02.05.2008

Des blogs très glop

Vous l'aurez peut-être deviné si vous avez déjà lu certains de mes posts, mais je suis un résistant déclaré à la société bien pourrie qu'on veut nous imposer sous les prétextes les plus divers d'inéluctabilité, de modernité et de chouchoutage de la finance (ah non ça, c'est pas un motif officiel et puis je suis mauvaise langue de sous-entendre que ça pourrait être une cause officieuse)

Comme on reproche toujours aux alters de critiquer mais de ne jamais rien proposer, de critiquer mais de ne rien connaître en économie, la mère et la fille de toutes les sciences, bénie soit son nom et tous ses prophètes, je vais vous proposer un blog d'un économiste et philosophe dont je vous ai déjà parlé un peu ici : Frédéric Lordon.

www.blog.mondediplo.net/la-pompe-a-phynance 


Il vient de démarrer ce site par ses propositions de régulation des marchés financiers. Il était d'ailleurs une des personnes à l'origine de la pétition stop-finances. Lordon est une pointure en économie et qui plus est un hétérodoxe qui ne confond pas un bouquin de Friedmann avec un roman photo porno comme peuvent le faire certains de ses collègues érotomanes et fétichistes du néolibéralisme.

Sa première note est assez technique et pour tout dire très ardue à déchiffrer pour un néophyte en éco, mais avec quelques efforts on comprend là où il veut en venir. Le plus important est de savoir que de réelles alternatives existent pour peu que les politiques fassent l'effort d'en prendre connaissance et le cas échéant aient la volonté de les mettre en oeuvre. Il faut en finir avec la pensée unique, le fatalisme néolib et le matraquage des "on ne peut pas faire autrement" ou des "s'il y avait d'autres solutions ça se saurait". Hé bien sachez le, il y en a !

Un blog à suivre en tout cas, le personnage étant vraiment intéressant, son style plaisant et ses analyses acérées. Il préfigure lui aussi le visage que pourrait avoir une gauche réellement moderne, force de proposition sans renier ses valeurs.

 

L'autre adresse que je vous recommande et qui n'a rien à voir là avec la politique, du moins directement, c'est le blog du Djib, que je ne peux pas faire autrement que de signaler sous peine de représailles massives de la fratrie. Mais comme il est presque aussi intelligent, fin et spirituel que moi, ce n'est pas un lien au rabais. Sa première note pourrait plutôt le faire qualifier de lien au Rabelais, même si elle ne porte absolument pas sur ce personnage truculent, mais sur François Villon, presqu'homonyme du droopy néolibéral de Matignon, mais qui n'a rien en commun avec ce triste sire. Cet écrivain bandit libertin de la fin du XVème siècle est considéré comme le premier poète maudit. Si vous voulez en savoir plus sur lui et sur le livre que lui consacre Jean Teulé, allez ici : 

www.graal.hautetfort.com 

  

24.04.2008

Y a encore rien à la télé !

Bon ce soir, je vous préviens y a rien d'intéressant à la télé. Matez vous un bon dvd, allez au ciné, profitez des premières soirées de printemps en respirant le suave parfum des lilas au crépuscule, chattez avec vos amis et vos amours, voire plus si affinités, faites la vaisselle, faites vos comptes, faites un match de PES sur la Playstation, lisez un bon bouquin, jouez avec vos enfants ou votre chat, faites ce que vous voulez mais...

 

Ne regardez pas l'individu peu recommandable qui va encore essayer de vous gruger ! De toutes façons vous savez ce qu'il va dire... La pire claque à lui donner et il en mérite l'ignoble bougre c'est de ne pas lui accorder notre attention. Boycottons mes frères et mes soeurs ! 

 

19.04.2008

France 2 met la propagande sur les rails

Aujourd'hui dans l'actualité, l'évènement le plus important, celui qui fait la une, ce n'était pas la crise alimentaire dans les pays pauvres et bientôt dans les nôtres, la crise tout court, la mort d'Aimé Césaire ou la siituation en Irak, non c'était cette catastrophe dramatique et scandaleuse à la fois : un Eurostar a mis 12h pour faire Londres-Paris. Le bilan est lourd, au moins une cinquantaine de râleurs sur 650 passagers qui ont tous failli perdre la vie dans ce remake du 11 Septembre.

Le coupable est évident, la SNCF, cet ogre dispendieux des impôts des braves citoyens français et qui comme d'habitude ne sait pas faire avancer ses trains. Coupable aussi de ne pas communiquer minute par minute de l'avancée de la situation à des passagers-rois qui tenez vous bien, étaient privés de climatisation, en plein mois d'Avril (qui plus est un des plus frais de ces dernières années), on croit rêver !

Bien entendu il y aura toujours quelques originaux gauchistes pour faire remarquer que faire l'ouverture des journaux sur ce pauvre fait divers anecdotique est un peu déplacé vu la situation du monde actuellement. Il y aura même quelques terroristes de la pensée fasciste pour tenter de faire un rapprochement suspicieux entre cet incident et la proximité  de la remise du rapport de la cour des comptes sur les dysfonctionnement suite à la séparation de RFF (à lui les déficits et l'entretien du réseau sans les moyens) et de la SNCF (futur trésor de guerre des actionnaires quand la société sera privatisée et soigneusement débarassée des secteurs non rentables et des oripeaux archaïques du service public).

Les journalistes n'ont bien sûr pas jugé utile de dire qu'Eurostar est une filiale de droit privé de la SNCF (mais pas seulement), la propagande néolibérale en vue de la privatisation de la SNCF ne saurait s'abaisser à établir un tableau complet et neutre de la situation (à savoir que c'est une société privée qui est responsable de ce problème). Non au contraire, ils ont réalisé un petit historique des ratés de notre bonne vieille société des chemins de fer français, qui à elle seule a causé plus de préjudice moral et de morts atroces que toutes les interventions légitimes des USA, portées par le bon sens du libéralisme économique.

Inutile de dire que l'envie d'occire ces pseudo-journalistes serviles et partiaux m'a sérieusement démangé. Mon caractère placide et pacifique est soumis à rude épreuve quand il se trouve face à face avec cette information orientée digne de la Pravda de la grande époque Brejnevienne ou du Fox New des bushistes. Entendons nous bien ! Ce n'est pas la liberté de la presse, innattaquable, qui est en cause, c'est ce maquillage du parti pris grossier sous les traits d'une neutralité bienveillante comme sur France 2 par exemple (mais quasiment tous les journaux papiers et télévisés ont fait de même aujourd'hui, c'est dire si la pensée unique est en territoire conquis aujourd'hui). Au moins quand on lit Le Figaro, on sait la préférence politique qui tient lieu de ligne éditoriale. Ce n'est pas le cas à la télévision ou dans la presse régionale, qui concerne pourtant le gros de la population qu'on intoxique insidieusement.

Proprement révoltant !

Pour une gauche plus adroite

Le Ps est aujourd'hui un canard sans tête. Il court dans tous les sens (souvent vers la droite), se cogne contre les murs (2002.2005.2007) et va finir par pourrir dans un coin s'il continue dans la voie qui est la sienne.

Pourtant, il y a encore quelques traces de gauche dans ce parti. Je me propose de vous citer deux noms, deux membres du Ps qui proposent des réflexions et des mesures qui allient à la fois la modernité et l'esprit de solidarité.

Jacques Généreux tout d'abord...

Jacques Généreux est un économiste de 52 ans qui enseigne à l'IEP de Paris dont il est par ailleurs diplomé. Il est membre du Ps au sein du courant Nouveau Monde et fait donc partie de l'aile gauche du parti. A ce titre il était opposé au TCE. 

Il n'est pas très difficile de deviner après cette courte présentation qu'il s'agit d'un économiste que nous qualifierons d'hétérodoxe ou alternatif si vous préférez. sa vision de l'éconmie est donc plus axée autour de l'homme que le contraire comme cela prévaut chez les orthodoxes qui s'abritent maintenant derrière des paravents scientifiques (forcément bancals malgré des affinements, puisque l'homme est une variable difficilement modélisable. Pourtant il est un acteur majeur dans tous les processus économiques) pour légitimer la prépondérance de leur idéologie sur la société.

Dernièrement, le Djib m'a fait suivre un document de Jacques Génereux provenant de son blog, vers lequel je vais moi-même vous orienter maintenant :

www.jacquesgenereux.fr 

Ce document est un article ayant pour sujet les relations entre individu et socialisme. C'est certes une réflexion très théorique mais elle porte sur un thème crucial, à savoir l'individualisation de la société et la possibilité du socialisme de mettre en avant un autre paradigme définissant une organisation sociétale.

Le Ps s'est ralliée déjà depuis un certain temps au néolibéralisme et a accepté l'individuation de la société comme perspective évolutive incontournable (la rupture officielle se situe en 1983 même si dans les discours les socialistes ne l'ont jamais véritablement admise, créant ainsi ce décalage entre campagnes électorales et politiques réelles appliquées qui les a jetés dans le gouffre actuel). En ceci ils ont donc partagé les fondements idéologiques de la droite libérale. Comment s'étonner alors qu'ils s'interdisent de mener des politiques de gauche et qu'ils oeuvrent pour que la conception néolibérale de la société soit acceptée par tous.

Jacques Généreux revient sur les rapports entre socialisme et individu, sur les effets délétères du ralliement d'une bonne partie de la gauche au néolibéralisme, sur les dangers réels que cela fait courir à la société voire à la démocratie et propose ce qu'il voit comme préalable idéologique au retour du socialisme à gauche, que je pourrais résumer par la recherche d'un équilibre entre liberté individuelle et libertés collectives.

Sa réflexion formalise en tout cas ce que je pense depuis un moment. Vous pouvez lire ce document sur son blog. Il en fait une présentation résumé et il propose un lien vers un fichier word qui contient le texte intégral de la note. C'est un peu ardu pour les néophytes mais c'est une lecture qui fait du bien quand on désespère de voir un sursaut à gauche. 

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L'autre personne recommandable du moment, c'est Pierre Larrouturou.

C'est un ancien ingénieur agronome de 45 ans, membre, lui aussi, du Ps. Il est connu pour ses positions originales sur la réduction du temps de travail. Rien qu'à ce titre, il m'est déjà très sympathique.

Larrouturou défend la semaine de quatre jours pour la majorité des salariés mais dans une optique différente des 35h imposées par la loi et selon lui "un piège à flexibilité". On ne peut pas dire qu'il ait eu tort en disant cela. sa vision de la réduction de travail est modulable selon les corps de métiers :

-semaine de quatre jours pour la plupart des salariés

-travail quatre mois suivi d'un mois de congés pour les chercheurs ou dans l'informatique par exemple

-une semaine de 5 jours puis une semaine de trois jours pour les transporteurs routiers

Beaucoup d'autres modèles sont possibles. A l'époque la RTT était une notion relativement en vogue et pas seulement spécifique à notre pays de parasites et de feinéants, puisque de nombreuses entreprises en Allemagne expérimentaient ou avaient adoptées les 32h. Mais le néolibéralisme a vite remis de l'ordre dans tout ça. Chacun sait que des gens qui travaillent moins ont plus de temps pour réfléchir...

Il a récemment lancé un appel pour une nouvelle gauche dont vous pourrez lire les termes sur le site : www.nouvellegauche.fr. IL s'agit essentiellement d'un mouvement destiné à réveiller le Ps et lui faire retrouver la mémoire. En effet, mesdames et messieurs, à l'origine, le Ps est un parti de gauche. Je sais c'est difficile à croire mais c'est vrai, des datations au carbone 14 ont prouvés que des textes de lois à vocation sociale avait été rédigés à l'initiative de ce parti.

J'ai signé la pétition qu'il propose et je reçois régulièrement une lettre d'information qui relate de l'actualité du mouvement. Je vais vous restituer la dernière qui est éclairante sur la situation du parti et la logique de droite qui le guide désormais.

  

Lettre ouverte à tous ceux et celles qui veulent que le PS se mette au travail… Bonjour à tous, bonjour Archéo-conservateur (il m'appelle par mon prénom en fait, c'est mon pote Pierrot ! :oB),

 

Je reviens vers vous pour vous donner des nouvelles de notre pétition. Rappel des épisodes précédents : 1 > nous devions déposer notre pétition le 25 mars. François Hollande nous a interdit de monter à la tribune du Conseil National mais a promis que nous pourrions la déposer au Bureau National du 1er avril et que, avant ce B.N., il recevrait quelques uns des premiers signataires pour que nous puissions parler avec lui de notre demande. 2 > le 1er avril, trois heures avant le Bureau National, nous arrivons enfin à joindre le Directeur de Cabinet de F. Hollande. Stéphane Le Foll commence par dire que nous sommes des inconscients et qu’il est impossible d’organiser une Convention sociale et une Convention européenne d’ici l’été. Au bout de 10 minutes d’un dialogue musclé, il conclut qu’on pourrait peut-être organiser une grande Convention (celle sur les questions sociales). Il est acté avec Stéphane Le Foll que notre pétition sera donnée le soir même à tous les membres du Bureau National et que Claudy Lebreton et Patrick Bloche (qui sont signataires et membres du BN) auront un moment pour en parler. La décision sera mise "en délibéré" jusqu’au BN du 8 avril, date à laquelle j’aurai un moment à mon tour pour argumenter devant les membres du BN. Il est acquis que nous pourrons rencontrer François Hollande avant le 8, pour parler avec lui du fond de notre demande. "On fixe le rendez-vous demain. Tu  nous appelles demain et on fixe le rendez-vous !" me dit Le Foll en concluant l’entretien. 

 

3 > Le 2 avril, nous apprenons que le texte de la pétition n’a pas été donné aux membres du BN.    

 

 4 > Malgré de nombreux appels, nous n’arrivons à joindre ni F. Hollande ni S. Le Foll entre le 1er et le 8 avril. Il faudra un jour reparler du cumul des mandats : Le Foll est payé pour garder la maison quand le patron n’est pas là. Mais, en plus d’être Directeur de cabinet à Paris, il est élu municipal au Mans et Député européen à Bruxelles et Strasbourg… Cela ne facilite pas les contacts et laisse peu de temps pour la réflexion !

 

A la demande de son assistante, nous envoyons par mail les 6.123 premières signatures de militants PS (les seules qui semblent intéresser la direction…) et obtenons un mail « Bien reçu » mais aucune proposition de rencontre. 5 > Le mardi 8 en fin d’après midi, pensant que Claudy LeBreton, Patrick Bloche et moi pourrons déposer et défendre notre pétition, je me rends à Solférino sans avoir pu joindre ni Le Foll ni Hollande. "Il a eu ton message et il a ton numéro de portable" me répondent imperturbablement leurs assistantes quand j’essaye à 6 reprises dans la journée du 8 de leur parler. N’était-il pas "promis" depuis le 25 mars que nous pouvions nous parler et que nous pouvions déposer notre pétition ? 6 > J’arrive à Solférino et demande à voir le Foll avant que le Bureau National ne commence (François Hollande est à l’Assemblée). Il ne répond pas à ma demande. Quand je fais mine de m’engager dans le couloir qui mène au BN, un homme de la sécurité me demande de revenir à l’accueil sur un ton peu amène. J’arrive à coincer Le Foll, qui m’explique en termes peu châtiés que nous lui cassons les pieds (par écrit, mieux vaut ne pas répéter les termes exacts). "Vous voulez foutre en l’air le calendrier décidé par le Conseil National" dit-il. Je lui explique qu’il ne s’agit pas de foutre en l’air quoi que ce soit mais seulement d’utiliser au mieux les 2 mois qui restent avant les grandes vacances : si nous nous mettions sereinement au travail pendant ces 2 mois, nous pourrions avoir un Congrès bien moins violent et bien plus intéressant… De deux choses l’une : soit ce travail aboutira à un consensus (ce sera alors notre nouveau projet social), soit il n’y aura pas de consensus et c’est le Congrès qui tranchera entre plusieurs stratégies possibles. Mais, si nous commençons par ce travail de fond, le Congrès sera moins violent et sera l’occasion de construire un projet très concret. J’ai le malheur de rappeler à Le Foll qu’en 2003, déjà, ils nous avaient traité de "casse-couilles" quand, avec quelques amis, on leur avait dit qu’il y aurait un référendum et que le Non allait gagner si on ne faisait pas le maximum pour obtenir un Traité social (à l’époque, toute l’équipe de Soférino était convaincue qu’il n’y aurait pas de référendum et que c’est l’UMP qui allait éclater au moment de la ratification parlementaire du Traité…). Ce rappel a le don d’énerver Stéphane : "Bien sur. Bien sur. Et c’est grâce à vous aussi qu’on a gagné les municipales !" me dit-il, assez énervé. Visiblement, à force de le répéter, Solférino commence à croire vraiment que c’est François Hollande qui a gagné les municipales. Il faudra un jour qu’on leur parle du travail réalisé par les élus et les militants de terrain, et de l’effet repoussoir qu’a eu Sarkozy. Mais, mardi, je n’ai pas voulu m’avancer sur ce terrain…      

 

7 > Comme l’homme de la sécurité a appelé un de ses copains, plus balèze, et que le scandale n’est pas une façon de convaincre, je n’ai pas tenté d’aller au Bureau National. Quand j’ai quitté Solférino, Le Foll m’a dit qu’il allait donner notre texte à tous les membres du BN (ce qu’il n’a pas fait). Je suis sorti de Solférino absolument furieux. C’est quand même ahurissant dans un parti qui se veut démocratique, qu’on ne puisse même pas déposer une pétition signée par plusieurs milliers de citoyens et bon nombre de parlementaires. Voir un parti aussi verrouillé m’a vraiment mis hors de moi. Sur le fond, ce refus du débat me semble dramatique. Sarkozy et Fillon ont relancé leurs réformes. Santé, code du travail, retraites, éducation… Sur tous ces sujets, nous allons évidemment nous opposer aux réformes engagées par la droite, mais nous serions 1000 fois plus convaincants si nous pouvions dessiner une alternative ! Pourquoi ne pas le faire ? Un des élus qui soutient notre initiative a récemment croisé François Hollande et lui a demandé pourquoi il refusait de nous écouter, pourquoi il ne voulait pas que le PS se mette au travail d’ici l’été. « Il ne faut pas nous dévoiler trop tôt, lui a répondu François Hollande. Il faut laisser la droite avancer ses réformes et ne pas nous dévoiler trop tôt ! » L’élu n’en est pas revenu. « Ne pas nous dévoiler trop tôt, c’est super astucieux comme stratégie. Mais il ne faut pas non plus nous dévoiler trop tard ! A force de ne pas nous dévoiler trop tôt, on n’a toujours pas compris quel était notre projet en 2002 et notre projet de 2007 était tellement faible qu’il n’a pas convaincu grand monde… »                                          

 

                                                                    * * * *

 

L’image que donne le PS recommence à être catastrophique (Cf « Les reconstructeurs socialistes bâtisseurs de dissensions » dans Libération de ce samedi http://www.liberation.fr/actualite/politiques/320801.FR.php ) Depuis le 21 avril 2002, le PS a tenu deux Congrès "classiques". Nous avons passé des heures à écouter des grandes déclarations générales qui n’ont permis aucune clarification, aucun progrès réel. Au lieu de reprendre les mêmes méthodes, avec les mêmes acteurs, dans le même huis clos, pourquoi ne pas innover ? Pourquoi ne pas nous mettre vraiment au travail, en nous ouvrant à tous ceux et celles qui veulent travailler avec nous ? Une descente en ski dépend en large part de l’impulsion qui est donnée dans la première longueur. De même, la capacité qu’aura (ou non) la gauche à se renouveler dans les prochaines années, dépend largement de ce que nous ferons (ou ne ferons pas) d’ici au Congrès de novembre. Face à ce blocage, que pouvons-nous faire ? Si nous voulons effectivement organiser un grand temps de travail avant l’été, il faut que la décision soit prise avant la fin avril ou dans les tout premiers jours de mai. Ensuite, il sera trop tard pour organiser quelque chose qui a de l’allure. Nous avons donc encore 3 semaines (maxi) pour débloquer la situation. 1° Parmi nos premiers signataires, plusieurs parlementaires veulent utiliser la semaine qui vient à convaincre leurs collègues : "Quand les députés rencontrent des militants, ils se rendent compte que la rénovation annoncée par Solférino n’intéresse pas grand monde. L’idée de travailler sur le fond pendant 2 mois pour avancer sur le projet et pour renforcer notre unité, est une idée qui progresse. On doit pouvoir en convaincre un certain nombre."  

 

2° J’invite tous ceux et celles d’entre vous qui connaissent des parlementaires ou des élus socialistes à leur en parler.  

 

3° Nous retournerons à Solférino le 22 avril avec une vraie délégation. Si, d’ici là, nous avions doublé le nombre des signatures, peut-être que F. Hollande et les membres du BN seraient plus attentifs… Chacun et chacune peut prendre quelques minutes pour appeler un(e) ami(e), PS ou non-PS, pour lui demander de signer. Si vous allez à une réunion de section, donnez l’adresse www.nouvellegauche.fr à tous ceux qui sont ouverts au débat. 4° D’autres prises de parole collectives sont en préparation dans les grands médias d’ici au 22. Nous vous tiendrons au courant. Pour info, j’étais lundi l’invité du NouvelObs.com (http://forums.nouvelobs.com/1348/Pierre_Larrouturou.html) et mardi, avant d’aller à Solférino, j’ai rencontré à nouveau l’équipe qui anime Les Inrockuptibles. Visiblement, à lire son blog, l’un des journalistes des Inrocks apprécie notre façon de faire : « Déjeuner avec Pierre Larrouturou. Vous avez peut-être lu son entretien dans Les Inrocks du 25 mars, ou alors ses bouquins. Larrouturou, c'est cet économiste qui militait pour la semaine de quatre jours, qui croit fermement qu'une vraie politique de gauche est possible dans le contexte global actuel. Gai, souriant, parlant à toute berzingue, sortant de sa manche chiffres et graphiques toutes les deux minutes à l'appui de ses idées, Larrouturou donne la pêche. C'est à lui tout seul un jacuzzi, un energizer, un rail de coke, une capsule de viagra : après deux heures avec lui, on redevient optimiste. On aimerait que son énergie, sa croyance dans les dossiers de fond atteignent l'air raréfié de la rue de Solférino, mais ça, c'est pas gagné. » C’est la première fois que je me fais traiter de "Rail de Coke". Je n’ai jamais été très porté sur ce genre de complément alimentaire, mais c’est vrai que Solférino aurait besoin d’un truc un peu fort ! 5° Tous ceux et celles qui ont des idées à proposer pour activer le mouvement sont évidemment les bienvenu(e)s ! Vu le peu de temps que nous avons devant nous, nous ne pouvons pas organiser de rencontres « physiques » mais nous pouvons échanger par mails. N’hésitez pas à nous envoyer toutes vos propositions pour réveiller Solférino ! Ce mail est déjà trop long (désolé !). Juste deux mots de conclusion : il nous reste 3 semaines pour faire bouger Solférino. Ensuite, je crains que nous ne soyons embringués sur un toboggan qui nous mènera à un Congrès très très dur et nul ne sait dans quel état le PS et l’ensemble de la gauche en sortiront. Alors, AU TRAVAIL ! Chacun de nous peut convaincre un(e) élu de sa connaissance. Chacun de nous peut trouver 2 ou 3 signatures d’ici le 22 avril. BONNE SEMAINE A TOUS ! Pierre Larrouturou

 

Voilà, la gauche n'est pas encore morte et il y a quelques petites flammes ça et là qui n'attendent que le vent de l'Histoire pour incendier les coeurs. De quoi essayer de faire mentir Frédéric Lordon, économiste hétérodoxe de grande qualité qui qualifiait il n'y a pas longtemps le Ps comme ceci : Ps, parti socialiste, socialisme partit. 

V

05.04.2008

Nouvelles du front

J'aimerais vous faire part d'une information que bien peu d'entre-nous auront eu le loisir d'apprendre. Il s'agit d'un arrêt rendu par la cour de justice des communautés européennes (CJCE). Dans l'affaire présente, elle avait été saisie par une entreprise polonaise impliquée dans un chantier public dans le land de basse-Saxe en Allemagne. Elle avait été condamnée une première fois à une amende pour avoir payé ses employés polonais à la moitié environ du salaire minimum prévu par une convention collective en vigueur dans cet état allemand.

Le CJCE a pourtant donné raison à l'entreprise polonaise en s'appuyant sur le caractère partiel de cette convention collective qui ne s'applique qu'aux marchés publics (et pas privés donc) Or une directive européenne garantissant la libertés d'échanges de services stipule qu'une convention collective pour être recevable doit être d'apllication globale. (Je résume et simplifie. Si vous voulez avoir plus de détail, je vous conseille le blog Libé de Jean Quatremer sur les affaires européennes http://bruxelles.blogs.liberation.fr/coulisses/ et le contenu in extenso de la décision de la CJCE http://curia.europa.eu/jurisp/cgi-bin/form.pl?lang=fr&... )

Bien que respectant bien entendu le droit européen, cet arrêt est assez inquiétant, voire même révoltant. Pourquoi ? Parce qu'il légitime l'avantage comparatif salarial dans la mise en concurrence des entreprises européennes et qu'il crée donc une jurisprudence très favorable au moins disant social. Ce n'est pas nouveau dans l'Union, Mais c'en est un nouvel exemple. Ainsi dans un but anti-protectionniste qui m'apparaît assez extrémiste mais qui s'appuie sur le droit de libre circulation des personnes en Europe, on sape de fait des garanties sociales.

Les défenseurs de cet arrêt insistent sur la focalisation envers la convention collective jugée contraire au droit européen car d'application non globale. Selon eux il suffirait donc que cette convention passe dans une loi, qui a un degré de préeminance juridique plus élevé que les conventions collectives pour que le salaire minimum demandé à une entreprise d'où qu'elle vienne puisse être contraignant. Mais dans les faits et vu le contexte actuel néolibéral, il faudrait être bien naïf pour penser que le législateur intervienne pour préserver le mieux disant social.

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La CJCE vient donc encore une fois, car il y a des précédents, de donner un coup de canif dans la protection des travailleurs. Je vous conseille de lire attentivement les alinéas 14 et 15 de l'arrêt en question :

  

"14      À cet égard, ladite juridiction observe que les engagements de respecter les conventions collectives obligent les entreprises de construction d’autres États membres à adapter les salaires versés à leurs employés au niveau de rémunération, normalement plus élevé, applicable au lieu d’exécution du marché en Allemagne. Une telle exigence fait perdre à ces entreprises l’avantage concurrentiel qu’elles tirent de leurs coûts salariaux moins élevés. L’obligation de respecter les conventions collectives représente dès lors une entrave pour les personnes physiques ou morales provenant d’États membres autres que la République fédérale d’Allemagne.

15      Par ailleurs, la juridiction de renvoi a des doutes s’agissant de la question de savoir si l’engagement de respecter les conventions collectives est justifié par des raisons impérieuses d’intérêt général. Plus particulièrement, un tel engagement va au-delà de ce qui est nécessaire à la protection des travailleurs. Ce qui est nécessaire à la protection des travailleurs est délimité par le salaire minimal obligatoire qui découle de l’application, en Allemagne, de la loi sur le détachement des travailleurs (Arbeitnehmer-Entsendegesetz), du 26 février 1996 (BGBl. 1996 I, p. 227, ci-après l’«AEntG»). Pour les travailleurs étrangers, l’engagement de respecter les conventions collectives ne permet pas d’atteindre l’égalité effective entre ces derniers et les travailleurs allemands, mais empêche que les travailleurs en provenance d’un État membre autre que la République fédérale d’Allemagne soient employés sur le territoire de cette dernière, puisque leur employeur ne peut pas faire valoir son avantage de coût au regard de la concurrence."

Dans ces quelques phrases se loge l'essence des dispositions juridiques des traités européens en matière économique. On peut craindre que cette jurisprudence soit exploitée par les entreprises qui s'appuient sur la modération salariale pour être compétitives.

La cour a statué je l'espère de façon neutre, mais en fonction de directives qui elles, sont néolibérales dans leur substrat. S'il m'avait fallu une nouvelle raison de justifier mon vote non au TCE, j'en aurais une excellente avec cette décision de justice.

Une nouvelle victoire donc de la réglementation dérégulante, un paradoxe bien unionesque.

Mais la guerre n'est pas terminée pour autant mes braves concitoyens !

Je vous propose de participer à une contre-offensive (j'enjolive un peu certes, il s'agit plus de guerilla mais bon) en signant cette pétition en faveur du contrôle des marchés financiers. Ces derniers, leur mode de fonctionnement, l'idéologie néolibérale dont ils s'inspirent sont pour beaucoup dans l'érosion des conditions de travail, l'effacement du rôle social des Etats, la décrédibilisation des impôts etc...Il faudrait en plus, au moment ou une crise d'une ampleur inégalée depuis 1929 est peut-être sur le point de se déclarer, que les contribuables payent pour assumer les erreurs des financiers ? Il est temps de les ramener à la raison et nous en avons les moyens par la loi.

http://www.stop-finance.org/

Faites la tourner !

Keep fighting !

 

30.03.2008

What's the matter ?

Pour mon anniversaire, mon frère m'a offert le dernier album de Syd Matters, qui comme son nom ne l'indique pas, est un groupe français dont la figure de proue et le fondateur est Jonathan Morali. J'en avais déjà entendu parler sur le site des Inrocks qui ont chroniqué son dernier Cd et qui quelques temps auparavant avaient adressé leur prix CQFD à Syd Matters.

La critique était enthousiaste et ma curiosité m'a poussé à chercher sur le net des possibilités d'écoute de son dernier album, à savoir Ghost days. Le folk éthéré, mélancolique et original du groupe n'a pas mis longtemps à me séduire et le Djib (voir post sur ma bannière) n'a lui pas tardé à faire la même découverte et à m'acheter l'opus en question. C'est cool d'avoir un frère qui a presque d'aussi bons goûts que soi !

1752368260.jpgJonathan Morali pratique donc un folk-pop extrèmement inventif et baigné d'une ambiance ouatée, légèrement surréaliste. Le visuel de son album et de ses clips viennent d'ailleurs confirmer qu'à l'écoute de sa musique, on change quelque peu de dimension pour entrer dans un monde fantasmatique, étrange et d'une douceur élégiaque. Construit autour d'une guitare acoustique , les morceaux s'enrichissent progessivement d'instruments divers où l'on remarque la présence répétée d'un clavier dont la sonorité se situe entre l'orgue de barbarie et l'ocarina. C'est peu commun et complètement adapté à la tonalité rêveuse, bizarre et un peu surranée du disque. Les compositions, qui suivent assez rarement le chemin trop balisé du couplet-refarin sont visitées également par des guitares électriques, des pianos, des cuivres (bien lustrés), des cordes (pas trop tendues) et quelques effets numériques qui font que Ghost days lorgne parfois du côté de l'électro organique. On remarque également la tendance qu'a la batterie, la plupart du temps discrète, à s'émanciper des rythmes quaternaires pour entrainer la basse et les pickings de guitare dans des discours compliqués.

C'est ainsi que les chansons empruntent à la fois à la nostalgie sepia, aux scintillements intermittents de la technologie moderne et à l'excentricité de constructions harmoniques et rythmiques bien plaisantes. Si l'on y ajoute la voix de Jonathan Morali, douce, flottante et précise à la fois, proche de celle de Rufus Wainwright qui se ferait discret et timide, des paroles en anglais qui ne démentent pas l'aspect onirique de Ghost days, on arrive à un mélange des plus réussis qui ressort particulièrement sur des titres comme Everything else, My lover's on the peers, After all these years, Louise, Me and my horses et à peu près tout le Cd en fait. Au final, on obtient un très joli album, créatif, tendre, subtil, mélancolique et mélodique. Une belle découverte... 

 

 

Syd Matters sera en concert à La Cigale, le 11 Juin 2008 à Paris.

www.myspace.com/sydmatters

24.03.2008

O brothers

Hier, j'ai laissé les cloches sonner toutes seules et je suis allé au cinéma. Je passe rapidement sur la cohue au Gaumont Parnasse rappelant les rassemblements fiévreux au moment des soldes, mais sans la haine de l'autre, pour vous parler du film qui avait fait l'objet de mon choix comme toujours judicieux et pertinent : A bord du Darjeeling limited, de Wes Anderson.

 

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Déjà, les bandes-annonce des deux premiers long-métrage du réalisateur avaient attiré mon attention, tant La famille Tenenbaum et Le monde aquatique semblaient receler la loufoquerie, l'humour décalé et cette légèreté un peu mélancolique que j'aime à retrouver dans ce genre de films, dits indépendants. Malheureusement, je ne les ai toujours pas vus ce dont, après avoir cédé à la troisième tentative d'Anderson pour m'interesser, je ne me félicite encore moins qu'avant.

A bord du Darjeeling limited, c'est l'histoire de trois frères qui ne sont pas plus parlé depuis la mort de leur père, un an auparavant. A l'initiative de l'un d'eux, Francis (Owen Wilson), ils vont se retrouver en Inde à bord d'un train, le Darjeeling limited, afin d'entamer un périple spirituel qui permettra selon Francis, de ressérer les liens distendus. Sauf que bien entendu, tout ne va pas se passer excatement comme prévu...

 

 

Ce "rail movie" tient évidemment beaucoup à la personnalité et l'association des trois frères, campés idéalement par Adrien Brody (Peter), Owen Wilson donc et Jason Schwartzman (Jack). Dire que ces personnes sont originales est la moindre des remarques. Entre Peter, l'illuminé méthodique, enrubanné comme un oeuf de Pâques suite à un accident de moto récent (à l'origine de son désir de renouer les liens avec la fratrie), Jack, le séducteur apathique qui passe son temps à fuir la vie à la vitesse d'un paresseux (l'animal) et Peter, l'ahuri lunatique qui a du mal à se remettre de la mort de son père, Wes Anderson a non seulement créé trois personnage assez innénarables dans leur genre mais aussi réussi un casting quasi-parfait. On en vient ainsi à oublier complètement comment ce trio aux physiques et aux caractères si différents peuvent être liés par les gènes.

 

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Le deuxième apport décisif à ce film, c'est de l'Inde qu'il vient, de son exhubérance, de son exotisme, de son univers chatoyant. Le réalisateur s'en est emparée en la domptant un tantinet, notamment au moyen d'une photo baignée d'une lumière chaude et intense qui polit les couleurs épicées, les adoucit. Le montage du film quelque peu élastique fait se succéder les moments cocasses, voire carrément drôles, avec des épisodes plus tendres, mélancoliques ou poétiques, parfois ponctués de ralentis somptueux. C'est par exemple le cas lors d'une cérémonie funèbre traditionelle, un moment grave du film, mais complètement magnifié par l'image et la musique. A ce titre, la bande-son ne dépare pas, toujours adaptée au ton du film, à la fois légère et décalée, douce et rythmée. Le générique de fin est une surprise incongrue et "spéciale dédicace" à notre pays, mais je n'en dis pas plus.

 

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A propos de surprise, A bord de Darjeeling limited est précédé d'un court-métrage du même réalisateur, avec Jason Schwartzman et surtout, Natalie Portman, une des mes actrices préférées dont on voit généreusement la plastique agréable dans cette courte histoire cependant complètement liée au film qui suit. Excellente idée en tout cas ! A noter aussi une apparition dans le long-métrage cette fois, de Bill Murray que j'apprécie énormément et qui a joué dans les deux réalisations précédentes d'Anderson. (si vous ne les avez pas déjà vu, je vous conseille fortement Un jour sans fin et Lost in translation pour vous faire une idée de la qualité de cet acteur)

Pour conclure, je dirais que je suis sorti très satisfait de la projection. J'ai aimé le côté complètement loufoque de ces trois frères en quête les uns des autres, un peu perdus dans cet univers à la fois brut et délicat, mais toujours chamarré (la déco du train à laquelle sont assortis les uniformes des stewarts et hôtesses vaut à elle seule le détour), de cette envie aussi, de la part de fils de très bonne famille de retrouver peut-être des valeurs essentielles. Le film est beau, décalé, tendre et parfois vraiment hilarant. Un bon exemple des ces films d'auteurs que le cinéma américain autorise encore, dans la veine, des Garden State, Lost in Translation ou Little Miss Sunshine pour ne citer qu'eux.

Recommandé.

21.03.2008

Bon allez, merci hein !

Je tiens à remercier JB, dit le Djib qui a le triste privilège de partager une bonne partie de mes gènes (est ce que ça le gêne ?) mais qui a eu la gentillesse de me réaliser ma bannière, avec ses talents de dessinateur et de toshopeur. Bon, grâce aussi à la palette graphique que j'ai eu l'idée de lui acheter pour Nöel. Il faut bien qu'il y ait un petit retour sur investissement.

Cette bannière reflète bien ce que je suis et ce qui déteindra sur ce blog : immuable, pétri de principes moraux d'un autre temps mais généreux, assez rigide mais accueillant, calme, finalement tolérant sous ses airs bornés, artiste et révolutionnaire dilettante, grand amoureux des chats, romantique, rêveur.

You're welcome.

Encore merci le Djib !

20.03.2008

La floraison de Germinal

 Déjà le deuxième printemps en sarkozye

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Mais les cerisiers fleurissent quand même
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Tout n'est pas perdu...

18.03.2008

La déconfiture aux cochons

Voilà, les municipales ont rendu leur verdict et il est très sévère pour l'Ump. La gauche prend 37 villes de plus de 30000 habitants contre quatre seulement pour la majorité, seule trois des dix plus grandes villes de France restent à droite : Bordeaux, Nice et Marseille. C'est ce résultat dans les grandes et moyennes cités qui fait la débacle de la droite car c'est là que le srutin est généralement le moins localiste, qu'il reflète la tendance nationale. Force est donc de constater que le rejet de la politique menée depuis 10 mois est patent.

 

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 Une caricature de caricature vivante

 

Le premier enseignement à tirer de cette élection, n'en déplaise à la bande de Dalton du gouvernement c'est la défiance vis à vis du névropathe et de sa bande. Bien entendu leur réflexe comme toujours en cas de branlée électorale est de nier les faits et de soutenir mordicus que les français ne sont pas mécontents mais impatients. Ils promettent donc d'accélérer le tempo. J'ai envie de dire chiche ! Dans le contexte de malaise social ambiant et de crise économique mondiale potentiellement très grave, ce serait le meilleur moyen de mener la France à une de ces explosions qui lui sont coutumières, la meilleure solution pour que la droite se fasse mouliner après s'être faite laminer hier.

Cela dit, il paraît que les français sont très majoritairement favorables au réformes déjà menées. De la façon dont elles ont été présentées c'est possible : élimination des parasites profitant des régimes spéciaux (le gens n'aime pas le parasite c'est bien connnu), privilèges digne d'un noble du grand siècle ; exonération des droits de succession qui permettent soi-disant aux moins aisés de bénéficier du travail d'une vie de leur parents, sauf qu'avant la réforme la majorité ne payait pas ces droits de succession et que le changement concerne les plus riches bien entendu, libéralisation des heures sup qui sont un succès digne d'une tournée des rolling-stones (sauf que je regrette que dans les sondages, on ne pose pas cette question toute simple : pour gagner plus, préférez vous faire des heures sup ou avoir une augmentation de salaire ? il ne faut pas oublier que les réponses d'un sondage traduisent avant tout la teneur des questions) . Mais il est vrai que désormais et malgré la hausse de productivité phénoménale depuis 60 ans, elle a presque doublée entre 1990 et 2005 selon les chiffres du bureau des statistiques du travail de l'OCDE, le salaire est une notion que l'on aborde plus (voir mon dernier post).

Qu'importe que depuis trente ans, la part des salaires dans le PIB ait diminuée de 10% au profit des revenus du capital, soit grosso modo 170 milliards d'euros par an, de l'argent il n'y en a plus pour le pékin moyen (la faute au chinois bien entendu). Hier encore, j'entendais Coppé mentir éhontément en disant que partout ailleurs dans le monde seuls ceux qui travaillaient plus pouvaient gagner plus. Pourtant, l'INSEE vient contredire cette idée tellement rabachée par la droite puis intégrée par la gauche libérale :  si la durée hebdomadaire à temps complet en France est bien une des plus faibles, le nombre d'heures travaillées annuellement en France, environ 1570h, temps partiel et temps complet inclus est comparable à celui de l'Allemagne et du Royaume uni, deux modèles souvent cités. On a souvent accusé les 35h d'infliger une cure de malthusianisme au travail mais que dire des pays économiquement libéraux qui cachent derrière un pseudo-plein emploi à forte durée hebdomadaire, un taux de temps partiel et d'emplois précaires extrèmement élevé. Travailler beaucoup pour gagner à peu près bien sa vie, c'est donc même pas donné à tout le monde. C'est pourtant le modèle à suivre pour la droite et une bonne partie du Ps.

Cette habile transition me sert à aborder le deuxième grand enseignement de cette élection, à savoir l'abstention. Elle a touché essentiellement les quartiers populaires et les électeurs de Naboléon aux dernières présidentielles. L'Ump a donc perdu son assise populaire mais celle-ci est peu revenue vers le Ps, qui devrait en tirer les conclusions qui s'imposent. Mais depuis 2002 ce parti est passé à côté de toutes les analyses pertinentes alors espérer qu'il réagisse est plus aléatoire que d'attendre les tartares. Les débats de la soirée électorale n'ont fait que confirmer mes craintes. Déjà pas un mot sur la bonne tenue de la gauche assumée, malgré quelques déceptions chez les communistes. Ensuite de la gêne face aux attaques d'une droite qui se sentant fortement menacée à choisi de sauter à la gorge du Ps. Ce dernier bénéficiant d'une victoire acquise sans combattre a montré qu'il n'avait bien évidemment pas les armes pour contrer ne serait-ce que la démagogie la plus basique.

Le spectacle d'un Bertrand hargneux comme une hyène blessée qui plantait ses crocs sur le socialiste qui se trouvait là était parlant. Tant que la gauche n'aura pas choisi d'assumer la réhabilitation de l'impôt et donc de la solidarité, elle offrira des boulevards à la droite qui surfe sur l'individualisation de la société en la remorquant plus qu'en l'accompagnant. Pourtant il y aurait tant à dire sur la nécessité de redonner les moyens à la collectivité de remunicipaliser la gestion de l'eau par exemple, dont la privatisation a coûté très cher au citoyen. En cette période de renchérissement de l'énergie, la nécessité des transports en commun accessibles à tous devraient être une priorité plutôt que de célébrer le nouveau management public qui fait de la SNCF une compagnie orientée vers les hommes d'affaires et les touristes aisés, au détriment des lignes de banlieues. Il y aurait bien d'autre cas à développer : la santé, l'accès aux services publics dans les campagnes, l'enseignement de qualité pour tous non gangréné par l'utilitarisme fanatique. Mais il faut faire comprendre aux gens que cela à un coût au niveau de l'impôt, coût qui en allègera d'autres, surtout pour les moins aisés.

Bien entendu l'impôt c'est aussi aider l'innovation et la recherche, la création de Pme et leur soutien, qui engendrera des emplois et des...impôts, ainsi de suite... La gauche peut conserver ses valeurs tout en se modernisant, c'est pas interdit. 

Malheureusement, le Ps semble loin de cette prise de conscience. La plupart des gens n'ont pas non plus cette lucidité. Le temps de la crise semble venu et il faut craindre que ce ne soit à nouveau des souffrances partagées par le plus grand nombre qui soit à l'origine du réveil des consciences.

Cette défaite électorale risque donc d'être encore une fois sans suite, la faute à un Ps aveugle et sourd. C'est comme donner de la déconfiture à des cochons... 

 

 

 

15.03.2008

Argent, trop cher

254265914.jpgHier soir, j'ai zappé par hasard sur TF1 et je suis tombé sur une émission qui se proposait généreusement de faire gagner du pouvoir d'achat aux français. Comme c'était urbain de leur part. Et que dire de cette touchante envie de donner un coup de main à leur patron qui trépigne à l'Elysée (oui en ce moment, il est assigné à résidence vous avez remarqué. Juste une petite promenade à Toulon où on lui a enlevé sa muselière pour soutenir Muselier et Gaudin en usant des fondamentaux xénophobes et sécuritaires) ?

Les rois du système D , voilà le titre de ce programme d'emplissage de cerveau disponible. Au menu, il y avait des trucs et astuces pour économiser, ne pas payer, gruger de façon légale. Enfin bref, la méthode pour se passer d'argent. Car voilà bien en quoi ce genre d'émission est nauséabonde. Elle veut confirmer aux gens, prenant ainsi le relais des politiques depuis grosso-modo 25 ans, que les gens d'en bas, le public de la chaîne , doivent s'habituer à faire avec ce qu'on leur donne.

Avez-vous remarqué à quel point le mot salaire était absent de la bouche des élus et des chefs d'entreprise ? Pourquoi à votre avis parle t'on autant de pouvoir d'achat et pas de niveau de vie par exemple ? Tout simplement parce que le modèle économique néolibéral est entre autres, fondé sur la modération salariale qui conjuguée au précariat maintient les travailleurs dans la dépendance complète, favorisant flexibilité et obéissance. Il faut ajouter bien sûr la pression sociale dirigée vers la consommation sinon le tableau est incomplet.

La salaire est donc une notion taboue depuis quelques temps maintenant. On parle de revenus, de compléments, de stock-options, d'intéressement mais de salaires point. Car le salaire c'est mal. C'est toujours trop haut un salaire et puis c'est stable un salaire, voire ça augmente. C'est trop sécurisant, ça amollit l'employé, ce feignant qui ne pense qu'à profiter des largesses patronnales en en faisant le moins possible. De plus, ça favorise un sentiment communautaire entre salariés, au travers des conventions et d'une normalisation du traitement. Or ce que la patronnat veut, c'est la compétition entre travailleurs, censée augmenter la productivité et surtout éradiquer les formes collectives de revendications, donc de lutte tout court.

Voilà pourquoi le salaire est banni des discours, les politiques ayant bien entendu dans leur grande sagesse, intégré le désir des employeurs. Ford qui en son temps, avait augmenté les subsides de ces ouvriers pour qu'ils puissent acheter les voitures qu'ils fabriquaient, un grand philanthrope donc, Ford est un naze archaïque. La preuve, il n'a pas survécu...De toutes façons, ces crétins de travailleurs maintenant, on peut les faire consommer sans leur donner assez d'argent. C'est même la nouvelle solution pour faire augmenter la croissance. sauf que le crédit à outrance va peut être donner lieu à la plus sévère crise écomnique depuis celle de 29. Mais je suis mauvaise langue, car les économistes ne se trompent jamais et leurs développements théoriques ont été validé par le tout-puissant lui même (c'est Adam Smith qui a signé là en fait, le patron ne pige rien à l'éco ).

Ce genre d'émission ne fait qu'appuyer sur cette idée que le salaire n'augmentera plus et que pour survivre, il faut être ingénieux et se prendre en main. Hé oui, que croyez-vous, les chinois ils se posent pas de questions eux, ils avancent, avec le reste du monde, tandis que la France est scotchée dans ses acquis d'un autre âge où les gens se voulaient un peu solidaires, quelle gabegie ! Tiens au passage s'il est vrai que la concurrence salariale et démographique de la Chine, pour ne citer qu'elle est incontestable, le différentiel est tel que le maximum de sacrifice tolérable sans explosion sociale serait encore loin du compte pour espérer regagner de la compétitivité. Pour exemple, le salaire mexicain moyen est déjà quatre fois plus élevé que son pendant chinois (pour retrouver la source, voir le Monde Diplo de ce mois-ci). Mais c'est pas grave, tant que ça marche, les dirigeants jouent, se sucrent eux-mêmes et leurs entourage oligarco-médiatico-politique. De quoi être à l'abri quand viendra le temps où ils fuiront leurs responsabilités et regarderont l'humanité s'étriper encore une fois.

Même les petits trucs de grand-mères qui étaient divulgués par des citoyens de bases fimés chez eux (j'ai tenu 5 mn devant ce spectacle navrant, suffisant pour voir un échantillon représentatif de l'émission) sont destinés à diminuer les dépenses. Aucun motif écologique par exemple dans le fait d'utiliser un citron pour nettoyer son micro-onde en lieu et place d'un détergent. Non non ! Le but n'est pas d'apprendre aux gens à être moins mesquins, juste à se passer d'argent, quasiment par tous les moyens. Pour les motivations nobles et constructives, on repassera...

Voilà, je ne vous parle même pas des deux présentateurs de cette émission ultra-démagogique. Je me demande quand même comment ils peuvent se regarder en face en sachant, parce qu'ils le savent, les bouses qu'ils donnent à manger à leur télespectateurs.

Les salaires c'est pas tabou, il n'en viendront pas à bout !!!

 

11.03.2008

Atomes trop crochus

A la lecture d'un article du Monde diplo de ce mois-ci sur les mensonges de Tchernobyl, écrit par Alison Katz, j'ai repensé à cette excellente BD que j'ai lue il y a environ deux ans, sur le même thème : Tchernobyl mon amour de Chantal Montellier (scenario et dessins).1895148118.2.jpg

Le livre relate l'enquête d'une journaliste , Chris Winckler qui est chargée par son journal, la Vérité, de produire un papier pour le vingtième anniversaire de l'explosion de la centrale nucléaire de Tchernobyl. Elle va être amené à rencontrer un témoin de la catastrophe qui va la lui raconter...

L'auteure nous livre avec cette Bd un document d'une force impresionnante, comparable peut-être au Maus de Spiegelman bien que stylistiquement totalement différent. Rappel des faits, conséquences terribles pour le personnel et la population et surtout manipulation politique pour que jamais la vérité ne soit connue du plus grand nombre (hé oui, parfois la théorie du complot, c'est vrai).

Graphiquement assez dépouillée bien que juxtaposant différentes techniques graphiques (dessins, reprises de photo ou de documents, etc...) et documentairement très fouillée et rigoureuse, cette oeuvre est un incontournable pour tout amateur de Bd "sérieuse" et engagée. Sa valeur informative est tout aussi élevé qu'un très bon film documentaire.

 

Chantal Montellier expose son point de vue antinucléariste en stigmatisant la puissance des lobbies de l'industrie de l'atome et la désinformation des Etats (le fameux nuage radioactif qui a rebroussé chemin juste aux frontières de la France vous savez). Le constat est implacable, souvent féroce et pour tout dire assez désespérant. Elle considère que Tchernobyl est un évènement aussi grave que le largage des bombes nucléaires américaines sur Hiroshima et Nagasaki. Vous n'aurez pas manqué de relever la proximité du titre de la Bd avec le film d'Alain Resnais, écrit par Marguerite Duras, Hiroshima mon amour.

Personnellement, je ne suis pas un opposant farouche à l'énergie nucléaire mais résolument en faveur de solutions de substitution néanmoins (ainsi qu'au pétrole dont l'industrie liée a peu de chose à envier à sa consoeur physicienne). Malgré tout, je suis bien conscient de la chape de plomb (après celle de béton sur le réacteur éventré) qui s'est abattue sur les conséquences désastreuses et durables de cette catastrophe, sur les dégats humains immenses qu'elle a produit et continue de provoquer, alors même que les victimes ne sont même pas reconnues comme telles, ce qui augmente encore leur douleur psychologique. Cet ouvrage a fini de me convaincre.

 

Tchernobyl mon amour/Chantal Montellier.-[Arles] : Actes Sud, 2006.-[128p.] 

 

 

10.03.2008

Politiquement correct


Au lendemain du premier tour des élections municipales, le résultat est correct. On note une assez forte poussée de la gauche sans pour cela qu’elle anéantisse la droite, malgré un contexte de défiance très forte envers la politique menée depuis 9 mois.

Deux facteurs peuvent être invoqués pour expliquer la tournure des évènements.

Premièrement, il s’agit d’élections locales et au dernier moment les enjeux locaux ont repris la place qui leur revient dans une élection de ce type. De même la victoire écrasante annoncée pour la gauche par les sondages a peut-être un peu démobilisé l’électorat de gauche tout en aiguillonnant les défenseurs (il en reste quelques uns malgré tout) de la politique de l’Ump.

Deuxièmement et c’est pour moi le paramètre le plus important, c’est la faiblesse de la gauche et surtout du Ps. Obtenir une victoire électorale alors que depuis l’élection funeste du 6 mai, il est quasi-inaudible, ultra-divisé, toujours aussi mou et peu combatif quand il s’agit de défendre de véritables idées de gauche (solidarité etc…) traduit finalement à quel point le rejet de l’ex maire de Neuilly est fort chez les français. Mais le Ps n’en profite qu’au minimum, payant là son attitude inconséquente voire irresponsable depuis 2002. Le résultat des listes de gauche assumée est souvent prometteur, surtout pour ce type d’élection : la Lcr, Lo ou des listes de gauche rassemblée dépassent souvent les 5%, le Pc résiste bien dans ses bastions. Plus que jamais, l’émergence d’une gauche qui ne se renie pas, qui propose un projet résolument solidaire et moderne à la fois (moderne dans le sens où on peut lutter contre le néolibéralisme désocialisant mais agir pour les Pme, la recherche et l’innovation) est primordial pour l’avenir de ce pays et de ses habitants. Pour l’identité culturelle de la France aussi, à laquelle je tiens par-dessus-tout.

Le pseudo président vient d’être clairement averti par la population que ses actes avaient maintenant été jugés à l’aune de ses paroles. Il reste à confirmer cet avertissement en sanction lors du deuxième tour. Le gain de Toulouse par la gauche, voire celui de Marseille, qui sera néanmoins beaucoup plus difficile, acteront cette sanction. Cela dit, je n’ai jamais considéré que ces élections pouvaient infléchir la politique de ce gouvernement, lancé dans une course au néolibéralisme et au néoconservatisme pour rattraper les autres pays développés dans l’uniformisation (abandon du rôle de l’Etat, des services publics, des politiques sociales, valorisation de l’individualisme et poussée sécuritaire). Il faudra plus qu’une gifle électorale pour déboulonner Naboléon le tout petit.

Tiens cette expression me fait penser à une interview que je vais vous retranscrire :

ENTRETIEN AVEC VH
Vous semblez vous tenir très informé de l’actualité politique française. Quel regard portez-vous sur notre nouveau président ?
VH : Depuis des mois, il s’étale ; il a harangué, triomphé, présidé des banquets, donné des bals, dansé, régné, paradé et fait la roue… Il a réussi. Il en résulte que les apothéoses ne lui manquent pas. Des panégyristes, il en a plus que Trajan. Une chose me frappe pourtant, c’est que dans toutes les qualités qu’on lui reconnaît, dans tous les éloges qu’on lui adresse, il n’y a pas un mot qui sorte de ceci : habilité, sang-froid, audace, adresse, affaire admirablement préparée et conduite, instant bien choisi, secret bien gardé, mesures bien prises. Fausses clés bien faites. Tout est là… Il ne reste pas un moment tranquille ; il sent autour de lui avec effroi la solitude et les ténèbres ; ceux qui ont peur la nuit chantent, lui il remue. Il fait rage, il touche à tout, il court après les projets ; ne pouvant créer, il décrète.

Derrière cette folle ambition personnelle décelez-vous une vision politique de la France, telle qu’on est en droit de l’attendre d’un élu à la magistrature suprême ?
VH : Non, cet homme ne raisonne pas ; il a des besoins, il a des caprices, il faut qu’il les satisfasse. Ce sont des envies de dictateur. La toute-puissance serait fade si on ne l’assaisonnait de cette façon. Quand on mesure l’homme et qu’on le trouve si petit, et qu’ensuite on mesure le succès et qu’on le trouve si énorme, il est impossible que l’esprit n’éprouve quelque surprise. On se demande : comment a-t-il fait ? On décompose l’aventure et l’aventurier… On ne trouve au fond de l’homme et de son procédé que deux choses : la ruse et l’argent…Faites des affaires, gobergez-vous, prenez du ventre ; il n’est plus question d’être un grand peuple, d’être un puissant peuple, d’être une nation libre, d’être un foyer lumineux ; la France n’y voit plus clair. Voilà un succès.

Que penser de cette fascination pour les hommes d’affaires, ses proches ? Cette volonté de mener le pays comme on mène une grande entreprise ?
VH : Il a pour lui désormais l’argent, l’agio, la banque, la bourse, le comptoir, le coffre-fort et tous les hommes qui passent si facilement d’un bord à l’autre quand il n’y a à enjamber que la honte…Quelle misère que cette joie des intérêts et des cupidités… Ma foi, vivons, faisons des affaires, tripotons dans les actions de zinc ou de chemin de fer, gagnons de l’argent ; c’est ignoble, mais c’est excellent ; un scrupule en moins, un louis de plus ; vendons toute notre âme à ce taux ! On court, on se rue, on fait antichambre, on boit toute honte…une foule de dévouements intrépides assiègent l’Elysée et se groupent autour de l’homme… C’est un peu un brigand et beaucoup un coquin. On sent toujours en lui le pauvre prince d’industrie.

Et la liberté de la presse dans tout çà ?
VH (pouffant de rire): Et la liberté de la presse ! Qu’en dire ? N’est-il pas dérisoire seulement de prononcer ce mot ? Cette presse libre, honneur de l’esprit français, clarté de tous les points à la fois sur toutes les questions, éveil perpétuel de la nation, où est-elle ?

Qui est VH me dire-vous, l’air interloqué et curieux à la fois ?

Un certain Victor Hugo parlant de Napoléon III. Toutes ses réponses à cette fausse interview sont extraites de son ouvrage Napoléon le petit. Je suis sûr que ça va vous rappeler quelqu’un :oB

Rendez vous pour l’analyse du deuxième tour.

08.03.2008

Ainsi était le commencement...

Ma première note sera musicale. Une note de musique, logique finalement…

 

Connaissez-vous Thao ? Non, pas le Tao des cités d’or mais Thao, Thao N’Guyen ? C’est une jeune américaine d’origine vietnamienne. Il faudrait que vos cerveaux soient bien bridés pour ne pas l’avoir deviné rien qu’à son patronyme.

 

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Moi je ne la connais que depuis quelques semaines et musicalement depuis quelques jours seulement. J’ai lu une petite critique de son dernier album sur les inrocks, puis j’ai visité son espace (herspace) sur le net et j’ai tout de suite été séduit par ses chansons légères et sautillantes.

Miss Thao donne dans le folk-rock primesautier, dans la guitare post-adolescente. Dans son album, We brave bee stings and all dont le titre s’accorderait bien à la geste un peu vantarde d’un jeune et brave héro en culottes courtes, elle a mis onze petits bonbons à la sève de printemps. 

La musique de notre mignonne asiatique respire la jeunesse comme un mois d’Avril sent le lila. C’est gai, léger, ça a 20 ans. Et ça me fait penser aux miens qui sont tombés de ma poche un jour où comme tous les autres, je regardais ailleurs. Je ne les ai jamais retrouvés…Du coup, mademoiselle Thao sème le printemps et ce sont des fleurs d’automne qui éclosent dans mes oreilles. La gaieté et la mélancolie sont toujours voisines en fin de compte.

Mais cet album, il y quoi vraiment dedans, me demanderez vous ?

Des comptines folk, faites d’un joli tissu chamarré de guitares, rapiécé ici et là avec quelques fils de banjo et des chutes de piano. On y trouve aussi quelques broderies cuivrées. Le son est le plus souvent cristallin, gracile comme une jeune beauté. Les accords ont à peine 18 ans mais sont toujours majeurs. Des petits devenus grands certes, gorgé d’énergie il va de soi, mais toujours très tendres.

Comme la demoiselle est née dans l’Est des Etats-Unis, dans les Appalaches de Virginie pour être plus précis, il n’est pas étonnant de trouver ça et là quelques pointes de jazz et de blues. Quelques arrangements en pentatonique servent de décoration exotique en provenance indirecte d’Indochine.

 

Voilà donc un album bien sympathique, tout en décontraction genre je tape le bœuf avec mes potes étudiants sans me prendre la tête, je chante tout juste juste mais on s’en fout, le ciel est bleu et le soleil brille. Thao me rappelle les jumelles Tegan et Sara dans un style moins noisy, cabotin et petite peste. Elle pratique une musique à l’identité très teenager américain cool, comme peut le faire aussi Nada Surf par exemple. Cela conduit rarement au chef-d’œuvre mais c’est efficace et très plaisant.

 

 

Mes chansons préférées : Beat (health, life and fire); Big kid table ; Swimming pool ;Yes, so on and so on.

 

 

Un petit défaut tout de même : c'est un peu court, même pas une demi-heure. Ah la jeunesse....Toujours pressée...

 

 

http://www.myspace.com/thaomusic

 

 

 

 

06.03.2008

Bonjour, moi c'est Nicks

Je vous souhaite la bienvenue sur mon blog !

Je suis un archéo-conservateur. Je ne suis pas un bougiste quoi. Et puis je suis de gauche, de celle qui s'assume,