer quelque peu. Toutefois, le plus dur est à venir et le contexte fera beaucoup pour la suite de la résistance à l'américanisation décomplexée de notre pays.

La grève générale, le seul mode d'action qui pourrait être véritablement suivi de conséquences tangibles, n'est intervenue que dans nos lointains satellites antillais et l'heure ne semble pas encore venue en métropole de les imiter. Mais il semble bien que, si l'offensive venue de Neuilly continue de progresser, sa marche soit de plus en plus entravée. Je crois même que le front se stabilise alors même que les nombreux foyers de résistances ne se sont pas encore rejoints.

Cette semaine sera marquée d'un nouvel épisode et d'une nouvelle journée d'action. Je suis très circonspect sur l'impact de ces grèves d'une journée, bien gentillettes quand en face le bulldozer à réformes néolibérales avance sans souci de savoir qui il écrase. Mais puisque la lutte a pris pour le moment cette forme là alors il faut au moins occuper le terrain et gonfler les muscles, à défaut de s'en servir.

Jeudi, il serait bon que privé et public réuni envoient le maximum de gens dans la rue, pour montrer l'attachement des français à leur modèle social, qui aujourd'hui prouve toute sa pertinence, ceci malgré des imperfections certaines, dans une conjoncture de crise systémique qui met à mal une idéologie plutôt d'inspiration anglo-saxonne que, depuis près de 25 ans, aussi bien la droite que la gauche de gouvernement essaie d'imposer dans notre pays.

Aujourd'hui et contrairement à ce qu'affirme les porte-flingues de l'Ump, il ne s'agit pas d'une résistance corporatiste mais d'une lutte pour sauvegarder une culture, une certaine idée de la vie : une éducation pour tous, un hôpital pour tous, un travail qui a du sens, moins d'inégalités pour moins de violence, une économie réellement régulée, une Europe qui pousse à la mutualisation et à la coopération plutôt qu'à la concurrence salariale et fiscale, à la compétition entre pays, entre leurs habitants.

Je vais terminer par une anecdote, un détail. Aujourd'hui le quinze de France, peut-être grisé par l'atmosphère printanière a oublié qu'on ne profite pas du parfum de la rose anglaise sans l'avoir piétinée auparavant. Notre équipe a signé un de ces matchs ridicules qui émaillent son parcours. Inconstance latine et coupable diront certains. Oh certes, perdre contre l'anglois, qui plus est prendre une volée quand celui-ci est sans doute le plus faible rencontré depuis plus de 20 ans, est toujours facheux et cinglant pour l'orgueil. Mais j'y verrais presque un signe d'espoir, la cohérence d'un peuple qui ne sait pas gagner sans y mettre une signification, qui ne tue pas par réflexe darwinien. C'est un peu la France qui persiste dans cette défaite cuisante.

Ils n'ont pas encore gagné...

 

 

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26.02.2009

A l'insu de mon plein gré !

Je viens de m'apercevoir avec une surprise mauvaise qu'un bandeau de pub pour Libertas trônait au dessus de ma bannière. Je ne sais si le marketing du site est affiné blog par blog mais je signale bien entendu qu'une d'une part ma propre qualification, par dérision, d'archéo-conservateur marque mes convictions de gauche assumées, d'autres part que je ne soutiens en aucune façon ce parti ultra-libéral de droite et conservateur dans le premier sens politique du terme, tout noniste qu'il soit.

Si la situation perdure, j'en demanderai des explications fermement à hautetfort.

22.02.2009

Suis la musique !

 

A l'heure où tous les voyants sont au rouge et les esprits crispés sur un avenir crépit de sombre, je m'en reviens parmi toi lecteur (car tu n'es sûrement jamais plus de un en même temps à me lire) pour te parler de deux Cd zénifiants que l'on m'a offert sur mes propres recommandations, pour mon anniversaire.

Deux albums, deux destinations, deux évasions...

 

 

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Kelli Ali avec Rocking horse nous offre un aller sans retour au coeur d'une forêt enchantée, jumelle de la Brocéliande arthurienne. Elle y déploie une musique diaphane dont les douces arabesques sont autant de sortilèges hypnotiques et délicieux. Dans une ambiance moussue et médiévale, la voix de Kelli dessine le chemin des fées et nous emprisonne, consentants, dans ses mystères couleur vert tendre. Dans un coin du tableau, une flûte, un cor anglais et un hautbois transpercent les frondaisons de quelques élans de lumière vaporeuse.

 

 

Heaven's door

Les violons tracent dans les feuilles mortes, entre les arbres immenses, le lit d'un ruisseau tranquille, qu'un banjo calmement enjoué agrémente de quelques clapots cristallins. Parfois, la brise encore un peu fraîche ramène avec elle la scansion chuintante d'un rite magique. La basse, ronde comme le fût d'un hêtre, pulse lentement la vie d'un être. Endormie, la nymphe des lieux est belle et irradiante comme une aurore. Ses cheveux sombres coulent sur le lin blanc de sa tunique. Son souffle ténu m'invite au sommeil. Je m'allonge auprès d'elle et j'oublie...

 

What to do

 

 

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Kelli Ali

 

 

Le réveil n'est pas difficile. Le soir descend sans se presser, je suis allongé sur un sable tiède. J'entends au loin quelques éclats de samba que le vent rabat sur les flancs des pains de sucre. Plus proche de moi, une guitare nylon, relaxée, tresse une brassée d'accords de bossa. Je suis quelque part , dans une autre dimension do Brasil. Il fait doux...

 

The next time around

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Ma belle druidesse s'est changée en déesse latine. Sa peau est bronzée et son regard chocolat. La franchise gourmande de ses oeillades a pourtant la tendresse de la fraîcheur. Son corps est une courbe mouvante qui chaloupe doucement sur la musique de Little Joy. Je l'embarque avec moi...

La soirée sera reaggae, pop sucrée et tonalités carioca. Entre amis, de tous âges pourvu qu'ils ne soient pas adultes... Un peu de ponch, quelques bières, des brunes, des blondes, un cocktail pour savourer le plaisir d'un moment fugace et éternel. Au bout du monde, le soleil se dilue dans l'eau sanguine de l'Océan. La vie n'a pas de fin, je me noie dans une joie mélancolique...

 

 

 

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Evaporar

 

 

 

 

Kelli Ali myspace :

http://profile.myspace.com/index.cfm?fuseaction=user.view...

Little Joy myspace :

http://www.myspace.com/littlejoymusic

 

01.02.2009

Faim d'Histoire

La France disait-il n’avait pas peur du changement, mais elle l’attendait. Il est venu, mais pas vraiment comme elle, du moins celle qui a voté pour l’ex maire de Neuilly, l’espérait naïvement.

1110039_dollar_liberty_2.jpgLe président actuel voulait transformer notre pays, un des derniers à s’adapter à la mondialisation néolibérale. Encore le faisait-il en râlant et renâclant, comme à son habitude et ceci malgré le nombre toujours plus grand des nouveaux convertis. Il avait le désir d’en faire une petite Amérique, objet de son amour et de sa fascination. Il brûlait d’installer sur le trône des valeurs, l’individualisme, l’ambition personnelle, la course au profit décomplexé. Il trépignait de pouvoir enfin solder l’héritage révolutionnaire qu’avant lui des historiens comme François Furet,  porté par l’enthousiasme des transfuges, avaient déjà contesté.

Bref, il rêvait de donner le coup de grâce à un modèle né sur les ruines de la guerre et la honte de la collaboration, des germes multi-séculaires de son histoire et de sa culture, mais depuis 25 ans attaqué de toutes parts. Grignoté de l’extérieur avec la globalisation économique portée par le consensus de Washington, sapé de l’intérieur par ses propres blocages et l’effort des néolibéraux du cru.

Mais les winners les plus farouches, les plus opportunistes, les moins scrupuleux ne peuvent rien face à leurs aveuglements et devant le stop impérieux imposé par l’Histoire. Il y eut bien quelque esprit simple et satisfait pour imaginer qu’elle s’était définitivement arrêtée. Mais chacun, Fukuyama y compris sent bien qu’elle est repartie, après une pause cahotante d’une vingtaine d’années.

Voilà donc que le système adoré, que nous appellerons néolibéral par commodité, connaît les derniers soubresauts au moment même où en France on voudrait finir de l’imposer. Souvenez- vous des paroles de notre chef suprême pendant sa campagne. Il déplorait le faible endettement des français, souhaitait que tous  soient propriétaires, sur le modèle américain. Celui des subprimes voyez ?...

Oui mais, le château de cartes s’est effondré, à la seul surprise de ceux qui l’avaient édifié au mépris de toutes les règles prudentielles. Mais que voulez vous ? Comment résister quand on est acteur dans une structure où la cupidité et la concurrence s’allient pour former une spirale infernale, d’où le risque, par la grâce des produits structurés, semble s’être évanoui ? (voir le dernier livre de Frédéric Lordon : Jusqu’à quand ? Pour en finir avec les crises financières.-Paris : Raisons d’agir, 2008.-220p.)

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Il serait nécessaire de bien souligner à quel point la libéralisation de la finance, dont les subprimes et les produits dérivés sont les derniers avatars, a pesé sur l’organisation du travail et partant, sur l'évolution des sociétés occidentales, mais aussi de celles des pays émergents. Il suffira de dire que la financiarisation en privilégiant le capital au détriment du travail, a fini par lui enlever son sens mais aussi son pouvoir de rémunération et d’épanouissement dans de bien nombreux cas : recherche du profit maximum à court terme, course à la productivité, management omniprésent, précarisation, tassement des salaires. Pourtant, pendant ce temps là, il fallait bien préserver la croissance et sa composante bien souvent essentielle, la consommation.

D’où la recherche du moindre coût qui a deux effets pervers : les délocalisations et la tension sur les salaires, sur les conditions de travail. Les premières enrichissent certes les pays les plus pauvres mais en les dispensant de créer un marché intérieur viable, en fermant les yeux sur l’exploitation des « ressources humaines », en sacrifiant le tissu économique (l’agriculture de subsistance notamment) aux exportations. Les secondes ont fait pressions sur les revenus et la stabilité de l’emploi qu’il a fallu compenser pour maintenir le fameux pouvoir d’achat par le recours au crédit et la production au moindre coût. La boucle est bouclée, la machine peut s’emballer…Vous aurez noté qu’aujourd’hui plus personne du côté des élites économiques et  politiques, exceptées celles se réclamant de la gauche assumée, ne parle de salaire mais de pouvoir d’achat. Le glissement sémantique est éloquent…

Tout a une limite heureusement et le capitalisme financiarisé a atteint les siennes, au grand dam de l’Ump et de son cornac autoritaire. Dans la précipitation digne de galopins sachant qu’il font un coup pendable, ils ont enchainé les réformes libérales : paquet fiscal (merci pour le budget , le déficit et la dette), démantèlement des 35h et promotion des heures supplémentaires avec dégrèvement fiscal bien évidemment (toujours pour soigner les déficits) qui s’avèrent totalement pro-cycliques en tirant le chômage vers le haut avant même que la crise ne fasse sentir ses effets propres, destruction à la hache des services publics (Education nationale, système de santé, SNCF, Poste etc) qui eux, au contraire constituent de puissant barrages contra-cyclique pour soutenir l’économie et protéger les plus fragiles. Un rapport de l’OCDE est d’ailleurs venu à point nommé pour montrer que la France et les pays à très forte redistribution (scandinaves pour la plupart) étaient aussi ceux qui alliaient le mieux croissance et réduction des inégalités :

-synthèse du rapport OCDE sur la croissance et les inégalités 2008 : http://www.oecd.org/dataoecd/48/9/41530189.pdf

-Note concernant la situation française : http://www.oecd.org/dataoecd/45/24/41525323.pdf

-Graphique sur le rapport entre redistribution et taux de pauvreté : http://graphs.gapminder.org/communityproxy/ChartDataServl...=

Pour un pays archaïque et sclérosé, la France ne fait pas si mal, proche des pays nordiques, laissant à des années-lumière les USA. Bien plus, notre pays apparaît un des mieux armés pour résister à la crise, si tant est que les malades qui nous gouvernent ne persistent pas dans leur erreur funeste et idéologique.

http://pubs.lemonde.fr/RealMedia/ads/adstream_sx.ads/FRAN...

Tout le problème est là. Comment va réagir notre roi d’opérette-président ? Comment va évoluer la contestation sociale ?

L’ancien maire de Neuilly apparaît de plus en plus comme un personnage autoritaire et liberticide, ce que ses opposants les plus lucides avaient bien décelé depuis le départ. Par ailleurs et malgré sa plasticité et son pragmatisme apparent, c’est un véritable idéologue à la fois néolibéral et néoconservateur. Il faut certes tempérer ce constat par une ambition et un narcissisme maladifs qui poussent à l'opportunisme, mais aussi par un reliquat de colbertisme, rare trace d’héritage culturel français chez un individu qui en outre n’affiche qu’un bonapartisme de carton-pâte. Cela n’abuse que le courtisan Duhamel…

La population elle, voit bien désormais que des nuages d'orage encombrent l’horizon, mais il semble qu’une faible partie soit consciente que la crise actuelle est systémique et que par conséquent les revendications conjoncturelles sont sans finalité possible. Pourtant, il se pourrait bien que la compréhension d'une remise en cause inéluctable des structures soit l’aiguillage qui déterminera le chemin que va prendre la France dans les années qui viennent.

Si les gens s’en rendent compte rapidement alors l’espoir est possible, l’aspiration à un système plus équilibré et alternatif, autorisé, l’émergence d’une offre politique qui y amène des réponses, envisageable. En revanche, si la résignation prévaut, si les détenteurs du pouvoir vont comme c’est très probable au bout de leur délire alors le pessimisme est de rigueur et la démocratie en danger. Le système ne peut maintenant survivre que par perfusion d’autoritarisme et de reconstitution complète de la hiérarchisation sociale, aux dépens des classes moyennes.

Bien entendu, son évolution dépendra énormément des réactions à la crise dans le monde entier, aux Etats-Unis et en Chine notamment. Elle reposera aussi sur les interactions, les négociations et les tensions qui s'en suivront...

De l’amas de ces conjectures bien fragiles, il ressort cependant une certitude : les citoyens ont le pouvoir de construire la société qu’ils désirent, de renverser celle qui leur semble imposée.

L’Histoire est en marche…

 

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05.01.2009

White spirit

J'avais prévu de commencer l'année sur les chapeaux de roue avec un post politique bien senti et puis finalement les conditions météo m'obligent à lever le pied, pour mon plus grand plaisir.

Il a neigé aujourd'hui sur l'Ile de France. Elle flotte sur un océan blanc et les flocons ont gardé leur pouvoir sur moi. Toujours cet effet adoucissant sans adjuvants chimiques, toujours cet émerveillement, toujours cette envie irrépréssible de toucher et de partir en dérapages plus ou moins contrôlés. Je n'ai pu résister ce soir en rentrant à faire quelques pas complètement superflus, juste pour apprécier le froissement soyeux qui nait d'un soulier qui s'enfonce dans la poudreuse.

Pourtant c'était la reprise ce lundi et l'année 2009 promet son lot de soucis et de sans le sous. Pas de quoi pavoiser, sans même parler de ma situation personnelle bien fragile mais que je n'évoquerai pas ici. Mais à peine sorti de l'immeuble, voilà que dans l'anthracite d'une fin de nuit qui n'est pas du matin, m'apparaissent les fins duvets qui descendent du ciel. La route et les trottoirs sont déjà finement glacés au sucre...Loin de rester froid, je n'ai pu réprimer un léger sourire de contentement, en soupirant d'aise. De toutes façons, je n'ai jamais refusé un petit coup de blanc...

Et puis ce midi, en sortant de mon lieu de travail pour déjeuner, comment ne pas ressentir des frissons de plaisir à voir le Panthéon avec un bonnet frileusement vissé sur son dôme. Même les sapins dressés sur le parvis s'étaient poudrés les aiguilles et pouvaient regarder satisfaits la Tour Eiffel, au loin, plantée dans un horizon lumineusement laiteux.

La neige a cet effet miraculeux d'apaiser la vie, comme si elle étendait pudiquement son drap immaculé sur les souillures du monde, comme si elle démaquillait avec son coton délicat le rimel dégoulinant de nos existences de plus en plus putassières. Pour qui a déjà eu l'occasion de vivre ce grand moment zen qu'est une marche de nuit dans un endroit enneigé, où qu'il soit, au coeur d'une ville endormie et pétrifiée ou dans une forêt muette et emmaillotée de blanc, la vérité est que la neige est la messagère du silence. Les flocons sont ses mots...

 

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Pour ne pas rompre le charme, je vous chuchotte mes voeux pour la nouvelle année, en espérant, contre toute attente, que le "white spirit" de ce jour enneigé soit le signe que tout peut recommencer, que tout peut se laver...

 


07.12.2008

Charité bien ordonnée...

Cela ne vous aura pas échappé, ce week-end était celui du Téléthon, de la grande messe de la générosité, de la grande extorsion de fonds organisée. Comme d'habitude les français, attendris par l'exposition plein-feux des malades, galvanisés par les exploits de citoyens lambda mobilisés héroïquement pour l'occasion, culpabilisés à l'extrème par les vrp de cette belle cause humaniste, les français donc, ont donné beaucoup, comme d'habitude et malgré le contexte de la crise.

Loin de moi l'idée de vouer aux gémonies cette manifestation de pseudo-solidarité qui a bien entendu ses effets bénéfiques, notamment et c'est son objet, sur la recherche en génétique et ses applications dans les traitements curatifs aux maladies idoines. Il ne faut certes pas jeter le bébé avec l'eau du bain médiatique et communicationnel.

Pourtant, le Téléthon s'inscrit parfaitement d'une part dans la société du spectacle et de la communication, d'autre part dans le mouvement de privatisation des politiques dirigées vers le bien commun. Si je vous dit que cet évènement qui se veut le symbole de la solidarité, fait partie intégrante de la machine à casser l'effort collectif, il ne s'agit en fait que d'un faux paradoxe. Car bien au contraire, le marathon du don privé est ce qu'il est : une exaltation de la charité, un contributeur à l'effacement des investissements publics.

Bien sûr, on m'objectera que le Téléthon c'est aussi la réunion d'acteurs privés, donc la mise en place d'une certaine forme d'action collective. Certes mais groupement privé quand même. Or quoiqu'en dise, jamais les actes privés n'auront les mêmes objectifs d'ensemble, la même capacité d'un traitement concerté et réfléchi à une échelle globale et donc non discriminatrice, qu'une puissance publique garante du bien commun (et malheureusement ce n'est plus le cas aujourd'hui) peut mener.

Entendons nous bien ! Il ne s'agit pas de dire que l'individu ou le groupement d'individus non institutionel n'a pas sa place ni son utilité, notamment dans le réglement des problèmes sociaux. Mais quand il se substitue à l'action publique de façon majoritaire comme cela est en train d'advenir, alors la situation est extrèmement préoccupante.

Or le problème n'est jamais posé en tant que tel durant ces appels à la générosité de tous, mêmes les plus pauvres, car tout euro compte, selon un des mantras matraqués à tous les intervenants dans les cours de communication qu'ils reçoivent afin de bien vendre l'évènement. (combien sont rénumérés les profs en comm' ?) Vous avez quand même remarqué, tous ces leitmotivs qui reviennent à la fréquence hallucinante d'un tube pour ados sur une radio pour ados ?

A ce sujet, je suis tombé sur ce document émanant d'une structure asurant la coordination des ONG françaises de solidarité internationale. On y parle notamment de la collecte des dons. C'est sans ambiguités et édifiant, marquant la fusion de l'ONG et de l'entreprise :

http://www.coordinationsud.org/IMG/pdf/CR_PDJ6-2.pdf

 

Que nous disent donc les Nagui, Davant et artistes recrutés pour l'occasion ?

"Le moindre euro compte !"

"Il faut faire mieux que l'année dernière"

"la crise est là mais dépassez vous, pour ceux qui n'ont pas la chance d'être comme vous, valides"

"Donnez maintenant, c'est facile : 36 37. Faites le sans attendre !"

Etc...

 

Parmi ces injonctions louant la compétition, le dépassement de soi, la volonté d'agir par opposition à l'assistanat, il y en a un qui est à la fois le plus mesquin, le plus scandaleux et le plus représentatif : la déduction fiscale.

 

C'est l'argument clé, la pierre de voute qui permet de démontrer que la grand messe de la générosité sert aussi à détruire l'Etat et ses moyens d'actions, avec la bénédiction des gouvernants actuels bien entendu, droite et gauche confondues.

Donnez, et vous gagnerez, sur le dos des impôts confiscatoires !

 

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Encore un peu que l'Etat n'aura pas ! Aider les gentils enfants malades ok, tout le monde faut pas pousser !

Sans doute certains sont ils conscients que même en surexposant les malades, en surjouant l'émotion (dont celle des concernés et de leurs proches est bien légitime), le généreux français a besoin d'une petite carotte pour ouvrir son coeur, pardon, son porte-monnaie.

Or en incitant encore au dégrèvement fiscal, les dons vers les associations dont l'AMF (agence française contre les myopathies) privent d'autant les caisses de l'Etat qui je le rappelle était censées être vides il y a deux mois (on pourra tioujours comparer le montant des dons au Téléthon, 95 millions d'euros, aux sommes débloquées pour assurer la survie d'un système économique toxique en état de mort clinique, qui elles, sont de l'ordre  de la centaine de milliards).

Au moment où on se penche sur le cas des maladies génétiques, aussi respectables que les autres, mais pas davantage que les autres, le SIDA par exemple, qui lui n'a pas la chance d'avoir un exposition médiatique comme celle du Téléthon (la marque n'a pas été assez promue sans doute) ou toute atteinte à la santé des personnes, le système de santé français, l'un des meilleurs du monde sinon le meilleur il y a encore quelques années, pourrit dans l'indifférence quasi générale : les urgences sont saturées et ne peuvent prodiguer soins et attention convenables, le sous équipement devient patent, le manque de personnel alarmant, les fermetures d'établisssement toujours plus nombreuses, les remboursements diminuent, les franchises augmentent, seuls les médecins libéraux s'en sortent toujours aussi bien, merci le paiement à l'acte, le médecin référent et le déconventionnement, l'un des points noirs de notre système (Gloire à Douste).

Qui fera les frais de l'abandon de la sécurité sociale ? Les plus fragiles, les plus pauvres bien entendu. Les mêmes dont on essaie de soutirer le dernier sou, afin d'éviter à l'Etat de faire son boulot et accessoirement de récupérer de l'argent auprès de ceux qui en ont beaucoup. Qui viendra aider les plus exposés au démantèlement des protections sociales ? Personne. L'assistanant, c'est mal ! Ils n'auront qu'à faire l'effort d'être riches et comme ça il pourront se soigner ces feignants !

Derrière la BA annuelle qui donne bonne conscience et permet de se laver les mains de sa passivité habituelle face à la misère ou la douleur, derrière la fausse solidarité pour une cause noble, se dessine la casse de toute politique sociale, laquelle est bien engagée depuis 2002 et avec une accelération toute particulière depuis 2007.

Bien entendu, je ne donne pas pour le Téléthon. Je préfère largement voir mes impôts augmentés et le bouclier fiscal abandonné. Je préfère largement financer une recherche publique qui n'ira pas breveter le vivant à la mitraillette, comme le font les officines américaines entre autres.

Pour ceux qui voudraient avoir une approche un peu plus globale du phénomène de la philanthropie, notamment dans le domaine de la finance, très exposée en ce moment, je conseille ce petit ouvrage très interessant :

Financiers, philanthropes/ Nicolas Guilhot - Paris : Raisons d'agir, 2004. 173p.

 

 

29.11.2008

De l'art de faire le trottoir

J'ai toujours un peu la flemme de parler politique, tellement ce que je pourrais dire se révèlerait pesant et pessimiste. Alors en attendant que le courage me revienne, je vais plutôt partager un petit plaisir artistique en vous proposant un diaporama d'oeuvres de Julian Beever. Cet artiste britannique est surtout connu pour ses trompe-l'oeil, qu'il réalise sur les espaces piétons, au moyen d'une technique de projection : l'anamorphose. Cette technique est utilisée par exemple dans les stades pour que les publicités peintes sur les pelouses apparaissent lisibles depuis les gradins ou à la télévision, en laissant une impression de relief.

Vous allez voir, c'est bluffant.

Deux exemples pour vous appâter :

 

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Voilà le diaporama :



Le site de Julian Beever :

http://users.skynet.be/J.Beever/index.html

 

Alors ? Impressionnant non ?

 

 

 

16.11.2008

Un costard pour l'hiver

Cela ne vous aura pas échappé, l'actualité politique est en ce moment, dense comme une forêt équatoriale, enfin, ce qu'il en reste. Entre l'élection d'Obama qui laisse filtrer un maigre espoir, le congrès du Ps qui n'en laisse lui aucun et les suites politiques atrophiées de la crise économique, j'aurais pu en tartiner des pages et des pages. Mais finalement, pour m'éviter l'overdose, en même qu'à vous, je vais vous parler de musique et vous présenter The Uglysuit.

61pif0al99L._SS400_.jpgThe Uglysuit siginife "le costume affreux" en anglais, d'où le titre fort subtil de cette note. Pourtant, aucun risque que je les fagote mal pour passer la mauvaise saison car leur album éponyme, sujet de mon babil présent est un vrai petit trésor, du genre qui se pare du doré de l'Automne pour mieux transporter son parfum de primevère.

Il faut bien ça pour s'évader de l'actualité plombée, le demi arc en ciel Obama déjà effacé (pour le moment) du ciel politique, il faut bien ça pour contrebalancer la grisaille des matins métronomiques et métropolitains...Avec la musique de ces six petits gars, on peut afficher un large sourire intérieur et apprécier à sa juste valeur la beauté des franciliennes, si variée et fascinante, large compensation, avec Paris l'éternelle, à mon exil banlieusard, qu'il me faut retrouver tous les soirs.

Le groupe est originaire d'Oklahoma city, rare capitale d'Etat américain à porter le nom de son territoire (Kansas city n'est pas au Kansas mais au Missouri, du moins son centre ville et n'espérez surtout pas que j'avoue être hors-sujet) et à en être la cité la plus importante, d'autant plus célèbre qu'un sanglant attentat y a été commis par un extrémiste de droite en 1995. Cependant, à l'échelle américaine, c'est un trou, dans un Etat du middle west régulièrement assommé par les tornades au printemps, écrasé de chaleur en été et par les néoconservateurs en toute saison (le gouverneur de l'Etat est démocrate mais une large majorité vote républicain lors des élections nationales) (oui oui je vais parler musique). Cela dit c'est une région plaisante avec des variations paysagères fréquentes, des grandes prairies à l'Ouest aux accidents des Monts Ozark à l'Est et à la culture métissée grâce à la forte influence des indiens cherokee notamment (oui bon c'est fini le docu Arte, parfois je me rappelle que je suis géographe de formation...).

Bon, le groupe est originaire d'Oklahoma city donc.  Je ne sais pas si cela a un quelconque lien avec la virtuosité de leur musique, probablement pas pour tout dire. Mais peut-être que l'envie d'évasion qui bouillonne doucement dans les endroits isolés, les grands espaces à l'horizon toujours fuyant, sont à l'origine de la propension de The Uglysuit à vouloir se faire la malle dans leurs chansons, à prendre la clef des champs des pop-songs trop calibrées, à virer sec dans la petite ruelle qu'on avait pas vue, à ne pas se laisser emprisonner dans des schémas bien dessinés au départ. Certes ces jeunes messieurs font de la pop, mais de l'indie pop progressive, une musique qui est un peu comme un tourbillon de chaleur dans un lieu abandonné, une curiosité distrayante dans la touffeur de fonte d'un juillet caniculaire, un phénomène soudain et sans but précis, qui zig, qui zag et nous laisse les yeux grand ouverts, un peu interloqués.

 

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Il n'y a pas de filiation directe avec les rockeurs psychédéliques des seventies qui planaient sans rarement atterir ou qui se lançaient dans des acrobaties musicales tellement expérimentales qu'elles laissaient sur le carreau les passagers les moins aguerris. Il y a l'attrait du flower power et des cheveux longs, évidemment... Mais Crosby Bray et sa bande savent varier les plaisirs, les rythmes et les couleurs tout en restant hyper mélodiques. Attendez vous à des envolées instrumentales, des virées en haute altitude, sur les ailes confortables de guitares aériennes. Rien de prétentieux ou de trop intellectualisé, mais des titres mosaïques, changeants comme un temps irlandais (j'aurais pu dire variable comme femme aussi hein, mais bon on reste dans l'atmosphère et Mesdames et Mesdemoiselles, vous n'en avez pas la tête), toujours réjouissants ou au pire mélancoliquement gais.

On trouve dans The Uglysuit par The Uglysuit beaucoup de l'esprit du pop-rock américain : peu de subversion musicale, au sens où tout est clean dans les tonalités et doux dans les mélodies, mais une richesse énorme dans les compositions, notamment dans les structures et des arrangements placés comme des engrenages dans une montre suisse. La filiation, ou plutôt la fraternité avec des formations comme The Shins ou Midlake et en cela très visible, le côté irrésolu des chansons en plus, mais ce genre de comparaisons vaut sacré compliment, surtout qu'il s'agit du premier passage en studio du groupe.

Il n'y a que neuf morceaux sur l'album mais la plupart ont une durée assez conséquente (7mn pour deux d'entre eux). Vous aurez le temps de découvrir les superbes patchworks que nous offrent les musiciens de l'Oklahoma. Des dentelles de six cordes aux applats tricotés-saturés, des motifs de piano cousus au point droit ou en zig-zag, des inserts de claviers planants ou de choeurs brumeux, de quelques chutes de tissu électronique, il en sort un assemblage parfaitement juxtaposé. Vous aurez toujours du mal à y retrouver couplets et refrains, fondus dans ce maelstrom poppy, au milieu de rythmes et d'instruments innombrables. Le groupe enverra même valser à trois temps les repères de la chanson rock dans un des titres (Anthem of the artic bird) et dès l'ouverture (Brownblue's passing), vous allez en prendre plein les oreilles, voir tous les bleus du ciel, visiter la face cachée de la Lune, voir la Terre de l'espace, la tête dans l'envers de l'endroit. Pfuiii, je me remets, je l'écoute en même temps que j'écris...

Le seul titre un tant soit peu formaté et régulier, c'est le single Chicago, très teenage rock, mais diablement joli pour un ado attardé comme moi. Il est de toutes façons implacablement efficace. Par ailleurs, les paroles de la chanson nous maintienne dans l'onirisme. En voici un extrait :

"I tried to sleep in the rain, underneath an acorn tree, but the drops kept falling,

hitting me, as I slipped further unconsciously, into a world of windy dreams.

Into a world of many windy dreams.

And where did I begin to drift off to that I think that I can fly.

My mind, I took it to Chicago. "

 

Bon, c'est de la musique pour gens qui veulent rester cool et se laver de l'hémoglobine du combat ordinaire quotidien, vous l'aurez compris. Et le morceau numéro 7, Everyone now has a smile, pourrait être le second titre de l'opus car il n'usurpe pas le sens de ces mots, notamment quand démarre le mouvement, après 5mn de chanson, où les guitares sont prises d'éclats de rires compulsifs...

Le mieux, c'est que je la ferme et que vous écoutiez vous-même... (juste un mot de l'artwork du livret, superbe, coloré, onirique)

 

http://www.myspace.com/theuglysuit

(les trois premiers titres sur leur myspace sont issus de l'album)

 

 

                       




Everyone now have a smile

 

25.10.2008

Tant va la girouette au vent...

Vous avez remarqué ? Le vent a tourné. Brusquement...

Il y a encore quelques semaines, la plupart des éditorialistes de ce pays, la majorité de son personnel politique insistaient sur la nécessaire adaptation, depuis trop longtemps retardée, de notre pays à la mondialisation. Sous entendu, à la mondialisation néolibérale, la seule possible, puisqu'obéissant aux lois immuables de la nature.

Il y avait bien ces archaïques, dont votre serviteur, pour renâcler encore et encore, pour dénoncer l'idéologie toxique derrière un pragmatisme d'apparence, pour mettre en garde contre le mur qui se rapprochait toujours plus vite. Mais on les raillait, au nom de la modernité et du goût nécessaire et vital du risque capitaliste. On moquait leur conservatisme rétrograde (les acquis sociaux, pouah !), leur méfiance face aux mécanismes financiers complètement libérés depuis les années 80 (sous l'impulsion de certains socialistes en Europe : Camdessus, Delors... C'est néanmoins à Chirac et Balladur qu'on doit en 1986 les différentes lois de libéralisations, notamment celles touchant la finance).

Le modèle à suivre était anglo-saxon, la doxa inspirée du consensus de Washington, les deux figures tutélaires, Reagan et Thatcher. L'Etat providence avait vécu, il n'était qu'un gouffre à impôts lésant les classes moyennes et pénalisant l'innovation et la création d'entreprise par ses lois rigides sur le travail et les charges indues qu'il exigeait. On passait sous silence les 65 milliards d'euros de subventions en tout genre versées en 2005 et dont les contreparties se sont fait attendre en vain.http://www.ac.eu.org/spip.php?article1565

Les assistés ne sont pas tous logés à la même enseigne...

 

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L'économie mixte à la française, comme ses pendants rhénans ou scandinaves était vouée aux oubliettes. Le fameux modèle français, né au lendemain de la deuxième guerre mondiale du travail du CNR était cloué au pilori. Fini la recherche d'un équilibre entre capitalisme et solidarité, entre liberté individuelle et libertés publiques, fini le rôle protecteur de l'Etat, fini de soustraire certains secteurs stratégiques aussi bien économiquement que socialement à la rentabilité, fini le bien commun.

La gauche de gouvernement avait depuis bien longtemps cédé aux sirènes du néolibéralisme et privatisait à tour de bras, libéralisait à grande brassée, décrédibilisait l'impôt, pourtant clé de voûte de toute politique solidaire, assurait son soutien à l'Europe libérale. Cette dernière mettait en pratique avec diligence et la complicité des Etats, les dogmes économiques fondés sur l'entière liberté de circulation, y compris des capitaux (l'article III-56 du TCE , repris par Lisbonne, en interdit toute restriction).

Il y eut un coup de semonce des lucides en 2005. Il ne fut pas entendu...

Il y eut quelques Cassandre, des rebelles de la première heure comme Lordon ou Larrouturou dont j'ai déjà parlé sur ce blog, des ralliés plus tardifs, des repentis, comme Stiglitz ou Krugman et des anonymes comme moi-même, à mon petit niveau. Ils ne furent pas écoutés...

Puis vint l'été 2007 et le premier coup de tonnerre lié aux subprimes. Mais l'orage allait passer à côté nous disait on, avec néanmoins quelques tressaillements inquiets qui juraient avec la belle assurance du propos.

Enfin arriva Octobre 2008 et soudainement, face aux multiples attaques de foudre, le champ de girouettes a d'un seul mouvement d'ensemble viré de bord. On a lancé des anathèmes aux "talibans du marché" à Libération, on a fustigé l'idéologie néolibérale extrémiste aux Echos, journal peu suspect de gauchisme, on a célébré le retour de l'Etat aussi bien au Monde qu'au Figaro, pendant qu'au même moment les banquiers et autres traders, affolés comme un banc de mouettes dans la tempête, se prosternaient à ses genoux, réclamant une aumône de quelques centaines de milliards d'euros. Les caisses vides de la République les fournirent immédiatement. Il faut dire que rares sont les mendiants avec la force de persuasion des financiers : la bourse ou le chaos. La sécu et les services publics attendront...

 

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Bien sûr le champion toute catégorie du retournement de veste est celui que je ne nomme pas. Il est aujourd'hui le premier des socialistes, le premier des éthiques, le premier des sauveurs. Celui qui réclamait de toute urgence l'instauration des prêts hypothécaires en France, ce pays frileux dont les foyers ne sont pas assez endettés, s'en va aujourd'hui en guerre contre le capitalisme amoral, celui des subprimes, celui qui s'effondre sous nos yeux, celui qu'il a défendu sans ambiguité, celui de ses amis d'hier. Ses amis d'aujourd'hui et de demain...

Qui aujourd'hui peut apporter quelque crédit ( au moment où les banques les ont gelés) à la parole volatile de ces gens ? Tout ceci n'est bien sûr que du vent, celui qui fait tourner les girouettes, qui l'entretiennent, dans un mouvement perpétuel pour garantir un pouvoir perpétuel. Il est temps de faire tomber les girouettes de leur cîme...

 

04.10.2008

Ma mie, la gente damoiselle

En ce début Octobre, je m'en viens vous parler d'une bande-dessinée plus que sympathique : Mon amie la Poof, par Efix.

De prime abord, ce n'était pas gagné. C'est un polar, ce n'est pas mon genre favori. C'est en noir et blanc, je préfère en général la couleur. Ca parle d'une poof, je déteste la vulgarité.

Pourtant, j'ai énormément apprécié cette Bd, pétrie de qualité.

 

Couverture_bd_9782849491355_mon_amie_la_poof.jpgLa poof, c'est Liv. Liv Shmidt (tiens, c'est curieux, j'ai l'impression d'avoir connu une nana qui portait ce nom...). Elle est née en France, pendant l'occupation, des amours austro-américaines d'un déserteur de la Wehrmacht et d'une ancienne étudiante étrangère à Paris restée sur place. La Libération et son allégresse offriront une coupe boule à zéro gratuite pour elle tandis que lui sera prié de vérifier l'efficacité des noeuds coulants (test validé). Liv grandira donc sans son père et avec une mère durablement éprouvée, qui ne laissera plus repousser ses cheveux pour que personne n'oublie. Enfance troublée donc pour notre héroïne, qui en développera un caractère bien trempé et porté sur les excès. Un coeur a vif que cette Liv, qui cache sacrément bien son romantisme derrière ses penchants pour l'alcool, les produits prohibés et les plaisirs charnels.

Notre belle plante (forcément une poof, c'est pas dégueu physiquement la plupart du temps) a l'habitude de dire qu'elle est née à 22 ans, le jour où elle a quitté le Roubaix de ses tendres années pour le Paris agité de Mai 68. Elle y arrivera seule, sans projet et quasiment sans argent. Sa fortune, rarement bonne, se fera au gré de ses rencontres, rarement bien famées. Petit à petit la spirale de la marginalité et de la violence l'entrainera dans une existence sombre et tourbillonnante.

Presque trente ans plus tard, son meilleur ami, Yvan, noir, gay, star du porno (c'est tout) se souvient de leur vie pendant tout ce temps. Tout sauf un fleuve tranquille...

Mon amie la Poof, c'est d'abord un trait extrèmement attrayant, aux accents à la fois cartoon et réalistes, un mélange de dessin traditionnel en noir et blanc et d'infographie. Le tout donne une ambiance graphique très originale, très cinématographique, avec notamment de nombreux effets de flous, de superbes ciels nocturnes ou ennuagés générés par photoshop ou un de ses clones. La mise en cadre est très dynamique, les personnages très expressifs et les formes poofesques très voluptueuses. Efix a une patte artistique vraiment particulière et un vrai talent. Il nous gratifie parfois de belles planches en forme de clichés parisiens, avec de belles perspectives sur les monuments célèbres et les quartiers typiques de notre belle capitale lumière. En outre, la plupart des cases sont truffées de clin d'oeil et de détails humoristique qui décuplent le plaisir à la lecture de cette Bd.

Parler d'humour est une habile transition pour en venir au ton du livre. En effet, bien que s'agissant d'un polar avec tout son cortège de gangsters, de policiers, de violence (souvent crue et mortelle), de sexe (cru et rarement mortel) et de grisaille quotidienne fendue d'excès en tout genre, Mon amie la poof est aussi très drôle. Rien que la personnalité brute de décoffrage de Liv est une source d'amusement parfois agacé, souvent attendri. C'est qu'il nous fait tomber habilement sous son charme rudoyant de poof écorchée vive, le gars Efix. J'ai déjà parlé des multiples références et petites touches drôlatiques cachées au fil des pages par le dessinateur et elles ajoutent vraiment au plaisir de la découverte, d'autant qu'elles se cachent un peu partout (saurez vous trouvez les tontons flingueurs ?)

 


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© Petit à petit 2008 Efix

 

Le scenario est également très travaillé, s'attachant à dérouler une histoire aux multiples rebondissements mais où tout se tient, à planter des personnages diversifiés, rarement aussi noir ou blanc que le dessin les fait apparaître : Moorad, le malfrat impétueux, Yvan le rasta rigolard, Monique, l'avocate de poche féministe etc...Et bien entendu, Liv, poof bien moins superficielle que nombre de grandes dames...

Merci à Efix pour cette histoire mouvementée, souvent dure mais avant tout célébration de l'amitié et hommage appuyé aux femmes. Du coup les filles, la prochaine fois qu'on vous traite de poof, vous le prendrez bien ! ;o)


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© Petit à petit 2008 Efix

 

Mon amie la Poof existe en cinq tomes indépendants, de moyen format, agrémentés d'esquisses et de dessins préparatoires. Une intégrale très interessante par son prix et de dimensions plus grandes (18*25.5) est disponible depuis quelques mois en librairie. C'est cette dernière que je possède. La reliure sommaire (mais solide néanmoins) et la couverture souple patissent du faible coût de l'objet mais ce n'est pas grave, le plus important est à l'intérieur. Elle se conclue par différents hommages de collègues bédéistes à Efix et son oeuvre présente : c'est bien sympathique.

A noter, qu'Efix a également fait paraître Putain d'usine, Bd engagée dont le titre évoque bien le propos. Elle est dans ma bédéthèque en attente d'être lue. Peut-être vous en parlerais-je lors d'un post politico-culturel.

 

 

Mon amie la Poof /Efix-[Paris] : Petit à petit, 2008-496 p. - 20€

21.09.2008

Hémiplégisme

Le 6 mai 2007, les français ont élu à une confortable majorité celui qui est donc aujourd’hui notre président. Le candidat vainqueur est issu d’un courant de la droite assez jeune en France, qui assume pleinement à la fois son néolibéralisme et son néo-conservatisme. Quand je dis assumer, c’est évidemment dans l’entre-soi. Les français n’étant pas encore convertis au libéralisme économique, loin s’en faut, le discours politique diffusé par cette mouvance est des plus hypocrite. Mais plus encore, il joue sur l’omission.

Car en effet, l’ex maire de Neuilly a gagné la présidence sur le programme le plus à droite qu’un homme politique ait proposé depuis la fin de la deuxième guerre mondiale (j’aurais pu dire seconde mais voyez-vous…). En face, c’est un électorat rongé par les peurs et les doutes nés de la mondialisation, oppressé par la nouvelle donne économique qui précarise et appauvrit (qui déclasse pour le moins, quand il n’y a pas appauvrissement réel) qui l’a porté au pouvoir. Il y a encore une dizaine d’années, le réflexe de ces gens aurait été de se tourner vers la gauche, garante de la protection des plus faibles, préceptrice d’un modèle économique moins darwinien, plus équilibré, plus durable pourrions nous dire en ces temps où l’écologie essaie tant bien que mal de se frayer un passage dans la jungle des prédateurs politiques.

Pourtant le héraut de la droite décomplexée a gagné haut la main en proposant un programme économique, qui sous quelques paravents volontaristes et populistes, s’appuyant sur une dialectique de la rupture (contre-révolutionnaire maquillée), est clairement destiné a laisser les mains libres à la classe dominante d’étendre sa puissance, au détriment de quasiment toutes les autres catégories de population : celles qui ne sont pas méritantes, qui ne veulent pas assez s’en sortir, sont coincées dans des schémas de pensée archaïques. Pour résumer la majorité de la population a voté pour instituer un ordre qui privilégiera une infime minorité parmi elle et en marginalisera une grosse partie, laissant l’entre-deux dans une situation très difficile.

Comment ce tour machiavélique a t’il pu être joué aux citoyens ? Comment peut-on amener des gens a voter avec enthousiasme contre leurs intérêts économiques et en faveur d’une destruction de leur mode de vie ?

Une bonne partie de la réponse se trouve dans le livre de Thomas Frank, Pourquoi les pauvres votent à droite : comment les conservateurs ont gagné le cœur des Etats-Unis (et celui des autres pays riches) [1]

 

413JHCc6rAL._SS500_.jpgCe qui s’est passé aux USA, malgré quelques spécificités bien de chez eux a été , un peu comme à peu près tout le reste, exporté chez nous et à la lecture du livre on voit bien les analogies entre les techniques des ultra-conservateurs pour se fédérer les classes populaires et celles à l’œuvre chez le commandant en chef de l’Ump et de ses fidèles (ou pas) lieutenants.

Depuis une trentaine d’années, l’avènement de la nouvelle donne économique née du consensus de Washington, ce que l’on appelle aujourd’hui plus ou moins pertinemment le néolibéralisme a été de pair avec une révolution néo-conservatrice, les deux mouvement s’entretenant l’un-l’autre, dans une imbrication qui sent bon la convergence d’intérêts. Un phénomène assez logique dans la mesure où ce sont les mêmes qui ont lancé et l’une et l’autre. La seconde permet de faire oublier les effets économiques de la première sur les classes défavorisées et moyennes et la première alimente la grogne et le ressentiment qui va nourrir la seconde.

Thomas Frank décrit et analyse ainsi ce paradoxe assez gigantesque qui voit les américains assister « à une révolte qui ne profite qu’à ceux qu’elle est censé renverser. Les travailleurs en furie, forts de leur nombre, se soulèvent irrésistiblement contre l’arrogance des puissants. Ils brandissent leur poing au nez des fils du privilège. Ils se gaussent des affectations délicates des dandys démocrates. Ils se massent aux portes des beaux quartiers et, tandis que les millionnaires tremblent dans leurs demeures, ils crient leur terrible revendication : « laisser-nous réduire vos impôts ! » »

La dimension essentielle de cette révolution est culturelle et profite du dévoiement du parti démocrate, la « gauche » américaine qui comme son homologue française s’est peu à peu vautrée dans la notabilisation, s’est couchée face à la mondialisation néolibérale et s’est recroquevillée dans la défense des « discriminations », c’est à dire en évacuant la question économique de son domaine d’action. La gauche est donc vue aujourd’hui comme une formation qui ne se préoccupe que des questions de mœurs.

Les conservateurs républicains ont parfaitement deviné quel profit il pouvait tirer de ce retrait de la gauche et de sa distanciation progressive des questions sociales. Force est de constater qu’ils ont réussi et qu’ils se sont attaché une grande partie des classes populaires, lassées de constater le désintérêt de la gauche pour leurs conditions de vie, excédées de ne la voir bouger que pour ce qu’ils perçoivent comme des préoccupations de riches : la culture, la défense des minorités sexuelles et raciales. Pour l’américain moyen, l’honnête travailleur est laissé en pâture, son mode de vie traditionnel est menacé par les élites cosmopolites qui entraînent inéluctablement la décadence de la grande Amérique, pieuse et laborieuse, celle des vrais hommes, qui n’aiment pas le latte[2] et la culture française..

Bien entendu, les fondements culturels Etats-uniens sont quand même assez différents de ceux de la France, notamment dans le domaine religieux et la haine de la culture humaniste, donc largement ouverte sur le monde, n’est pas aussi développée chez le paysan des Alpes que chez celui de l’Arkansas. Pourtant, il est frappant de constater comment la droite américaine et son homologue française, par émulation pour cette dernière, ont parfaitement su se servir du profond fléchissement idéologique de la gauche, pour l’attaquer là ou sa défense est traditionnellement la moins efficace : la question culturelle, le problème des valeurs, la sécurité physique, en gros, le conservatisme politique.

C’est ainsi que pour éviter de parler des salaires, le mari de Carla Bruni a agité la valeur travail. Le travailler plus gagner plus n’était pas une solution économique aux problèmes financiers des gens, mais une approche culturelle. Si vous le voulez, si vous vous investissez alors vous gagnerez plus et vous serez plus estimable que ceux qui, glorifiant l’oisiveté, vivent de vos impôts avec les minima sociaux. Cette approche francisée s’inspire complètement de la théorie du workfare state, édictée pendant les années Reagan et se drape pour cacher son identité violemment conservatrice et réactionnaire sous les paravents de la défense de valeurs traditionnelles populaires, mises à mal par Mai 68 (les années 60 de tous les relâchements aux Etats-Unis).

Ce qui est contenu dans cette attitude politique c’est la polarisation de l’amertume des classes populaires non pas vers la minorité dominante mais vers ceux qui sont en dessous : les oisifs, les parasites, les assistés. Les responsables de votre situation, ce sont eux disent nos décomplexés de la droite, pas ceux qui créent de l’activité et de la richesse, qui ne récoltent que le fruit de leurs mérites. Car tous, vous pouvez accéder à ce statut si vous le voulez vraiment et si vous vous débarrassez des inactifs, des improductifs (dont les fonctionnaires) qui sucent vos impôts comme des sangsues gauchistes qu’ils sont. Bien entendu, pas un mot sur le système économique mise en place par les possédants, l’emploi précaire et sous-payé corollaire des systèmes de management mis en place, de la financiarisation qui d’une part pressure industriels et employés, d’autre part édifie une construction consumériste qui tient uniquement sur le crédit, avec l’instabilité que cela suppose, comme nous le montre la crise des subprimes qui menace aujourd’hui l’économie mondiale.

Bien plus, les conservateurs alliés aux fondamentalistes religieux, non contents d’évacuer les responsabilités du marché libre (qu’ils favorisent autant qu’ils le peuvent), sur les conditions de vie des classes populaires et sur le prétendu délitement moral de l’Amérique, s’ingénient à se décrire comme persécutés par une élite démocrate quasi aristocratique et contrôlant tous les rouages du pouvoir financier, industriel et culturel aux Etats-Unis. Personne ou presque ne leur fait remarquer que les Républicains ont occupé la Maison Blanche 28 ans sur 40 depuis 1969. Pas davantage pour remarquer que les pontes politiques ultra-conservateurs sont la plupart du temps riches à millions, fréquentent les mêmes lieux et ont quasiment les mêmes mœurs que leurs collègues du parti de l’âne.

C’est ainsi que les républicains se victimisent systématiquement, alimentant une théorie du complot démocrate et de l’anti-Amérique, alors mêmes qu’ils tirent la majorité des ficelles aujourd’hui. Mais ils ont pour le moment gagné la bataille des idées qui les range aux côtés des plus humbles. Ces derniers censés aspirer à plus de dignité appuient donc, avec souvent une force militante assez impressionnante ceux qui les en privent toujours davantage (il suffit parmi tant d’exemples de regarder la répartition revenus du capital/revenus salariaux qui a progressé de 10% vers les premiers depuis trente ans en Amérique comme ailleurs)

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Tous ces paradoxes sont décrits par Thomas Frank dans son livre. Sa vision acérée est dépourvue de tout sectarisme, ne stigmatisant pas plus que de raison le peuple des états rouges (républicains) dont il essaie de décortiquer la logique pour mieux en exposer à la fois souvent la sincérité mais aussi ses effets contre-productifs, produits des manipulations et du cynisme des grands leaders politique de droite, fondamentalistes par opportunisme.

Sa parole a d’autant plus de poids qu’il est allé se fondre dans ce milieu et s’entretenir avec ses différentes composantes, depuis l’ouvrier de l’usine Boeing de Wichita qui préfère fustiger l’arrêt « Roe vs Wade » de la cour suprême légalisant l’avortement plutôt que de s’en prendre à l’entreprise aéronautique qui s’est livrée à un odieux chantage à l’emploi, jusqu’aux différents candidats républicains aux élections du Kansas. C’est cet état, dont l’auteur est natif qui sert d’espace expérimental à ses propos. Lui-même ancien ultra-conservateur dans sa jeunesse des banlieues dorées de Kansas City, a fait un chemin que peu ont suivi dans le même sens à son époque, à savoir basculer à gauche (Il écrit dans le Diplo aujourd’hui). Il montre avec beaucoup de perspicacité, avec une ironie qui permet d’alléger quelque peu la démonstration, comment un état pionnier dans la défense des plus fragiles au moyen de l’action collective (le populisme de gauche au début de siècle dernier) a pu se vautrer dans un ultra-conservatisme néolibéral pro-bushiste.

Pourquoi les pauvres votent à droite est une excellente analyse du basculement politique des classes populaires. La préface de Serge Halimi se charge de faire le parallèle avec la dernière élection présidentielle en France. L’explication de la victoire des conservateurs est très pertinente mais elle contient dans son argumentation les raisons de la défaite de la gauche : la démission.

Quel avenir a-t’elle aujourd’hui alors qu’une fois de plus mais dans des proportions inédites, la crise financière actuelle vérifie le principe néolibéral de socialisation des pertes, que la précarité est censée être la vie, selon les dires d’une dirigeante syndicaliste patronale, qu’une majorité de la population des pays développés est menacée de déclassement pendant qu’une infime minorité dirigeante l’exploite et l’instrumentalise ? Comment peut-elle rester siliencieuse alors que des sommes astronomiques vont être levées pour corriger l’impéritie d’une caste financière avide et amorale, alors que le centième de cet argent pourrait éradiquer la faim dans le monde, garantir la pérennité des services publics et des systèmes de protection sociale ? Comment ne peut-elle pas sonner la charge alors que le système néolibéral vient une fois de trop de démontrer que ses failles sont bien trop grandes pour être acceptables ?

Peut-être parce qu’elle n’est tout simplement plus de gauche…



[1] Pourquoi les pauvres votent à droite : comment les conservateurs ont gagné le cœur des Etats-Unis (et ceux des autres pays riches) / Thomas Frank- Marseille : Agone, 2008 ; 362 p.

[2] Café au lait italien raffiné et bien loin de l’immonde jus de chaussette américain, quoique je ne boive de toutes façons jamais de café :oB

31.08.2008

La Provence, c'est pas moche !

Après la Bretagne, je me suis retrouvé en Provence, quasiment sans transition si ce n'est une après-midi à Valence, charmante cité drômoise, déjà très caliente et presque provençale (et qui comme Aix est aussi jolie architecturalement que riche en population un peu surfaite et tape à l'oeil. Branleurs et pétasses oui, c'est ça :oB...)

Un gîte sis près de Vaison-la Romaine a acueilli mes amis et moi-même et bien que très différente par l'atmosphère et le paysage de la Bretagne, la région n'en est pas moins dépourvue de charme. J'espère que les photos suivantes le traduisent bien (vous pouvez les voir en grand en cliquant dessus)

 

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Le fil rouge de ces vacances : le mont Ventoux. Vu ici au coucher du soleil depuis la location.


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Vieilles pierres et cyprès à Nyons.


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La tour Randonne, toujours à Nyons.


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Le pont roman de Nyons.


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Sur les pentes du Ventoux : vue sur la plaine du Vaucluse.


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Paysage alpestre sur le versant Nord du ventoux.


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Au sommet, sur la tête nue du grand chauve.

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On a marché sur la Lune (ou presque)


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Le ventoux sous les orages.


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Alors, c'est quoi la montagne au fond ? :oB


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Le Crestet, petit village perché.


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Oui, c'est bien lui...


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Dans une des ruelles, entrelacs de pierres et de plantes.


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Une plongée sur la fontaine.


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Lauriers roses, lauriers blancs.


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Vaison la romaine, version...romaine (vous allez comprendre)


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Vaison la romaine, version médiévale (vous avez compris)



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L'Ouvèze, qui était dramatiquement sortie de son lit en 1993. le niveau était monté jusqu'à la fenêtre à gauche, environ, soit une dizaine de mètres. Impressionnant...


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Un beffroi dans la ville médiévale.


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Le même, vu de l'arrière.


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L'église de la ville haute, aussi appelée cathédrale nouvelle, par opposition à celle de la ville basse, antérieure.


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Une pincée de tuiles.


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Vous mé léconnaissez ?


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Un joli portail pour finir.



Voilà pour ce petit aperçu de la Provence du Ventoux, superbe région également. Elle m'est moins proche que la Bretagne, dont la beauté sauvage me correspond davantage mais elle offre bien des charmes.

Certes, je ne suis pas un grand fan du provençal, un peu extraverti et bruyant pour moi. Le vin des côtes du Rhône (Nous étions en plein dans le terroir) ne m'a pas non plus vraiment convaincu, trop caractériel et musclé, manquant tout de même de finesse, trop ensoleillé en somme. Certains côtes du Ventoux rosés s'en sont eux, sortis avec les honneurs.

Cependant, il st difficile de ne pas être séduit par la beauté rustique des villages perchés, recroquevillés sur leurs ruelles tortueuses, la majesté du géant de Provence, le Ventoux, le soleil infatigable et les douceurs provençales (je vous conseille le Comptoir de Mathilde au Crestet, petit magasins de spécialités gastronomiques artisanales, faites maison pour la plupart. Les produits y sont de grande qualité, on peut les goûter sur place et les tarifs n'y sont pas démesurés).

Bien, je crois que les vacances sont terminées maintenant. Vivement l'année prochaine en espérant que j'en aie...










23.08.2008

Le Bretagne, c'est beau !


Voilà, les vacances sont terminées et avant une rentrée sans doute assez chargée sur le plan politique, je partage avec vous quelques souvenirs agréables, de petits morceaux de temps et de beauté volés dans la région de Plomodierm dans la baie de Douarnenez (Finistère)

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Landes sur la pointe du Lestrevet


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La mer d'Iroise derrière les rochers


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La plage de Pors ar vag


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La mer à la campagne, ou inversement...


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Le théâtre de Quimper et l'Odet


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La plage de Pentrez au couchant


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Médaille d'or


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Un coucher de soleil, forcément...


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La pointe de Tal ar Grip


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La maison sur la pointe de Tal ar grip


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Ah ouais, c'est haut quand même !


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La pointe de Lestrevet et le mont Menez Hom, haut lieu de la culture celtique, vus de la pointe de Tal ar grip


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La Bretagne, c'est beau même quand il fait pas beau


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Médaille d'argent


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Le Menez Hom vu de Locronan


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Petite chapelle à Locronan


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Locronan et ses maisons traditionnelles


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Au sommet du Menez Hom


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La Bretagne, c'est du brut, c'est du sauvage...(il y avait un vent à décorner un casque gaulois ce jour là)


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Tableau balnéaire : petits baigneurs et grandes surfeuses


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La vue depuis la location : y a pire non ?


Bon, voilà un petit aperçu de ma respiration Bretagne pour cette année. J'ai fait le plein de lumière douce, de paysages étirés par le vent, d'horizons maritimes lointains, tout juste rattrapés par les rêveries de leurs contemplateurs. En plus l'eau était même pas si fraîche que ça alors hein, que demande le peuple abruti qui vote ex maire de Neuilly, je vous le demande ?

A suivre, la Provence. C'est différent mais ça vaut clairement le détour...











19.07.2008

Hello goodbye !

Il y a dix ans, à une semaine près, la France se réveillait championne du Monde de football, tout allait bien, nous allions travailler moins, le gouvernement Jospin était encore à peu près de gauche et l'esprit du sport l'emportait sur le fric (superficiellement), la fraternité sur la mesquinerie quotidienne. Un rêve black-blanc-beur de bien courte durée mais un bien beau moment de plaisir car tout cérébral que je suis, je suis un amateur invétéré de sport et un supporter de tout ce qui porte une tunique bleue et qui le mérite (à destination de ceux qui pensent qu'on est champion du monde parce qu'on porte un maillot étoilé, même si ils étaient à peine capable de shooter dans un ballon en 1998). Mais finalement, ce n'est pas si antinomique que ça. Le sport, malgré ses dérives actuelles est un peu un condensé de ce qui fait l'humanité : un profond instinct animal de domination physique transcendé par la capacité d'abstraction. Hé oui, courir après la baballe, c'est une transcendance, c'est profondément intellectuel, tout en étant profondément animal. C'est humain donc...

C'est avec pas mal de nostalgie que je dis goodbye à cette page de ma jeunesse et du sport français et que j'en viens à mon propos du jour. Goodbye et Hello donc. Hello Saferide pour être précis, Säkert dans son pays natal pour être complet, de son vrai nom Annika Norlin pour être exhaustif, suédoise de son état, pas mal de sa personne et pop-folkeuse qui mérite un coup d'oreille.

Comment ais-je rencontré cette jeune trentenaire me demanderez vous, interloqués par ma propension à vous sortir de mon chapeau, d'illustres inconnus en nos contrées verdoyantes ?

Je répondrais en louant le grand capital qui a eu la bonne idée de marier la mélopée d'un beau chassis pour promouvoir une belle cylindrée. Pour ceux que mon vocabulaire digne d'un docte représentant de l'automobile club de France se révèlerait un peu sybillin, voire un tantinet abscons, je vais préciser ma pensée.

Il se trouve qu'une de ses chansons a été choisie comme fond sonore pour la dernière pub Volvo vantant les mérites de la C30. Musique suédoise pour technologie suédoise donc. Séduit par l'air entrainant, je suis allé illico sur Musique de pub pour avoir le nom de l'artiste ou du groupe à l'origine du morceau et hop, les présentations étaient faites.

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Hello saferide, dont le pseudo a paraît-il été inspiré par la rencontre avec un routier passablement éméché, donne dans le pop-folk frais et léger, parfaitement adapté aux temps estivaux. Elle s'inscrit dans la tradition suédoise d'artistes pop qui pratiquent certes une musique pas très révolutionnaire mais talentueuse par ailleurs, souvent très bien produite et arrangée. On pourrait citer bien évidemment Gran Turismo mais ce groupe lorgne davantage du côté du pop-rock que du pop-folk. La comparaison avec Loney, dear est plus pertinente même si ce dernier sort un peu plus des sentiers battus.

Son premier album, Introducing, où n'apparaît pas la chanson de la pub pré-citée, I was definitely made for these times, il faut le noter, égrenne 12 petites perles à l'accent musical furieusement américain, que l'on pourrait retrouver dans une série pour ados (attardés ou pas), ce qui n'est pas péjoratif tant qu'on ne caricature pas le style. Comme je l'ai déjà dit, on ne lui donnera pas le premier prix d'originalité mais les chansons sont gaies, la voix d'Annika, fragile mais bien posée dans sa douceur, les guitares bien présentes. Leur timbre est bien plus cristallin qu'énervé mais ça ne surprendra personne dans ce type de musique. La production respecte le ton de légèreté qui se dégage d'Introducing. Elle évite donc la débauche d'arrangements baroques, mais sait être variée en ajoutant au parfum général "soleil couchant sur la plage" quelques arômes de trompettes pour les morceaux enlevés (If I don't write this song, someone I love will die par exemple) et un saupoudrage sucré de cordes ou de claviers discrets sur les titres plus lents.

 

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 La suédoise fait de la bonne musique mais a un physique ingrat en général :oB

 

 


Le clip n'a rien à voir avec Hello Saferide mais c'est le seul lien que j'ai trouvé pour cette chanson, qui est donc celle de la pub.

 

 

 

 

If I don't write this song, someone I love will die

 

Introducing est un album de pop-folk très agréable, idéal pour un trajet vers les vacances. Rien d'extraordinaire mais des chansons attachantes, à la fois entrainantes, douces et acidulées, un peu comme celles de Thao N'Guyen dont j'avais parlé il y a quelques temps.

 

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Photo : Robert Henriksson

 

 

 

http://www.myspace.com/saferide