13.05.2012
Repartir au combat
Après quelques jours de repos bien mérités, il est temps d'analyser les résultats de cette élection présidentielle et surtout de lancer la campagne des législatives qui ont indépendamment du président élu, une importance cruciale.
Notre candidat, Jean-Luc Mélenchon, a récolté 11.1% des voix. C'est un bon résultat si on le compare avec les 1.93% qu'avait rassemblés la candidate communiste en 2007 et surtout, parce que c'est davantage comparable, deux fois plus quasiment qu'en 2009, pour la première participation du Front de Gauche à une élection, en l'occurence pour les européennes. La progression est donc nette et plus rapide que celle du FN. Pour autant, notre score est inférieur aux espoirs que la campagne et certaines intentions de vote l'avaient laissé espérer.
Nous terminons derrière l'extrême-droite, ce dont nous ne pouvons nous réjouir, puisque c'était un objectif clairement affiché que d'être devant, à la fois parce que personne ne devrait tolérer qu'une formation fascisante prospère sur le terreau d'une crise, que les principales formations politiques sous-estiment ou ne veulent pas solutionner en dehors d'une idéologie qui, précisément, l'aggrave, mais aussi, et c'est lié, parce que le Fn est un verrou de notre système politique. En effet, il permet au PS d'activer le vote utile comme principal argument de campagne (avec l'antisarkozysme cette année, qui en est une émanation), ce qui lui assure une rente de situation en mobilisant par la peur et assure également la survie de l'objet de cette peur, comme j'avais essayé de le montrer dans mes précédents billets.
A qui profite la peur du loup ?
Une fois encore, le stratagème a parfaitement fonctionné. Il apparaît que 30% des votants au premier tour pour Hollande ont hésité avec le Front de Gauche, soit près de 9% du total. Faites le compte vous-même : 11+9 = 20. Bien entendu, sur ces 30%, on peut penser que tous ne nous auraient pas choisi, vote utile pou pas. Mais il est raisonnable de penser que notre potentiel issu de l'électorat Ps avoisine les 5%. Avec 16% des voix, la musique n'aurait pas été tout à fait la même, c'est à dire cette mise en avant assez indécente mais permise par le résultat, de la candidate Le Pen.
En outre, et j'avais témoigné de l'inquiétude que cela faisait naître dans nos rangs, le traitement mediatique, surtout dans les deux dernières semaines de campagne a été clairement en défaveur de Jean-Luc Mélenchon, c'est à dire au moment où les sondages, avec la réserve que l'on doit émettre quant à leur élaboration, utilisation et analyse, faisaient état d'une progression constante du Front de Gauche et de sa position dominante depuis peu par rapport au Fn. En d'autres termes, notre candidat commençait à être gênant pour la gauche et plus largement, pour l'orthodoxie, les partisans du oui au TCE de 2005 pour résumer.
La presse a ainsi tiré à boulets rouges durant cette période, insistant là sur le rôle de rabatteur de voix de Mélenchon en faveur du Ps, donc sur les services qu'il rendait au système en place, ici sur ses fréquentations douteuses à droite, pour illustrer là aussi, un homme qui ne pouvait représenter une aspiration au changement. Dans le même temps, la candidate du Fn n'était plus attaquée, plus même sur son programme économique pour le moins fantaisiste. Dans le même temps les media de masse ont occulté notre campagne ou tronqué notre message et on sait que pour nombre d'électeurs, il s'agit du seul moyen d'information utilisé.
Bien entendu, ce barrage et ce favoritisme indirect envers l'extrême-droite n'expliquent pas à eux seuls le différentiel de vote, mais sans doute nous a t'il aussi coûtés trois à quatre points qui sont allés sur la candidate qui finalement, avait plus ou moins reçue seule le titre d'anti-système. Nous avons aussi commis des erreurs probablement, sans doute pas sur la stratégie mais sur quelques éléments tactiques, plus formels que touchant au fond, que nous ne pouvons pas renier sans donner raison à ceux que nous combattons.
Pour une analyse fine et chiffrée du vote, qui montre que nous progressons bien plus vite que la droite fascisante, là où nous avons pu porter notre projet :
http://www.jean-luc-melenchon.fr/2012/04/25/apres-le-premier-tour-un-moment-de-pause-clavier/
http://www.jean-luc-melenchon.fr/2012/04/28/le-vote-utile...
Quoiqu'il en soit, le résultat n'a pas le même visage et ce qui s'en est suivi également, que si nous étions arrivés devant Le Pen et à ce titre, les votants utiles et certains media de gauche en sont responsables et doivent continuer la réflexion à ce sujet. Certes François Hollande est arrivé en tête du premier tour, avec une marge tellement confortable que la peur d'un nouveau 21 avril ne pouvait se justifier, cet écart étant déjà connu, mais paradoxalement, et du fait de notre arrivée derrière l'extrême-droite, la campagne s'est résolument tournée vers les thématiques chères au Fn et déjà bien légitimées par l'Ump durant les cinq dernières années. Le vote utile, comme déjà démontré pourtant, a donc une nouvelle fois profité au loup qu'il prétend chasser et a contribué à évacuer toutes les thématiques sociales, donc préférentiellement de gauche, des débats d'entre deux tours et sans doute aussi, des législatives à venir. La dynamique de la superbe campagne du Front de Gauche est donc à reconstruire, ce que nous allons tenter de réaliser évidemment. Il n'y a pas eu plus d'une heure entre le léger dépit après les résultats du premier tour et l'envie de repartir livrer bataille immédiatement.
J'en viens donc au scrutin qui vient et revêt une importance considérable. Certes, Hollande sur l'élan de rejet du précédent président à réussi à s'imposer, avec une marge cependant bien plus réduite que prévue, et témoignant une nouvelle fois de l'inversion de la dynamique résultant du choix des électeurs hésitants avec nous. Mais pour autant et comme je viens de le dire, c'est plutôt la droite et sa frange la plus dure qui a le vent en poupe, au moins sur la thématique. Il serait pourtant suicidaire pour la gauche dans son ensemble de ne pas prendre enfin conscience que sans traitement adéquat de la crise, de ses causes profondes et la financiraisation de l'économie en est une des principales, le lit sera fait pour une droite recomposée autour du Fn ou pour le moins de ses idées. Or c'est ce qui se passera si le Ps échoue et il échouera s'il reste sur ses positions idéologiques, à savoir la fidélité aux dogmes gravés dans les traités européens. Les premiers signes ne sont pas très encourageants quant à la volonté de Hollande de réellement s'opposer à Merkel sur le traité budgétaire, condition pourtant essentielle pour avoir l'espoir de relancer l'économie au sein de l'Union et probablement de la sauver dans le même temps. Le nouveau président joue son quinquennat sur ces premières décisions à l'échelon européen. S'il cède, l'austérité est garantie et le scenario à l'espagnole ou à la grecque aussi, avec le corollaire de misère et le danger politique qu'elle engendre.
Aussi, le choix de nos députés peut-il avoir un impact essentiel sur la politique qui sera menée. Le seul moyen de se garantir une fermeté positive sur le plan social de Hollande, c'est de l'encadrer fortement avec un contingent le plus important possible du Front de Gauche. Cette fois-ci le vote utile ne peut plus être invoqué dans une situation où l'Ump est très affaiblie, notamment par le Fn, et par les divisions qu'il se promet de créer. Plus encore ce ne serait pas un service à rendre au PS que de se croire une nouvelle fois hégémonique à gauche et de le laisser camper sur son immobilisme programmatique destiné à la faillite, comme cela a été le cas pour tous les autres social-démocraties du continent, engluées dans leur tropisme néolibéral qui les a conduites à appliquer la même politique, à peu de choses près, que la droite, pour un résultat catastrophique. Si la gauche échoue cette fois-ci, l'alternance aura sans doute une couleur bleue très foncée. Nous ne pouvons pas nous le permettre, pas plus qu'au Ps de nous y mener.
C'est dans ce cadre là que le Front de Gauche entre avec une force et une motivation intactes, prêt une nouvelle fois à promouvoir son programme, l'Humain d'abord, qui met la priorité sur le social et pas l'exclusion, sur la structure financière de notre économie plutôt que sur les boucs émissaires variés issus pourtant des catégories les moins aisées. Jean-Luc Mélenchon, sur proposition des communistes et avec l'accord de la base a choisi de se présenter à la députation dans une région type pour illustrer les méfaits des politiques menées ces dernières décennies et tenter une nouvelle fois de substituer au sur-place toxique des formations principales, à la haine prônée par l'extrême-droite, un programme cohérent, solide et respectueux de tous. C'est une preuve de courage politique, car le risque est grand mais l'enjeu le dépasse de loin. Bien entendu, certains essaieront une nouvelle fois de détourner notre combat, de le ramener à des querelles de personnes, de l'amalgamer dans le sac bien commode des extrêmes réunis. Mais nous avons aussi besoin, dans un contexte et un système politique qui sont ce qu'ils sont, de pouvoir avec un éclairage national, susciter un débat qui porte haut et loin, tant la volonté de nous flouter du paysage politique est grande chez certains. Ce sera encore une fois difficile et enthousiasmant, mais il nous faut repartir au combat !
19:03 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : législatives 2012, front de gauche, jean-luc mélenchon
20.04.2012
Rien n'arrête une idée dont le temps est venu
C'est la philosophie politique qui dessine l'avenir du peuple. C'est le nombre qui lui donne réalité. Ne vous laissez pas enfermer par ceux qui, plus ou moins consciemment, plus ou moins par atavisme, veulent vous diriger, en manipulant vos peurs, vers un conservatisme, qui pour 90% d'entre nous, ira contre nos intérêts. Ne les laissez pas bénéficier d'un éventuel succès de leur instrumentalisation du Fn, votez pour que la démocratie ne soit pas une bouteille vide, votez pour que la raison et le coeur remplacent les calculettes (déficientes) et les porte-feuilles, votez Front de Gauche !
Il y avait hier, 60000 personnes sous le hall numéro 1 du parc des expositions de Paris, porte de Versailles, dont votre serviteur. Enormément de jeunes s'étaient déplacés. Ils sont les prochaines décennies de notre pays, son dynamisme futur, sa fierté. Nous étions tous réunis dans le désir d'être libre de notre choix, de notre vote, de nos espoirs et de nos colères, de nos projets. Nous étions tous convaincus que la peur ne doit pas guider la main qui met le bulletin dans l'urne. Nous étions tous conscient d'offrir notre bras à l'Histoire.
La peur n'a rien de rationnel, la peur est la marque des esclaves. Nous sommes des femmes et des hommes libres. Pour que cette liberté ne soit plus l'otage d'un chantage de ceux qui veulent gouverner nos esprits, mettons le Fn à sa vraie place, tout au fond des égoûts. Le Vote utile, c'est le vote Front de Gauche !
Prenez le temps, s'il vous plait, d'écouter en intégralité le discours tenu hier à la dernière grande réunion avant le premier tour :
14:57 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : jean-luc mélenchon, front de gauche, présidentielles 2012, media, pierre carles
18.04.2012
Résistez !
15.04.2012
Une semaine pour ouvrir le champ des possibles
Plus que sept jours avant le premier tour des élections présidentielles.
Notre candidat a une nouvelle fois réussi son pari de réunir une assemblée géante de plus de 100000 personnes, à Marseille cette fois-ci. C'est la troisième fois qu'une telle réunion a lieu, quand les deux candidats de l'orthodoxie parviennent péniblement à réunir une seule fois autant de spectateurs, dans la capitale, dont un bon nombre payés pour y être.
Jean-Luc Mélenchon y a fait un discours tout simplement impressionnant d'humanité, de lucidité, riche en perspectives, en espoirs réalistes, espoirs que certains ont intérêt à ne pas voir se matérialiser, les financiers en premier lieu, et tous ceux qui leur sont inféodés plus ou moins consciemment, ce qu'on appelle les élites, les faiseurs d'opinions qui viennent comme Franz-Olivier Giszbert à l'émission des paroles et des actes jeudi dernier et se permettre comme des petits marquis de cours convaincus de leur impunité, d'indiquer aux citoyens ce qu'il faut voter et ne pas voter. Il est temps de leur rappeler que le suffrage universel ne saurait tolérer l'étranglement du choix !
En tout état de cause, je ne peux que vous conseiller de prendre une heure pour écouter le discours de Marseille, qui plus est si , soit vous ne connaissez pas bien la philosophie politique qui anime le Front de Gauche, soit que vous ayez des a priori ou soyez hésitants :
J.-L. Mélenchon - Discours de Marseille par lepartidegauche
Pour rappel, dans le programme économique du Front de Gauche il y a :
Le smic à 1700 euros. Notez bien que cette hausse du salaire minimum qui aura des répercussions sur tous les autres salaires par effet d'entrainement sera compensée dans les petites et très petites entreprises par un transfert de la charge fiscale vers les grandes structures qui, paradoxalement, payent aujourd'hui moins d'impôts que les petites. En clair, l'impôt sur les sociétés sera diminué pour les PME, alors qu'il augmentera pour les grosses entreprises. L'effet de cette hausse sera de doper la consommation et donc l'activité, avec une répercussion sur l'économie locale par la mise en place d'un protectionnisme intelligent et négocié avec les pays à bas coût.
Le nivellement des hauts revenus, qui ne pourront dépasser 20 fois la valeur des plus bas. C'est une mesure de partage des richesses afin là aussi de libérer de l'argent pour irriguer l'économie, consommation, redirection des bénfices vers les investissement plutôt que la rémunération des actionnaires.
La lutte contre la finance qui vampirise l'économie : ouverture immédiate de négociations pour changer les statuts de la BCE afin qu'elle prête directement aux états, ce qui aurait pour effet de court-circuiter le secteur financer et échapper au chantage sur la dette, en même temps que de nous faire économiser la charge des intérêts qui est à l'origine de son creusement. Il sera ensuite plus facile de s'attaquer à la spéculation : interdiction des ventes à découvert, taxes sur les flux financiers, remise en place d'un contrôle des capitaux pour assécher les paradis fiscaux et l'évasion fiscale.
La restauration des services publics durement touchés par la révision générale des politiques publiques qui l'ont totalement désorganisé et en ont entravé l'efficacité. EDF sera par exemple, de nouveau la propriété de tous et ses activités illégitimes à l'étranger feront l'objet de revente qui permettront de financer la nationalisation et les investissement nécessaires, notamment pour assurer la sécurité mise à mal par un management de la rentabilité dans les centrales nucléaires, en attendant le referendum qui permettra de discuter de la sortie de cette énergie.
Le programme économique du Front de gauche est parfaitement chiffré et réalisable. Les recettes prévues sont même exédentaires de 70 milliards d'euros, ce qui met à l'abri de fluctuations de conjoncture non prévues ou d'efficacité moindre qu'escomptées des mesures de relance.
Il y a bien entendu bien d'autres raisons de voter pour Jean-Luc Mélenchon le 22 avril car le projet porté par le Front de Gauche est le plus ambitieux et surtout le seul réellement capable de changer une situation à bien des égards dramatique. Vous avez quelques jours encore pour réfléchir et faire le bon choix, celui d'une société libérée de la compétition de tous les instants de tous contre chacun, de l'inféodation à la finance et à une hégémonie américaine à bout de souffle. Il reste une semaine pour ouvrir le champ des possibles.
22:11 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : jean-luc mélenchon, front de gauche, présidentielles 2012, finance, smic à 1700 euros
10.04.2012
La signification de notre choix
Il reste deux semaines avant le premier tour des élections présidentielles. La dynamique de notre candidat est toujours excellente, après la nouvelle réussite de l'assemblée de Toulouse qui a réuni 70000 personnes. Le Front de Gauche s'affirme comme une force politique capable de gagner et comme celle qui, à gauche, a le meilleur potentiel pour l'emporter contre un adversaire de droite. Jean-Luc Mélenchon endosse donc la stature présidentielle, bien qu'il ne soit là que pour permettre l'édification d'une nouvelle constitution. Celle-ci permettra de redéfinir la vie politique en vue d'une moins grande concentration des pouvoirs, d'un retour à la souveraineté citoyenne. C'est à ce titre qu'il se pose en rassembleur, non seulement de toute la gauche, par les valeurs de solidarité et de partage que le programme, l'Humain d'abord, met en avant, mais aussi une bonne partie de la droite, en réaffirmant la pertinence de notre modèle historique, la portée universaliste de sa philosophie, le caractère profondément non aligné de notre tradition géo-politique, tout ce qu'ont bradé les élus de l'Ump depuis qu'ils sont au pouvoir, avec malheureusement, la complicité pas toujours passive des socio-démocrates.
Ce billet a pour objet de souligner en quoi le projet du Front de Gauche peut permettre un véritable changement, en s'attachant à montrer que la clé en est le retour de la souveraineté citoyenne. La lutte contre la finance en constitue la première étape, indispensable.
Le secteur financier est une véritable hydre omnipotente qui non seulement, aspire le suc vital de l'économie, mais nous prive désormais de notre possibilité de choisir les politiques que nous voulons mettre en oeuvre (voir tous mes précédent billets sur la crise). Il s'agit bel et bien de combattre pour le maintien de la démocratie. Or si, parfois du bout des lèvres, les formations politiques dites de premier plan, Ump et Ps, ont admis qu'il y avait un problème avec la finance, quelle est réellement leur volonté d'en découdre ?
Dans mon précédent billet, j'évoque la future attaque des marchés financiers contre notre pays. Ce n'est pas une prophétie illuminée. The Economist, célèbre journal économique ultra-libéral, porte-parole officiel du monde de l'argent, a sommé la France de se réveiller et de s'adapter, sous peine d'y être contrainte par certains évènements. C'est une menace à peine voilée quand on sait qui parle à travers les pages de cet hebdomadaire britannique. Il est donc à peu près certain que dès l'élection du prochain président, quel qu'il soit, je dis bien quel qu'il soit, la finance fera automatiquement monter la pression, en spéculant sur la dette, pour bien signifier au nouveau vassal qu'il ne doit pas sortir d'un chemin bien identifié, à savoir la privatisation de tout ce qui constituait le périmètre de l'Etat, dans sa dimension sociale, mais parfois aussi régalienne.
Face à ce danger, nous savons tous que le "champion" de l'Ump n'aura pas d'états d'âme. Il partage l'idéologie qui a cours a Wall Steet et à la City de Londres. Il réaffirmera son allégeance, celle qu'il n'a jamais mise en cause durant les cinq ans de son mandat, avec l'efficacité économique catastrophique que nous avons pu constater, bilan calamiteux qui, avec la conjonction de la crise, aurait pu être dramatique, si les restes de notre modèle social et protecteur n'avait pondéré la dépression que nous avons connue, et qui est toujours l'état économique du monde à l'heure où je parle.
Le représentant du Ps lui, n'a pas embrassé totalement les dogmes néolibéraux, mais ils les acceptés depuis longtemps. Au nom des traités européens auxquels sa fidélité s'attache en priorité, (c'est un des tenants du oui au TCE ne l'oublions pas), il nous dira qu'il n'y a pas d'autres choix que de réduire les dépenses pour rassurer les marchés et se conformer au dernier traité budgétaire voté par la majorité, avec le concours passif d'une majeure partie du Ps, qui s'est abstenu. La seule égratignure à l'orthodoxie qu'il concède dans son programme, c'est de négocier l'ajout d'un protocole non contraignant ciblant la relance, dans le dit dernier traité, celui qui conditionne l'aide du mécanisme d'aide financière, le MES, à l'inscription de la "règle d'or" budgétaire, c'est à dire à la réduction dans un domaine stratégique, de la souveraineté citoyenne. Cela sans débat d'aucune sorte, je ne parle même pas d'un referendum...
Or que signifie aujourd'hui réduire les dépenses et quelles conséquences peut on observer dans les pays où, sous le joug de la Troïka (Commission européenne, FMI, BCE), ces politiques d'austérité sont appliquées ?
Cela entraine des coupes dans les budgets nationaux : moins de services publics, moins d'aide aux plus démunis etc..., cela veut dire réduction des salaires, "assouplissement" du droit du travail, au nom de la nécessaire compétitivité, privatisation et libération des énergies, c'est à dire offrir sur un plateau les infrastructures financées par l'Etat aux appétits des spéculateurs d'un côté, ne plus permettre les rapports de force collectifs dans le monde du travail, pour pressurer les salariés et leurs revenus, de l'autre.
Le résultat est édifiant. La Grèce a vu son PIB chuter de plus de 15% depuis que la saignée est pratiquée. Or, comme tout bon médecin du 17éme vous l'aurait dit, si la saignée ne donne pas de résultats positifs, alors c'est qu'il faut en refaire une. Mais la tendance est la même au Portugal, en Espagne, en Irlande. Partout l'austérité réduit l'activité, donc les rentrées fiscales, donc augmente la dette, que les marchés veulent voir réduite, ce qui entraine de nouveaux plans de rigueur, qui dépriment l'économie etc... Bienvenue chez Ubu roi !
Comme il y aura bien un petit malin pour me lire, il m'objectera que l'Allemagne elle s'en est sortie en choisissant ce modèle. C'est vrai, selon un point de vue qui est celui des exportations et de l'excédent commercial, mais cela a des contre-parties très graves.
La stratégie qu'a employée les gouvernements depuis Schroeder, un "socialiste", c'est celui de la désinflation compétitive, la réduction des coûts. Le moyen : réduction des salaires et précarisation du travail, mais aussi et surtout, appui sur la consommation des pays partenaires, en grande majorité les membres de l'Union, qui, par leur déficit budgétaire et commercial, fournissent les consommateurs pour les produits allemands.
Ce système ne peut donc fonctionner que si un seul pays l'utilise et encore son efficacité est limitée dans le temps car il aggrave la dette, aussi bien privée que publique des autres états. Il en a résulté une composante de la grande crise mondiale qui a éclaté en 2007, celle qui a été appelée crise des dettes souveraines (délicieux oxymore comme savent en créer les néolibs). Non seulement le modèle allemand ne peut être étendu sous peine de se voir invalider, car si tout le monde réduit les salaires et la dette en même temps, plus personne ne peut acheter et tout se casse la figure, mais de plus, il a été un ferment de la crise de l'Union qui a mis l'euro en grand danger de disparition, danger qui n'est toujours pas écarté pour l'heure.
Par ailleurs, il a entrainé un des reculs sociaux les plus rapides des pays développés, comme le souligne le dernier rapport OCDE Croissance et inégalités de 2011, qui observe que les inégalités y ont fortement augmentées, à plus grande vitesse que dans le reste des pays occidentaux. Les 20% de travailleurs pauvres, le taux quasiment deux fois plus élevé qu'en France de temps partiels sont là pour en témoigner.
Voilà donc ce qui nous attend, si nous choisissons un des deux candidats de l'orthodoxie. La prise de pouvoir définitive de la finance, l'accélération de la crise économique, avec je ne sais quelle catastrophe à la clé.
Le Front de Gauche lui a choisi de résister. Il y a des moyens pour le faire. Pour autant, il ne faut pas s'imaginer une sinécure. Il y aura une lutte acharnée et des secousses sévères. Mais c'est le prix de l'insoummission et de la liberté, c'est le coût de l'émancipation et de la souveraineté. Nous ne serons pas seuls. Nous pouvons compter sur les populations étranglées par cette oligarchie qui ne dit pas son nom. Elles sont à la recherche d'un espoir, d'un levier. Nous pouvons donner le signal de l'insurrection contre le secteur financier.
Quelle peut donc être la réponse d'un gouvernement qui s'opposerait au chantage des puissances de l'argent ? En premier la banque centrale. En retrouvant la possibilité d'emprunter auprès d'elle à très bas coût, 1% au plus, ce que font aujourd'hui les institutions privées sans pour autant financer l'économie réelle, nous court-circuitons les marchés qui font pression sur la dette en faisant monter les taux d'intérêt, la renchérissant d'autant et pesant ainsi pour que soient mise en place les "bonnes " réformes.
Le souci, c'est que les traités européens l'interdisent. Il faudra donc rapidement en discuter avec nos partenaires en liant de nouvelles alliances. Le but est d'assouplir la position allemande. Nos voisins germaniques sont en effet assez chatouilleux sur les politiques monétaitres, en raisons de traumatismes historiques qu'ils n'ont pas réussi à dépasser. Je ne vais pas rentrer dans les détails car ce billet va sinon être interminable. Il faudra de toutes façons que la banque centrale change de statut.
Pour le moment , la France, qui est tout de même la deuxième économie de la zone, s'est gentiment ralliée aux injonctions de Merkel. On peut envisager une nouvelle façon de procéder, sachant que si la France claque la porte et soit désobéit aux traités, soit quitte purement et simplement la zone euro, l'Allemagne sera en difficulté (les interdépendances jouent des deux côtés), malgré sa relative arrogance actuelle. Il est également de son intérêt que notre pays puisse avoir ses contreparties, sachant qu'à terme, c'est une véritable résolution de la crise que porte le programme du Front de Gauche. Il n'y a en effet pas d'autres solutions que de mettre au pas la finance si on veut en sortir par le haut et pouvoir discuter avec les autres puissances mondiales d'un nouveau système monétaire qui rétablisse un équilibre mis à mal par l'hégémonie du dollar.
Une autre possibilité est d'emprunter de force, comme il est possible, aux banques françaises qui iront elle-même se refinancer auprès de la BCE au même taux. L'institution de Francfort a déjà renié l'essence des traités en les contournant pour prêter plus de 1000 milliards d'euros aux banques, avec pour objet de les sauver une nouvelle fois de la faillite et leur permettre de continuer d'acheter des obligations d'état, c'est à dire de financer la dette, à des taux là, très sympathiques, parfois cinq à six fois supérieurs à celui auquels elle se servent à la BCE. C'était ça ou la disparition de la zone euro.
L'air de rien, c'était déjà une victoire des idées alternatives, celles que les nonistes de gauche émettent depuis près de sept ans maintenant. Tout cela a bien entendu été maquillé, mais les observateurs ne s'y sont pas trompés. En résumé donc, la BCE n'aura pas le choix que de prêter aux banques françaises qui viendront y pleurer après le vilain traitement que l'Etat français leur aura fait, c'est à dire les forcer à faire ce qu'elle devrait faire tout le temps : financer l'économie réelle et non pas la spéculation. Si elle ne le fait pas, le secteur financier s'effondre, l'euro disparaît...Chiche ?
Il faut rappeler que les traités ont déjà été violés, notamment quand la France et l'Allemagne (hé oui quand ça l'arrange) avec d'autres pays, se sont tranquillement assis sur les critères de Maastricht, gravés pourtant dans le marbre. Je n'ai pas souvenir que la Terre ait tremblé à ce moment là... En outre, en Amérique du Sud, il y a des exemples d'états qui, après avoir subi l'autorité destructrice du FMI, se sont libérés du carcan financier. L'argentine est là pour en témoigner. Certes, il y eut des secousses au début, mais depuis le redressement est spectaculaire surtout par opposition à la situation qu'avait entrainé les directives néolibérales du FMI.
Voilà pour ce point qui me paraît crucial car il est au coeur du programme du Front de Gauche. Nous pouvons résister à la finance et nous DEVONS le faire pour sauver l'économie et nos modèles sociaux. Personne d'autres que le Front de Gauche ne le propose dans ces termes.
Dans un second temps et toujours sur le thème de la souveraineté citoyenne, c'est à dire le pouvoir pour l'électeur de choisir réellement quelle politique il veut mener, quelle qu'elle soit et quel que soit son degré de pertinence par la suite, j'aimerais évoquer une nouvelle fois le positionnement de Jean-Luc Mélenchon, qui se pose clairement en rassembleur du non au TCE en 2005.
Le piétinement de ce vote par nos dirigeants est resté dans toutes les mémoires et témoigne de façon presque caricaturale du contournement de la volonté populaire qui se généralise depuis une dizaine d'années. Puisque j'évoque le combat de cette campagne refendaire, je ne peux également manquer de la relier avec l'actuelle attitude de la presse envers notre candidat, tout bonnement révoltante par sa capacité à occulter, la détourner de son sens, ridiculiser le programme et ses sympathisants etc...
On voit bien là le parallèle avec 2005 car non seulement à l'époque les media n'avaient eu d'attention que pour le Oui, mettant une nouvelle fois la déontologie au placard, mais qui plus est, ils n'ont jamais encaissé leur défaite cinglante et la mobilisation des nonistes qui l'avait entrainé. Quoi de moins étonnant alors, qu'ils renouvellent le traitement journalistique totalement orienté qui avait prévalu il y a sept ans, lorsqu'on se rend compte que c'est bien le camp du Non, celui du refus de la confiscation de la politique, celui de la défense d'un modèle social protecteur dissout par les injonctions libérales gravées dans les traitées, celui d'une Europe différente au sein de laquelle l'influence française ne serait plus ringardisée par ses propres représentants, qu'ils doivent de nouveau affronter.
Voici un article d'Acrimed sur le traitement médiatique de la campagne du Front de Gauche :
Jusqu'à quand permettrons nous donc que des faiseurs d'opinion qui se veulent pluralistes mais défendent mordicus une restriction du choix démocratique à deux possibilités qui sont juste deux nuances différentes de la même couleur, décident de qui est légitime à recevoir notre voix ? L'élection au suffrage universel sous-tend l'égalité de tous les citoyens et la liberté inaliénable de leur choix, elle implique la reconnaissance de leur responsabilité. Nous ne sommes pas des enfants, pas plus que des chiens à qui on indique là où il convient de faire. Voter pour Jean-Luc Mélenchon, c'est aussi réaffirmer pleinement ce droit à décider de la politique que nous voulons mener, le droit à l'assumer, y compris si elle ne se révèle pas positive à l'usage. La véritable alternance démocratique est là pour précisément corriger des décisions électorales a postériori erronées.
Enfin, et dans le même esprit de libérer à nouveau la politique du carcan dans lequel l'ont mis la libéralisation de la finance, le projet du Front de Gauche propose de redéfinir nos institutions et d'oeuvrer pour que celles de l'Union soient véritablement démocratiques.
Chacun de nous pourra participer au chantier enthousiasmant d'une nouvelle constitution qui ouvrira l'ère de la sixième république avec l'objectif affiché d'en finir avec la concentration des pouvoirs, le carriérisme, le cumul des mandats. Nous les citoyens, nous ne devons plus nous contenter de donner des mandats. Nous devons aussi les assumer. C'est en cela que nous devons prendre le pouvoir comme en a fait son slogan le Front de Gauche. Telle est la signification de notre choix.
Quelques liens :
Le discours prononcé à Limoges, peut-être le meilleur à ce jour. Il contient toute l'essence du programme et la vision de la société centré sur l'humain et son environnement :
Une conférence sur la géopolitique, la politique extérieure, selon une approche souverainiste et alter-mondialiste. Sans doute l'exposé le plus lucide et fin que j'ai entendu sur la question. De quoi confirmer les aptitudes de Jean-Luc Mélenchon à diriger ce pays, au moins temporairement, car il a bien stipulé qu'une fois le chantier constitutionnel effectué, il rendrait les clés :
Un témoignage d'un cadre qui votera Front de Gauche :
http://leplus.nouvelobs.com/contribution/521016-ancien-li...
L'excellente intervention de Jean-Luc Mélenchon à la matinale de France-Inter ce matin :
23:50 Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : présidentielles 2012, front de gauche, finance, jean-luc mélenchon
07.04.2012
Résistance !
Dès le 7 mai, quel que soit le candidat élu, la finance va attaquer notre pays. Tout simplement parce qu'il est encore un verrou à l'établissement définitif des politiques néolibérales en faveur des spéculateurs et des actionnaires, qui sont les mêmes. Nos adversaires ne devront donc pas attendre un instant avant de prendre à la gorge le nouveau gouvernement. Si le président sortant est réélu, il ira au devant des financiers pour leur dire qu'ils ont raison et que la France va s'adapter. Si son concurrent du Ps est élu, il viendra au devant de nous pour nous dire, qu'au nom des réalités et des traités européens, il faut s'adapter. Le scenario est connu : c'est celui de l'austérité et de la plongée de l'économie, comme en Grèce, en Espagne, au Portugal, en Irlande. Si la deuxième économie européenne chute, l'Allemagne n'y résistera pas non plus, elle qui a financé ses exportations par la désinflation compétitive (baisse des salaires et précarisation de l'emploi depuis dix ans) et les déficits commerciaux de ses partenaires. Ses exportations dégringoleront donc à la mesure des 60% des échanges qu'elle réalise avec les membres de l'Union. La spirale funeste sera lancée.
Quelques autres, Jean-Luc Mélenchon le premier, diront aux financiers que nous ne nous rendrons pas. Ce sera un dur combat, mais nous ne serons pas seuls car les peuples européens au contraire de leurs dirigeants, ont assez de l'absurdité de ces politiques qui ne profitent qu'aux rentiers, au détriment des salariés, des petits patrons, des artisans sans parler de la foule de plus en plus nombreuse des marginalisés. L'objet aujourd'hui, c'est de renverser définitivement ce modèle en crise terminale mais dont on essaie néanmoins de nous imposer le cadavre en putréfaction afin d'empoisonner toute velléité d'émancipation.
Ce qu'il nous faut faire désormais est simple : résister ! Ce qu'il nous faut sauver est essentiel : la Démocratie ! Nous sommes le nombre, nous sommes le Peuple, nous sommes la République, nous sommes la Victoire !
14:41 Publié dans Politique, Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : présidentielles 2012, front de gauche, jean-luc mélenchon, finance
21.03.2012
Nous prendrons le pouvoir !
Nous entrons désormais dans la dernière ligne droite de l'élection présidentielle. Le sprint est lancé et celui qui semble avoir la meilleure pointe de vitesse, c'est bien entendu le candidat du Front de Gauche, Jean-Luc Mélenchon, porté par la réussite d'une réunion à la Bastille qui a réuni plus de 100000 personnes. Ce succès a d'ailleurs contraint le candidat à abréger son discours pour ne pas engorger plus que de raison, avec les problèmes de sécurité que cela posait, les boulevards rayonnant de la Bastille.
Cet évènement préfigure l'insurrection citoyenne que nous appelons désormais de nos voeux, nous qui pensons qu'il est temps d'en finir avec un système politique sclérosé, qui a légitimé et installé des politiques économiques responsables de la crise que nous vivons. Il est temps désormais, dans nos sociétés, de penser l'humain d'abord !
La dynamique est désormais bien installée et ce n'est pas le drame horrible qui a secoué la France entière en touchant notamment des enfants de la République, qui la fera dévier, n'en déplaise à tous ceux qui ont déjà commencé l'entreprise de récupération, afin d'aviver un peu plus la haine sans laquelle ils n'existeraient pas politiquement.
Précisément, le projet du Front de Gauche , c'est le vivre-ensemble. Il nous faut pour l'assurer dans la sérénité et la prospérité, d'abord retrouver la souveraineté citoyenne, qui nous a été confisquée, parfois avec notre complicité, parfois à notre corps défendant comme après le vote non au TCE en 2005. En tant que citoyens, nous avons le droit de décider quelle politique nous voulons voir appliquer, dans le respect de chacun. Ce droit nous est dénié aujourd'hui, la dernière atteinte étant celle de l'inscription de la "règle d'or" budgétaire dans les constitutions nationales, règle qui soustrait en fait la gestion de l'argent public aux décisions du peuple, règle directement dictée par les marchés financiers, pourtant directement à l'origine de l'explosion des dettes (voir mes précédents billets sur la question) et par nos représentants politiques qui en partage l'idéologie.
C'est pourquoi, il est nécessaire de changer nos institutions, pour en finir avec les pratiques de confiscation du pouvoir, devenues au fil du temps insupportables. Nous devons définir de nouvelles institutions, à la fois au niveau national comme à l'échelle européenne. Le besoin s'en fait cruellement sentir et pourquoi ne pas compter cette fois ci, sur un effet d'entrainement qui pourrait faire de l'Europe, enfin, un réel espace démocratique où le choix des citoyens pourrait être respecté et surtout possible. A cette fin, le Front de Gauche propose de convoquer une assemblée constituante, qui aboutira à la naissance d'une sixième république. Elle aura pour objet d'assurer les droits fondamentaux pour tous : l'accès à l'eau et à l'énergie, devenues propriété commune, la préservation des écosystèmes, notamment en inscrivant la règle verte, celle de la protection durable de notre environnement, plutôt que celle dite d'or, celle du court terme et du profit de quelques uns au détriment de tous les autres. La restructuration nécessaire du secteur financier dont la libéralisation aussi bien par les gauches que les droites de gouvernement dans tous les pays occidentaux depuis le milieux des années 70 a conduit à la conjoncture économique dramatique que nous connaissons, sera également réalisée. Elle permettra de juguler la spéculation et de ramener le crédit au rôle qui doit être le sien, à savoir l'essence nécessaire au moteur de l'économie, dans une optique d'investissement responsable, au service de l'innovation et du progrès humain. Pour en savoir plus, écoutez le discours tenu par Jean-Luc Mélenchon dimanche dernier à la Bastille devant plus de 100000 personnes.
Le serment du Jeu de Paume / Jacques Louis David
Il faut désormais se convaincre que ce programme et le candidat qui le porte et qui en cas de victoire s'effacera une fois les nouvelles institutions élaborées, sont clairement en position de gagner ces élections. A gauche, le Ps va payer sa stratégie du rien et perdre petit à petit le capital bien fragile du vote anti présidentactuelliste. Il va notamment souffrir de la comparaison avec le Front de gauche, qui propose un vrai projet sociétal quand les caciques socio-démocrates n'ont toujours rien de mieux que l'accompagnement à l'adaptation au néolibéralisme à proposer. La crise ne leur a rien appris. Quand François Hollande déclare que la finance est l'ennemie, il part le lendemanin rassurer les traders de la City de Londres. Quand il propose, aiguillonné à sa gauche, de taxer les hauts revenus à 75 %, mesure bien incomplète si on la rapporte à la remise à plat de l'impôt sur le revenu préconisé par le Front de Gauche, il s'empresse ensuite de déclarer qu'il n'a rien contre les riches. Aucune direction, aucune conviction, aucune perspective...
Oui, il va bientôt apparaître que le meilleur candidat pour battre le "champion" de l'UMP, c'est Jean-Luc Mélenchon. Le vote utile à gauche, c'est celui qui peut réellement faire bouger les choses. Et pour ceux qui douteraient de la possibilité pour le Front de Gauche de gagner un deuxième tour de l'élection présidentielle, je soulignerais une nouvelle fois la consistance du programme, sa cohérence et l'impressionnante maîtrise rhétorique de celui qui porte aujourd'hui ses idées, quand en face on ne peut présenter qu'un bilan catastrophique, afficher un catalogue hétéroclite de verroterie pour gogos, une ribambelles de promesses corporatistes qui ne seront jamais tenues (sauf pour les plus aisés comme la première fois). Il n'a pour le moment aucun rival dans l'exercice, primordial, du débat politique. Je ne doute pas une seconde, malgré la roublardise et l'énergie du président actuel, qu'il aurait le dessus en cas de duel d'entre deux tour. Enfin, il fait revenir de nombreuses personnes qui s'étaient éloignées de la politique et réfugiées dans l'abstention, ce qui constitue un vivier délaissé et considérable. La victoire n'est plus inaccessible pour une gauche assumée.
Parce qu'au bout du printemps il y a...
Forts de cette dynamique et des nouvelles réunions festives et militantes qui auront lieu en Avril à Toulouse, le 5 et à Marseille le 14 (Jean-Claude Gaudin, sans doute effrayé par la montée en puissance inexorable du Front de Gauche a décidée de ne pas accorder l'autorisation pour cet évènement, sous un prétexte bidon, qui ne traduit que la peur et la mesquinerie. Mais des solutions alternatives sont déjà prévues en cas d'entêtement du maire de la ville), forts de cette dynamique disais-je, nous les citoyens de France, au soir du 6 mai, nous prendrons le pouvoir !
...le temps des cerises !
22:54 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : front de gauche, jean-luc mélenchon, élections présidentielles 2012
04.03.2012
Prendre parti
Nous voilà à moins de deux mois désormais d'une échéance électorale très importante en France. Ces présidentielles ne devraient pas pouvoir être isolées du contexte mondial, notamment économique bien entendu, puisque la crise se poursuit, selon les modalités que j'avais évoquée dans mes précédents billets sur la question.
Nous vivons certes en ce moment une légère acalmie sur le front des dettes souveraines (en réalité tout sauf souveraines mais bon), pause qui doit tout à l'intervention tardive mais cette fois-ci dans les grandes largeurs, de la BCE. La banque centrale européenne s'est en effet décidé à lancer une quasi création monétaire, à l'opposé de ses beaux principes, tout en restant en façade dans les draps immaculée de la rigueur orthodoxe. C'est donc près de 1000 millards d'euros de liquidités qui ont été avalées par les banques, en deux opérations de refinancement à trois ans, dont l'objectif principal était de faire baisser la pression sur les taux d'intérêts de la dette des états, quasiment insoutenable depuis la fin de 2011 en Italie, en Espagne, au Portugal et dans certains autres pays, sans compter la Grèce, depuis longtemps incapable de se financer sur les marchés et sans solution alternative puisque les traités européens interdisent aux banques centrales de financer directement les états.
C'est pourtant cette impossibilité que, contrainte et forcée, pour sauver l'euro, la BCE a contourné en abreuvant le secteur financier d'euros, tout en lui conseillant d'acheter des obligations, mais sans pour autan avoir les moyens de l'y obliger. Les banques se sont fait tirer l'oreille, préférant souvent mettre en dépôt les sommes prêtées à 1% (quasiment données) par la BCE, auprès de la BCE elle-même, à des taux ridicules (0,25%) signe d'une totale absence de confiance dans la stabilité du système financier. Elles ont aussi profité de ces facilités pour faire rouler leurs propres dettes et continuer par ailleurs, à spéculer, puisque rien n'a été fait pour restreindre les possibilités dans ce domaine. Mais vu l'énormité des sommes engagées par la banque centrale européenne, le marché des dettes souveraines s'est tout de même détendu courant décembre, descendant légèrement sous les 5% pour les deux grands pays méditerranéens, tandis que le Portugal lui, miné par la récession et probable candidat à la succession de la Grèce est toujours lui, soumis aux attaques des financiers. Cela montre bien, s'il en était besoin, que le calme est très fragile et provisoire, tant la situation des deux pays de la péninsule ibérique est délicate (près de 25 % de chômage en Espagne)
En parallèle, l'Union européenne s'enferme dans sa stratégie de l'austérité et de la rustine institutionnelle, qui sans le soutien in extremis de la BCE aurait viré à une implosion certaine. Quoiqu'il en soit cette politique a des conséquences pour le moins fâcheuses et inquiétantes pour l'avenir.
D'une part, la pression mise sur la Grèce en matière de désentettement sauvage produit des résultats catastrophiques : le PIB a ainsi chuté de plus de 7% au dernier trimestre 2011 (sur un an) et de près de 15% au total depuis le début de la saignée, qu'un médecin du 17ème siècle n'aurait pas reniée. Il se produit là l'effet habituel de l'austérité, qui réduit l'activité et donc les ressources fiscales et donc l'endettement, ce qui donne prétexte à la troïka en charge du dossier grec (Union européenne, FMI et BCE) pour réclamer plus d'effort de réduction de déficit. Le cercle vicieux dans toute sa splendeur. On attendra sans doute longtemps que ce triumvirat sans légitimité démocratique s'attaque avec la même fermeté aux évidentes faiblesses de l'état grec et notamment son impossibilité à recouvrer l'impôt que lui doivent certaines catégories privilégiées comme les armateurs ou le clergé orthodoxe (tiens lui aussi)
Il y a dans la situation grecque, à la fois la matérialisation de ce que les nonistes de gauche redoutaient au moment de leur contestation du TCE et la préfiguration de ce que sera bientôt l'Union si on laisse cette évolution se dérouler sans entraves. Non seulement les préceptes économiques des élites actuelles sont ineptes et prouvent leur toxicité, ce depuis 30 ans mais avec une irréfutabilité d'airain depuis le déclenchement de la crise en 2007, mais également, l'obstination des représentants politiques unis dans leur néolibéralisme nous entraine vers une mis à bas de la démocratie. POur preuve, on soulignera les propos outrés suite à la proposition de referendum de Papandreou en Grèce, les évocations à peine feutrées de la gêne ou de l'agacement vis à vis des élections législatives d'avril dans ce même pays, ou encore et bien évidemment, les mécanismes de contrôle budgétaire interdisant les déficits, ce qui soustrait de la souveraineté des citoyens ce levier essentiel de la politique, le tout sans qu'ils n'aient été aucunement consultés.
Sur le sujet, la position de Jean-Luc mélenchon :
http://www.jean-luc-melenchon.fr/brochures/tribune-libe-1...
Si on ajoute à ce tableau sombre mais malheureusement très factuel, les tensions entre pays, nés de la crise de la dette, mais plus globalement de la mise en compétition des pays membres entre eux, la détresse sociale qui progresse partout, même si elle se concentre surtout en Grèce et en Espagne pour le moment, la montée en corollaire de l'extrême-droite partout en Europe (voire Orban en Hongrie, mais la France est particulièrement bien placée dans le domaine), les frictions géo-stratégiques au moyen-orient, le déclin économique des Etats-Unis toujours aussi mal en point, tout est réuni pour déboucher sur un épisode particulièrement pénible.
Dans ce contexte, que penser des élections présidentielles française ? Il est évident que le sort du monde ne dépend plus de la France depuis belle lurette. Mais d'une part, il faut bien commencer la lutte quelque part, d'autre part notre pays fait partie de l'Union et a encore un rôle majeur à y jouer , pour peu qu'il retrouve un peu d'allant et de confiance en lui-même, dans les valeurs universelles qui l'ont marqué. L'Union, elle, premier marché mondial, qu'on écouterait donc avec attention si elle parlait d'une voix forte, y compris et surtout, si elle développait une parole de rupture, de changement, l'Union donc, peut, elle, décider, du moins influer sensiblement sur le devenir de notre planète. Or, la France peut encore avoir un impact dans ce que peut-être l'Union, si elle décide d'adopter une attitude différente de celle qui est la sienne depuis trente ans.
Qui parmi les candidats, porte cette potentialité de changement ? Il n'y en a qu'un et c'est celui du front de gauche.
Il y a deux principales raisons à cela, c'est que dans son programme, d'une part, la compréhension de la crise entraine une volonté de réduire le secteur financier au rôle qu'il doit tenir, c'est à dire financer l'économie réelle, d'autre part rénover en profondeur la vie politique et la proposition de réunir une assemblée constituante est une initiative des plus cruciales, qui, dans le contexte actuel, pourrait créer une dynamique pourquoi pas similaire à celle qui a suivi les Etats généraux en 1789. Le système est moribond, il faut d'urgence penser à l'avenir et à une reconstruction du politique et partant, de l'économique qui lui est lié.
Je conseille à tous ceux qui, abreuvés de l'opinion mediatique autorisée, seraient sceptiques sur la qualité, à la fois du programme et du candidat du Front de gauche, de lire les billets de son blog, toujours très informatifs et d'une lucidité sans égale en comparaison des autres postulants à la présidence, les deux principaux les premiers, et d'écouter, voire de participer à ses meetings qui se révèlent à chaque fois, comme une rencontre politique d'où émane un discours de gauche, social, républicain et pédagogique qui n'avait pas été entendu depuis longtemps. A ce titre, il ne faut pas manquer celui qui se déroulera le 18 mars à la Bastille, dont le thème sera la démocratie et les institutions, thème d'actualité au moment où nos dirigeants étouffent la souveraineté citoyenne en se servant du paravent européen, pour mieux imposer un régime économique qui a fait les preuves de ses méfaits. Cette réunion pourrait bien marquer un tournant dans la campagne, par l'affluence qu'elle va entrainer et la force du discours qui y sera tenu.
La gravité de la situation est telle aujourd'hui que les expédients d'une alternance qui résulterait du vote utile, en réalité de la négation du choix électoral, apparaissent comme totalement sous-dimensionnés face à une crise de système, qui à moins d'un véritable changement de cap, nous mène droit dans le mur. Pour ma part , je choisis Jean-Luc Mélenchon, parce qu'il est temps que le pouvoir nous reviennent à nous les citoyens. L'heure est venue de solidement prendre parti !
19:35 Publié dans Politique, Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : crise, euro, bce, grèce, front de gauche, mélenchon, élections présidentielles, 2012
25.01.2012
Oh les filles !
J'ouvre une petite parenthèse musicale au milieu d'une actualité politique qui sera plus que jamais présente en 2012, pour vous faire part de mes découvertes récentes et plus précisément vous présenter quelques artistes féminines dont le talent mérite d'être reconnu.
Commençons par Mina Tindle, qui comme son nom l'indique, est une française bien de chez nous (quoiqu'ayant des origines espagnoles), même si elle a été voir ailleurs comme son style musical l'atteste, mélange de folk et de pop légères, que l'on retrouve tout au long des six chansons du maxi EP qu'elle vient de sortir, en attendant l'album qui devrait suivre bientôt. Pauline de Lassus, de son vrai nom, jeune femme à la beauté discrète, s'affirme tranquillement, en flemmarde, comme elle dit, comme une figure remarquable d'une scène française folk-pop, qui, si elle privilégie l'anglais, sans pour autant délaisser le français, s'avère bien plus musicale que sa devancière plus "chanson française" qui ne m'aura jamais accroché.
Mina nous offre donc de bien belles mélodies, enveloppées d'une voix claire légèrement acidulée, qui de petites joies en douces mélancolies, nous transportent vers quelques jardins secrets qu'ont déjà colonisés Feist, Laura Weirs ou Coco Rosie. Les chansons de la jeune artiste m'auront en tout cas immédiatement séduit, par cette simplicité sophistiquée dont l'alliage savamment composé et tourné, a la légèreté flottante d'un mobile tout en mettant en oeuvre mille petits ressorts parfois presqu'invisibles mais indispensable à l'harmonie qui se dégage de l'oeuvre.
Poursuivons par Maïa Vidal, toute aussi jeune et riche de son ascendance franco-hispano-germano-japonaise, de nationalité américaine et vivant à Barcelone. Avec God is my bike, nous plongeons dans un bouillon de cultures qui a bon petit goût d'univers enfantin et merveilleux et dont la touche Amélie Poulinesque se révèle aux intonations des instruments dont Tiersen avait usé pour la bande-originale du film devenu culte. Mais Maïa visite aussi avec son petit vélo les territoires de la pop et de la folk, sans se départir de la rondeur de son chant et de la finesse des arrangements, même quand la tonalité d'ensemble de la chanson est plus grave.
Difficile d'imaginer que cette jeune femme au visage poupin a démarré très jeune sa carrière en fondant un groupe de punk. Sa trajectoire l'a depuis bien éloignée des guitares rageuses pour la déposer sur des rivages musicaux bien plus arrondis et foisonnants, où, sur une plage d'accordéon fin, les oreilles sont doucement baignées par les vaguelettes sonores des instruments jouets et autres cuivres juvéniles. Les paroles quant à elles, naviguent sur des esquifs où l'on chante en anglais, mais également en français, au détour d'une chanson d'amour tourmentée notamment.
Au final, God is my bike est un album charmant, qui mérite largement le détour.
Enchainons avec ce qui n'est pas réellement une découverte, parce que je la connaissais depuis l'écoute des deux premiers albums de Zero 7, que je recommande chaudement pour tout amateur d'électro trip-hop, chill-out organique, j'ai nommé Sia.
Breathe me
On m'a offert Colour the small one , un album qui n'est déjà plus tout récent, puisqu'il date de 2004, époque à laquelle celle qui compose et interprète suivait en parallèle et en solo, un chemin très proche de celui de Zero 7, déroulant donc une musique calme et très arrangée tout en ne versant jamais dans l'artificiel. A déguster dans le lent balancement d'un hamac, bercé par le timbre un peu lymphatique de Sia...
Sweet potato
Il est désormais temps de s'installer dans une Buick décapotable et d'arpenter les grands espaces, cheveux au vent et regard au lointain, au son de Lindi Ortega, canadienne, mexicaine par son père et baignée dans la country par sa mère. C'est donc tout naturellement qu'elle nous propose ce genre musical, un chouïa modernisé même si tous les codes en sont respectés. C'est un album plus typé et parfois peut-être plus convenu que les précédents dont je vous ai parlé, mais il renferme cependant quelques pépites. La voix de Lindi est superbe, conforme aux canons de la country. Les arrangements sont forcément riches en guitares, acoutisques et rêches ou électriques et reverbérées, mais la traversée est ponctuée d'orgues et d'harmonicas qui débarquent parfois, sans prévenir, comme une chevauchée de peaux-rouges.
Le rouge est d'ailleurs la couleur de l'album, puisque la demoiselle ne sort pas sans ses petites bottes sanguines, qui ont donné son nom à l'album et à un de ses titres (little red boots) Elle dessine du carmin de son rouge à lèvres, des sourires tantôt mordants, tantôt enjôleurs, qui donnent leur caractère aux douze chansons de cet opus. Si les routes de l'Ouest américain son interminables, le temps passé avec Lindi Ortega lui, s'écoule plutôt rapidement, d'autant plus que si la country peut parfois paraître répétitive, nous n'avons, de ce côté de l'Atlantique, pas beaucoup l'habitude d'en écouter, ce qui en fait un petit plaisir exotique.
23:06 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : mina tindle, maïa vidal, sia, lindi ortega, little red boots, coulour the small one, god is my bike
30.12.2011
Pas trop mauvaise année !
L'exercice 2011 se termine avec un bilan sur le plan économique, politique et social désastreux et il faut être tombé étant petit, dans une plantation d'herbe prohibée, pour pouvoir être optimiste quant à celle qui vient. Il n'y a qu'à citer les derniers efforts en date s'acharnant à dissoudre l'Etat providence et plus généralement le modèle social protecteur qui avait été édifié en Europe au sortir de la deuxième guerre mondiale, pour que la besace pèse définitivement bien lourd sur l'épaule. Rien qu'en France pour les derniers jours de Décembre, la SNCF continue dans la logique de privatisation à nous faire détester le train (financièrement dans un premier temps, avant sans doute de craindre pour la sécurité une fois le traffic définitivement ouvert à la concurrence), le système de santé tombe par pans entiers comme les glaciers groenlandais (les mutuelles vont devenir un luxe, on incite les nouvelles mamans à passer le moins de temps possible à la maternité sous des prétextes variés qui n'arrivent pas à maquer le désir systématique de réduire les coûts, toujours au détriment des plus fragiles), le secteur financier continue de se gaver quasi gratuitement des liquidités déversées généreusement mais très hypocritement par la BCE, avec à la clé, un léger sursis pour l'Euro (monétisation indirecte et non assumée) mais des résultats sur l'économie réelle qu'il faudra, comme aux Etats-Unis, rechercher au microscope à balayage électronique, tandis que les Etats sont priés de réduire la voilure si drastiquement que la vrille est inéluctable.
La course est lancée : qui disparaîtra en premier des glaciers ou de l'Etat protecteur, victimes de la même logique finalement...
2012 est une année électorale en France et aux Etats-Unis. Mais il faut être là aussi shooté à la dopamine pour en espérer quoi que ce soit. A défaut d'espérance, il y a tout de même une éthique de la conviction à adopter en essayant le plus possible de travailler idéologiquement pour saper l'édification néolibérale qui atteint son apogée après trente ans de travail sur les esprits, au moment où les faits démentent pourtant catégoriquement son efficacité. Mais l'inertie des mentalités est ce qu'elle est. Le mythe de Cassandre est toujours d'actualité et il est pour le moins crispant et douloureux d'avoir raison trop tôt. Quand bien même, il faut continuer à montrer en quoi le modèle actuel s'avère être une impasse et proposer les alternatives. L'arène politique comme elle est structurée actuellement permet peu d'évolution, en tout cas sans doute pas suffisante pour faire virer suffisamment le grand paquebot de l'économie mondiale. Mais nous ne risquons strictement rien à essayer de peser sur les rapports de force du moment. C'est à ce titre que mon vote se portera très probablement sur la candidature de Jean-Luc Mélenchon dont j'encourage la lecture du blog (dans mes favoris) pour s'apercevoir que même si le projet, voir l'homme, ne sont pas parfaits, ils demeurent sans doute les plus pertinents et les plus équilibrés de l'offre pour la présidentielle 2012, loin en tout cas, des caricatures qu'en font souvent les media et ses adversaires, très loin de la fuite en avant qui sert de programme à la droite, de la coquille bien vide et inadaptée aux enjeux des socialistes et d'une grande partie des verts malheureusement (Eva Joly aurait bien davantage sa place au Front de Gauche)
Quoiqu'il en soit et qui plus est dans ce contexte bien difficile, je vous présente mes meilleurs voeux pour 2012, en vous souhaitant une pas trop mauvaise année !
P.S : l'Hiver, c'est quand tu veux pour arriver. Tu vas pas t'y mettre aussi !
Pas trop mauvaise annééééééééée !!!
18:05 Publié dans Politique, Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : voeux 2012, crise, banques
14.11.2011
Money time
La crise procède comme vous l'avez sans doute remarqué, d'un calendrier de plus en plus accéléré. Elle s'emballe, tout simplement, faute d'une prise de conscience réelle de nos dirigeants ou, pire, de leur volonté de ne pas accepter ce qui est pourtant désormais imparable : le chute de ce système.
Depuis déjà quelques années, votre serviteur, inspiré par ses lectures et ses propres réflexions mâtinées d'une intuition qui pour le moment ne l'a pas trompé, a dessiné l'alternative de notre époque comme suit :
-les décideurs ne se soumettent pas aux faits, préservent leur pouvoir et leurs intérêts coûte que coûte. Ils essaient de sauvegarder le système néolibéral en contournant, voire en supprimant la démocratie. Cela leur permet de faire porter tout le poids économique sur les classes populaires et moyennes, qui sont sommées de faire toujours plus de sacrifices, pour permettre aux rentiers de ne pas assumer le risque des placements financiers pour le moins aventureux qu'ils ont consentis. (les petits épargnants sont le noeud du problème, puisqu'ils servent de caution aux financiers pour se préserver, mais comme je l'ai déjà montré dans mes derniers billets sur la crise, c'est un argument qui peut aisément être démonté)
-la prise de conscience d'une fin de règne s'impose à une majorité et l'hétérodoxie économique est mise en oeuvre afin de sauver le monde d'une période potentiellement dramatique qui suivrait un chaos économique. Il suffirait pour cela de revenir sur certains dogmes, à savoir permettre à la banque centrale européenne de financer directement les états pour les soustraire au chantage du marché et remettre en place un contrôle des capitaux pour définitivement court-circuiter le secteur financier et permettre aux investissements d'alimenter l'économie réelle, avec à la clé une meilleure répartition des richesses. Cette solution se heurte bien entendu à l'opposition radicale de la finance, relayée par le gouvernement français pour ne citer que lui, qui défend les banques avec un acharnement qu'on aimerait lui voir quand il s'agit du service public. Elle bute également sur les idéologues monétaristes et ordo-libéraux, très représentés à l'échelle de l'Union et surtout de l'Allemagne, sourde à toute tentative de monétiser la dette (financement direct) et agitant le spectre de l'hyper-inflation de l'année 1923, qui a certes durablement marquée les esprits par sa violence bien réelle, mais sert aujourd'hui de subterfuge pour camper sur des positions pourtant intenables économiquement, y compris pour les intérêts allemands à moyen terme.
Si vous n'êtes pas aveugles ou de mauvaise foi, vous aurez conclu que c'est la première option qui a été choisie. Les derniers épisodes grecs et italiens en témoignent de façon presque caricaturale et transparente : il n'y a qu'une politique possible, demander aux citoyens leur avis est passible d'excommunication inflexible (même si le referendum grec était tout sauf dirigé vers les électeurs de la part de Papandreou), tout politique qui n'est plus en mesure de tenir la barre solidement est prié de déguerpir, on le remplace par un représentant quasi officiel du secteur financier favorable au "fédéralisme européen", c'est à dire en ce moment, à la prise de pouvoir des marchés (Papademos a été vice-président de la BCE et proche de Goldman Sachs, Monti est conseiller de la même méga-banque)
Certains vous diront que ces "experts" sont incorruptibles et valent bien mieux que les dirigeants qui viennent d'être exclus. On les trouve parmi les européistes les plus forcenés et bien entendu chez les néolibéraux qui ont toujours affiché leur défiance du politique et leur préférence vis à vis de la "gouvernance économique". Se passer de la consultation citoyenne est pour eux un signe de sagesse. Vous noterez qu'ils justifient la pertinence de leurx choix par les sondages qui montrent qu'une large majorité en Grèce comme en Italie, se réjouit du départ des anciens premiers ministres, ce qui vaut automatiquement soutien aux futures politiques d'austérité qui ne vont pas manquer d'être menées comme d'aggraver encore la situation (mais on ne change pas une méthode qui perd). Gourverner en s'appuyant sur les sondages, c'est une garantie démocratique, tout le monde en conviendra n'est ce pas ?
Cependant, au contraire d'un Jean Quatremer, taulier du blog Les coulisses de Bruxelles, partisan du recadrage technocratique, qui hésite entre ce genre de retour de flamme propagandiste et une lucidité épisodique quand il se range à l'idée que seule la BCE peut sauver l'euro en rachetant sans limite les dettes publiques, des voix de plus en plus nombreuses se font entendre pour dénoncer cette dérive autoritaire, au nom de l'Union, des marchés ou des deux à la fois. Ainsi, Jean-Pierre Jouyet, europhile s'il en est (président de l'autorité des marchés financiers et ex secrétaire d'Etat chargé des affaires européennes du gouvernement de François Fillon), vient de dénoncer récemment la "dictature de fait" de la finance, contre laquelle les citoyens finiront par se révolter.
Nous en sommes donc là aujourd'hui, dans une dérive très prévisible de la situation politique, quand les mesures préconisées pour solutionner la crise, elles, sont toujours les mêmes et d'une inefficacité catastrophique. La récession s'invite à nouveau, l'austérité agit de façon pro-cyclique en contractant l'activité, les revenus fiscaux et donc en augmentant encore l'endettement, les marchés, comme des vautours, dépècent la bête en exigeant d'elle qu'elle leur fournisse plus de viande. Quand Nosferatu constatera que l'aurore pointe, il s'apercevra trop tard que tout le sang aspirée à sa victime désormais défunte, n'a servi qu'à raccourcir sa vie de mort-vivant. Nous serons à ce moment là, tous sur le même bâteau, malheureusement...
Mais la période est encore aux sommets ultimes de la dernière chance qui ne se représentrera plus, dont on célèbre le néant décisionnel avec fastes pompes et moulinets de bras. Le FESF, fonds de solidarité est mort né, produit de vielles recettes financières (effet de levier, véhicule financier spécial) qui sont directement à l'origine de la crise. Il a de plus été fauché à la fois par les refus dogmatiques allemands et la future dégradation de la note française, qui ne permettra plus d'en faire un outil considéré fiable par le secteur financier. Ce dernier en aurait pourtant largement bénéficié mais il est pourtant directement à l'origine de cette fragilisation par ses attaques sur les dettes publiques. Le serpent se mord la queue...
Le temps s'accèlère, la situation s'aggrave. Il y a pourtant des solutions, comme je l'ai déjà dit. Financement direct des états, contrôle des capitaux, restructuration du secteur financier (certaines mesures sont préconisées par Frédéric Lordon, voir mes favoris), discussion avec la Chine d'un nouveau système monétaire plus équilibré, qui pourrait s'isnpirer largemement du Bancor de Keynes (voir le blog de Paul Jorion en lien dans mes favoris), au final, une meilleure répartition des richesses et une économie durable. Ces solutions sont portées par une certaine offre politique, celle de Jean-Luc Mélenchon par exemple. Une partie des Verts les défendent également...
La partie s'accélère et il ne reste plus beaucoup de temps avant un basculement irrémédiable. Comme au basket, c'est le moment crucial, qui porte diablement bien son nom, du money time...
17:58 Publié dans Politique, Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : crise, euro, dictature des marchés, secteur financier, union européenne, grèce, italie, bce, mesures hétérodoxes
22.10.2011
Pas de bois
Le nouvel album de Leslie Feist est sorti début Octobre et une écoute sur son site m'a suffit pour que je me l'achète, ce qui avec moi, toujours très réactif quand il s'agit d'aimer ou pas, est assez significatif de sa qualité.
Son dernier opus est intitulé Metals et il ne laisse clairement pas de bois.
Il s'avère moins pop que The Reminder, le grand succès de l'artiste jusqu'à présent, grâce notamment au tube interplanétaire, porté par la pub pour l'Ipod, 1, 2, 3, 4, mais il s'inscrit néanmoins dans ce qui fait désormais le style assez unique de Feist : une voix fragile mais étonnament élastique, fluide et puissante quand il le faut, des mélodies rapidement accessibles, voire souvent imparables mais néanmoins sophistiquées, des arrangements extrêmement soignés, des fondations musicales toujours très folk et guitaristiques.
De cet album, il ne ressort peut-être pas de tube évident, ce qui était semble t'il le souhait de cette jeune artiste complète, puisqu'elle compose, produit et interprête. Mais on y retrouve comme sur ses anciens disques, des titres semés comme des pierres précieuses sur un sentier secret. Caught a long wind est à cette image, une merveille suave, qui sait allier la délicatesse avec cette ambiance délicieusement glacée que sait construire Feist avec ses entrelacs de claviers, sa voix réverbérée, qui font scintiller les harmonies et les font couler dans nos esgourdes comme autant de petits diamants polis. Get it wrong get it right lui aussi, fascine comme un minuscule torrent de montagne, au clapot hypnotique et cristallin...
Caught a long wind (live)
Metals a été enregistré à Big Sur en Californie, dans un studio monté de toute pièces dans une grosse cabane juchée sur une impressionnante falaise au dessus du Pacifique. Il s'en dégage cette texture, plus sauvageonne et rustique que celle qui prévalait dans The Reminder. On y décèle à la fois la puissance des éléments dans les choeurs, les ensemble de cordes et la finesse versatile d'une brise de fin de soirée, que l'on ressent à peine un instant et qui le suivant s'en vient ébouriffer les cheveux, de la pointe effilée d'une guitare farouche et joueuse, puis nous pousse vers les étoiles naissantes, du souffle de ses arrangements en nappes. C'est le cas pour Anti-pioneer par exemple, à la fois intimiste et ouverte aux quatre-vents. Undiscover first est faite du même métal, avec en plus la force de l'alliage des cuivres et de l'ensemble vocal final qui donnent une couleur presque rock à la composition. The bad in each others offre le même cours résolu, notamment au travers de son riff de guitare rugueux et obstiné.
The bad in each other (live)
Feist a encore livré un album réussi, qui confirme son talent et impose désormais un style reconnaissable entre tous, ce qui est la marque d'une artiste d'exception.
20:03 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : feist, metals
27.09.2011
Au fond du Puy
J'ai découvert cet été une région assez méconnue : le Forez. Un séjour de vacances m'a permis de parcourir le Sud-est du Puy-de Dôme et le nord de la Haute-Loire, terres de moyenne montagne qui alignent de grands dos ronds granitiques semés de quelques reliefs volcaniques, parfois plus discrets que leurs compères de l'Ouest du Massif central, mais parfois éminemment remarquables, comme les necks (cheminées volcaniques) du Puy-en-Velay, qu'on peut difficilement manquer.
Cette incartade aux rives de l'océan s'est faite au profit de rivages végétaux et d'une troisième dimension aux pentes douces mais affirmées. La forêt y étend son règne en effleurant les nuages, en couvant les discrets habitants des lieux. Le soir tombant les révèle par des appels gutturaux qui émergent de façon un peu sépulcrale de la pénombre naissante, aux lisières de la sylve. La nature impose son rythme lent, l'altitude endort l'été qui prend parfois dans la fraîcheur d'une matinée, l'allure d'un automne habillé de vert mais qui n'en est pas moins généreux avec ses fruits. A ce titre, les balades en sous-bois se sont souvent transformées en moissons de champignons...
Aux traits rectilignes des fûts des épicéas ou des sapins Douglas, les monts du Forez marient le dessin souple des hêtres et des charmes, que les sinueuses routes font défiler de part et d'autres de leur ruban de mélasse. Quand les champs s'avancent vers les sommets, alors l'horizon s'ouvre sur de grands panoramas aux ondulations verdoyantes.
Même si, du haut des rases étendues des Hautes-Chaumes, curiosité biogéographique incontournable de la région et qui entourent le point culminant du Forez, à 1650 m d'altitude, je n'ai pu apercevoir le Mont-Blanc qui, 240 kilomètres plus à l'Est, parvient tout de même, par temps très clair, à transmettre l'éclat devenu fantomâtique, de ses neiges éternelles, j'ai tout de même été convaincu que la lumière est très belle au fond du Puy...
Oui mais bon, un été sans océan n'est pas un été.
Cela dit, un été sans soleil n'est pas un été non plus !
Toutefois, un été pluvieux n'est pas forcément un été moche.
Pis, ça fait pousser les champignons.
M'enfin, c'est aussi bien quand il y a du soleil quand même, pour profiter des panoramas aux vertes ondulations !
La Collégiale de Saint-Bonnet-le Château : ses voûtes et ses fleurs
Panoraramas aux vertes ondulations sur les monts du Lyonnais
Emboîtement photographique
Encore une voûte de Saint-Bonnet-le Château
Logiquement, ce sont des voûtes...
Des lieux assez heu, envoutants...
Montarcher, du haut de ses 1163 m d'altitude, offre, derrière sa fontaine, un panorama aux vertes ondulations
Bleu d'Auvergne
Un paysage un peu irlandais, qui déroule un panorama aux vertes ondulations
Des panoramas aux vertes ondulations, en veux-tu, en Velay (au fond)
Ha, là, c'est un chardon, pas un panorama aux vertes ondulations
Un panorama aux jaunes inflorescences, mais avec de vertes ondulations derrière quand même, ho !
Il était temps de faire une croix sur les panoramas aux vertes ondulations
La tour n'a pas pris garde (ruine de château au pied de la location)
Dans la forêt, sur la colline jouxtant le gîte
Glop !
Glop, glop !
Pas glop ! Quoique, esthétiquement parlant, c'est tout de même dans l'ordre du très glop !
Un fagot avec strictement rien de vert derrière !

NOn, mais ça c'est pas vert, c'est kaki. Et on voit pas loin en plus (Orgues basaltiques du Montpeloux)
Le shilimibeli... Le shlimli... Le smilblick est il composé de vertes ondulations ?
-Ta gueule Papy Mougeot !
Mon ami le ruisseau ne dort pas dans une bouteille en plastique (réflexion astaffortaise)
Le Puy-en Velay sous le soley
La mère (notre-Dame), a des reflets changeants...
...des reflets d'argent...
Foyer mono-parental
Les voûtes, le retour de la vengeance !
Maman, c'est qui là bas le monsieur ?
La cathédrale du Puy derrière laquelle il serait abusif et déplacé de déceler des ondulations, et encore davantage de les qualifier de vertes.
La forteresse de Polignac et strictement rien derrière. Oui, un volcan à la rigueur mais en aucun cas quelque chose de vert et d'ondulé.
Neck plus ultra !
Le Mont Mezenc, 1753 m et dont il faudrait une mauvaise foi assez ahurissante pour dire qu'il est vert, bordel !
Mamaaan, c'est qui le monsieuuur ?
-Le salaud qui nous a abandonné !
Au sommet du rocher Corneille, vue sur la cathédrale, la mer de tuiles, rose, et c'est tout !
C'est papa ?
-Ouais, ta raclure de père !
Ouais ben finis les commentaires, flûte à la fin !
Le rocher saint-Michel d'Alguilhe. Et des voûtes, aussi...
Une photeau potable...
Sanctuaire Saint-Joseph. Autre foyer mono-parental...
Tu la vois fils, ta trainée de mère, avec son bâtard ?!
Il ne s'agit pas d'un panorama mais d'une perspective, bandes d'ignares !

La riante petite rivière en bas du gîte.
Un oeillet sauvage sur les hautes-chaumes
Une jasserie regardant, non pas un vague panorama verdâtre mais la chaîne des puys.
Le Puy de Dôme, volontairement et artistiquement flouté
Bruyère et source
La montagne de Monthaillier : 1551 m
Une jasserie sur les hautes-chaumes. Jusqu'ici, tout va bien...
La vue verte et ondulée depuis la jasserie...Ca pouvait pas durer...
Bruyère et jasserie
Un magnifique sorbier des oiseleurs qui attire le regard, qui par conséquent ne peut s'apercevoir qu'il y a un panorama, quelque vert et ondulé qu'il soit ou pas.
La vache à gauche fixait un couple de randonneurs en train de manger, sans se laisser intimider par leur chien. A noter la salers, au centre...
Vous voyez des ondulation vertes vous ? Alors taisez vous !
Pierre sur Haute à droite, sommet des monts du Forez : 1650 m
Hé oui, je sais...
Même les queues de cheval ondulent...
Non, je ne le dirai pas !!!
Il y aurait pu avoir le Mont Blanc au fond. Mais il n'y a qu'un PANORAMA AUX VERTES ONDULATIONS !!! aaaaargh !...
23:04 Publié dans Dream machine | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : forez, livradois, parc, puy de dôme, velay, montarcher, saint bonnet le château, auvergne
24.08.2011
La dernière chance
L'été, comme prévu, aura été agité sur le front de l'économie. Nous avons assisté au déclenchement du deuxième grand chapitre de la crise avec la plongée des bourses, suite à la dégradation de la note des Etats-Unis et de l'aggravation de la crise de l'Euro. La prospective des hétérodoxes, s'est donc révélée exacte, eux qui prévoyaient un scenario en double dip après la chute de Lehman Brothers, c'est à dire une dépression scandée par au moins deux dégringolades économiques. Le profil attendu était en W, soit une reprise après le premier plongeon, suivi d'un nouveau avant un éventuel rebond. Il s'avère en fait que les analyses les plus pessimistes, mais aussi les plus lucides, qui concluaient à une crise systémique et une fin d'époque, étaient bien les plus pertinentes, car en fait de W, on assiste plutôt à un déroulement en double L, c'est à dire, à une descente irrémédiable, ponctuée de gros trous d'air, sans remontée véritable.
Il convient de faire un bref rappel de la situation et de ses tenants et aboutissants. Si le diagnostic est sans appel vis à vis du capitalisme financiarisé (le modéle dit néolibéral), c'est qu'il a tout simplement détruit son moteur à force d'alimentation en carburant instable : le crédit, la dette. Reposant sur la consommation, le système a conjugué augmentation de la rentabilité actionariale, des profits en règle générale, basés notamment sur la compression salariale, les délocalisations etc, avec l'explosion du crédit, pour compenser la baisse relative des revenus du travail par rapport à ceux du capital (environ 10 points de Pib en trente ans). Parallèllement, le marché de la dette publique, confié au privé suite à un enchaînement de décisions politiques, a produit une augmentation énorme de celle-ci. Pour résumer de façon schématique, le choix unilatéral de Nixon de faire flotter le Dollar, donc de le décrocher de l'étalon or, afin de pouvoir endetter son pays sans limite et au frais du monde entier (hors communiste), pour l'alimenter dans la course folle avec l'URSS, ruineuse, a signé le début de la période. Les autres pays devant s'adapter, ont eux aussi crée un système de changes flottant (et son marché), tout bénéfice pour les spéculateurs et les rentiers, d'autant plus qu'il imposait quasiment que les banques centrales soient mises en indépendance des Etats, répondant ainsi à une nécessité théorisée par l'Ecole de Chicago sur les fluctuations de masses monétaires et la lutte contre l'inflation.
Ce changement a fait d'une pierre deux coups : livrer le financement des Etats au privé, placement sûr et juteux qui a largement contribué à faire enfler les créances publiques, et garantir une augmentation des prix très limitée (mission fondamentale de la banque centrale européenne), ce qui permet aux rentiers de ne pas voir s'effriter leur précieux patrimoine financier au cours des ans.
Le dernier volet de ces politiques a consisté en la libéralisation quasi totale du secteur financier, garantie par le libre circulation des capitaux (et la libre existence des paradis fiscaux), là encore aspect fondamental de la construction européenne. A partir de là, la finance s'est développée sans mesure, avec les conséquences que l'on connaît aujourd'hui, à savoir une insolvabilité générale des agents économiques par abus de crédit, abus qui résulte de la captation des richesses par une petite minorité. Le château de carte est désormais à la merci du moindre coup de vent...
Vous comprendrez que la réponse des politiques depuis les débuts de la crise est totalement inadaptée, puisqu'elle ne vise qu'à essayer de remettre le bâteau à flot, c'est à dire perfuser la finance, sans s'intéresser à la cause fondamentale du problème : l'insolvabilité. En fait, c'est une partie de la créance privée qui a été prise en compte, celle des banques et des gros spéculateurs. Les gros risqueurs n'ont pas eu à supporter le prix du risque et ont tranquillement fait passer leur dette aux Etats bien serviables (bien serviles), puis ils ont pu non moins sereinement reprendre les affaires en jouant sur la dette publique qu'ils avaient contribué à faire exploser. Au final, on demande aux contribuables de régler la note en agitant le spectre satanique de l'endettement, qui ne se combat qu'à coup de "règle d'or", autrement dit en faisant payer les contribuables (directement par les impôts, indirectement par la casse des services publics dont l'activité est jetée en pâture aux gros intérêts privés)
Il y a un léger souci, au delà du scandale moral qui voit les dominants s'essuyer une nouvelle fois les pieds sur les classes populaires et moyennes pour solde de leurs comptes, c'est que le coeur du modèle n'est pas réhabilité. Qui va consommer, qui va faire vivre le tissu économique ? L'austérité est déjà payée de résultats probants puisque la Grèce voit son PIB faire le saut de l'ange (- 6.9 %), que les autres pays soumis au même traitement suivent et qu'on voit mal, dans ces conditions, comment les Etats vont trouver les recettes pour faire diminuer la dette, sauf à saper encore une fois les budgets publics, ce qui ne manquera pas de faire encore chuter l'activité, donc les recettes etc...
Or, vous n'aurez pas manqué le feuilleton de la zone euro, soumise à la question par les marchés, qui réclament tout et son contraire, c'est à dire la réduction de la dette par l'austérité, pour que les obligations redeviennent ce produit financier garanti contre tous les risques de l'univers, mais qui ordonnent de ne pas casser la croissance sous peine de panique boursière (les marchés sont si sensibles, heureusement que les gentilles mamans Etats s'en occupent si délicatement). Le souci donc c'est que l'austérité casse la croissance. S'il fallait un indice de l'état de coma dépassé du système, en voilà un qui est probant.
Il n'y a désormais que peu d'alternatives. Il faut un assainissement des créances et il est clair que celui en cours est mortifère pour l'économie. Il ne faut pas tergiverser, cela signifie une perte séche pour certains, idée qui fait bien évidemment frémir tous les spéculateurs et qui les fait dégoupiller une grenade à toute évocation de restructuration et à plus forte raison de défaut. Il reste en outre, l'argument hypocrite concernant l'implication de presque l'ensemble de la population dans le système financier via l'épargne, quelle soit en obligations ou en actions (assurances-vie, PEA etc ). La menace est donc de faire tomber le monde entier avec les riches, au cas où un éclair de probité et de logique atteindrait le cerveau de nos braves dirigeants, les conduisant à accepter l'inéluctable issue du non paiement des dettes.
D'un côté le secteur financier, la grande majorité des politiques et pour le moment sans doute des "petits épargnants" soutiennent l'austérité en prévention du grand chaos financier au cas où on toucherait un cheveu de la finance, de l'autre se profile le grand chaos financier , produit de l'essouflement du système qu'on essaie de soigner en le privant d'oxygène. L'issue est assez certaine, la moindre des responsabilité est d'y faire face, de l'anticiper avant d'atteindre les rapides...
Il faut donc se résoudre à l'abandon de certaines créances, les moins légitimes. Pour cela, il faut rendre le marché incapable de nuire et donc le court-circuiter : recouvrer le pouvoir d'émission de monnaie pour les Etats et contrôler les flux de capitaux pour finir par une restructuration complète du secteur ( voir les solutions proposées par Lordon, le Slam ou Jorion, l'interdiction des paris sur la fluctuation des prix. Les liens vers les blogs correspondant se trouvent dans mes favoris) en association avec une refonte du système monétaire mondial, avec pour objectif une meilleure répartition des richesses, une diminution des inégalités et donc une société moins violente, plus coopératrice, moins compétitrice. La réponse pourrait être proche du bancor de Keynes par exemple, pour équilibrer les balances commerciales en pénalisant les pays qui exportent trop ou importent trop. Cela aurait pour effet de lisser les tentations salariales déflationnistes comme en Allemagne et bien entendu dans les pays émergents, ou permettre de garder, tout en y incitant, un tissu industriel local pour les régions à tendance sur-consumériste et endettée, qui de ce fait, le seraient moins, la Grèce par exemple.
Il est essentiel de souligner que 95 % de la population à tout à perdre à vouloir sauver ses petites économies et plus largement, sa peau, de façon individuelle. A la crainte légitime de perdre ses bas de laines (parfois acquis en toute complicité, même inconsciente, avec le système. Hé oui, 5 ou 6% d'intérêts, ça ne se trouve qu'en dépouillant quelqu'un d'autre, quelque part, ailleurs, mais parfois soi-même, voir mes précédents billets sur la crise pour des exemples), on peut répondre que l'Etat, en battant à nouveau monnaie librement, pourra organiser des garanties sélectives, tout en permettant une inflation qui érodera mécaniquement les créances, rapprochant à ce titre les débiteurs de la solvabilité nécessaire à une saine reprise de l'économie.
La tentation du repli sur soi, en se surestimant (winner attitude), en méprisant les autres, voire en voulant leur nuire, sous quelques prétexte que ce soit, c'est la garantie de laisser les dominants (5% de la population) appliquer les recettes qui préservent leurs intérêts et c'est par le jeu politique, le risque évident de tomber dans le populisme, au sens péjoratif du terme, en réclamant des boucs émissaires (les immigrés, les étrangers, les fonctionnaires, les chômeurs etc), en favorisant les logiques de confrontations, dont les pauvres et les moins aisés en général, sont les premiers tributaires. Comment ne pas penser aux sociétés autoritaires et liberticides dépeintes dans les oeuvres d'Orwell, de Bradbury ou d'Huxley ? Même s'il paraît que l'Histoire ne repasse pas les plats, le souvenir des années suivant la Grande Crise de 29, où on vit les mêmes erreurs qui sont actuellement commises aujourd'hui , avec l'aboutissement cauchemardesque qui suivit, suffit à vouloir écarter, en toute logique, ces scenarii de l'exclusion, de la stigmatisation des plus fragiles entre eux.
La solution ne peut être portée que par un projet solidaire, j'entends par là, un projet de solidarité institutionnalisée, comme le Conseil National de la Résistance avait su le mener au sortir d'une épreuve parmi les plus dures qu'ait traversée notre pays. Aujourd'hui, c'est une mission que l'Union européenne devrait se faire l'honneur d'assurer, en remisant aux poubelles, ses fondations économiquement libérales qui n'ont su que metttre les pays et leurs populations en compétition et contribuer grandement au déclenchement de la crise que nous vivons. Elle pourrait ensuite, forte de sa puissance économique et de la tradition universaliste de son histoire, faire pression sur les autres blocs pour élaborer un nouveau système d'échange, plus harmonieux. Nous pouvons tous, en tant que citoyens, faire pression, pour que nos dirigeants s'y conforment et corrigent la trajectoire, avant l'impact destructeur qui nous est promis si rien n'est tenté pour s'éloigner d'une orthodoxie néolibérale totalement et implacablement discréditée dans les faits. Ce serait, pour la réhabilitation de l'humanité, la dernière chance...
22:20 Publié dans Politique, Société | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : crise, financière, dette, solutions
19.07.2011
La fin de l'histoire...
Qui se rappelle de Francis Fukuyama, qui, se servant sans vergogne dans le vivier d'illustres philosophes, en avait quelque peu détourné les préceptes pour théoriser la victoire sans discussion du modèle américain, c'est à dire de la "démocratie de marché". C'était au sortir définitif de la guerre froide. Le Mur de Berlin n'était plus debout, le géant soviétique, gisait terrassé par la course qu'il avait accepté de livrer avec l'autre super-puissance. Il n'y avait plus d'obstacle au capitalisme, qui allait désormais s'imposer dans la joie et la félicité, pour l'éternité. Nous étions à la fin de l'Histoire...
Les tenants du marché totalement libre s'en sont alors donnés à coeur joie en généralisant jusqu'aux moindres parcelles de la vie quotidienne, les dogmes de ce capitalisme financiarisé, que nous appelleront du vocable généraliste de néolibéral, mais qui regroupe diverses théories économiques comme celles issues de l'école néo-classique, celle de Chicago avec les monétaristes friedmanniens, les ultra-libéraux disciples d'Hayek et les ordo-libéraux plutôt germaniques.
Une belle tête de vainqueur, ce Francis !
La ruée vers les profits n'a plus connu de limites et a réorganisé en profondeur la société, son rapport à l'argent, au travail, aux individus, phénomène déjà enclenché depuis le milieu des années 70 et brutalement accéléré avec la disparition de l'idéologie adverse, qui a entrainé la chute de toute la gauche avec elle, soit par complicité d'icelle, les socio-démocrates se rangeant dans cette catégorie, soit par ricochet intellectuel, la gauche dite radicale (en réalité aujourd'hui la gauche redistributrice, socialiste en somme), en ayant fait les frais.
Il s'est opéré durant cette période un transfert des revenus, du travail, vers le capital, à la suite des diverses libéralisations, de la libre circulation des capitaux notamment, transfert générés par la hausse des rendements actionnariaux, eux-mêmes corollaires de la recherche de la compétivité, fruit certes de l'innovation, mais surtout de la compression des coûts. La productivité en forte hausse y a participé, mais c'est bien par la compression salariale, sous la pression de nouvelles méthodes de management (j'aurais tendance à dire pour ma part en appliquant LE management, puisque ce terme est avant tout un vecteur idéologique) et de l'externalisation des productions dans les pays à très faible salaires (Chine etc...) que les actionnaires ont obtenu ce qu'ils voulaient. Puisque, dans le même temps, il fallait bien acheter les produits, le crédit s'est substitué à la hausse des rémunérations des employés.
En parallèle, à la fois pour parer à l'abandon en 1971 de l'étalon or par Nixon, de l'instauration d'un système de changes flottant pour les monnaies, et pour éviter les phénomènes inflationnistes peu appréciés des rentiers, les Etats se sont délestés de la possibilité de créer de la monnaie et donc de se financer directement. Ils ont donné leur indépendance aux banques centrales et ont fait appel au privé pour négocier leur dette. La France s'y est conformée en 1973 et curieusement, le gonflement de la dette publique a automatiquement commencé. Il faut dire que c'est un juteux marché, incroyablement sûr pour les investisseursn du moins l'était jusqu'à ce qu'on dépasse les limites du raisonnable et qu'on en arrive à tuer la poules aux oeufs d'or.
De concert, dans une bonne humeur partagée, les dettes privées et publiques se sont engraissées, jusqu'au moment où le système allant au bout de sa logique de captation des richesses par une minorité, n'a plus tenu qu'à un fil, tant l'insolvabilité virtuelle d'une grande majorité d'acteurs économiques était énorme. Elle fut de plus étendue et complexifiée par une batterie d'instruments financiers censer disperser le risque, si apprécié par les capitalistes, qui cherchent pourtant par tous les moyens à l'éviter. Il s'agit des fameux produits dérivés, aux acronymes aussi mystérieux que leur traçage est difficile : CDO, CDS etc...
Tout cela marche tant que la croyance en l'éternité de la hausse des profits n'est pas enrayée par un petit détail fâcheux, un mécréant qui va poser une mauvaise question ou soulever un coin de tapis avec de la poussière dessous. Les fameuses agences de notation, si décriées aujourd'hui parce qu'elles ne vont plus dans le bon sens, ont joué le rôle de prophètes de bonheur, attribuant le non moins célèbre triple A, la meilleur note possible garantissant une solidité financière au dessus de tout soupçon, à tout ce qu'on voulait bien leur présenter. Il faut dire que souvent, les clients, banques, hedge funds..., étaient souvent aussi les notés ainsi que leurs produits. Et il y avait tellement de fric à se faire...
Il y avait bien eu des alertes pourtant, depuis la libéralisation du secteur financier. Les crises financières se succédaient de plus en plus fréquemment, alors qu'il n'y en avait quasiment pas eu durant les trente glorieuses, quand les capitaux étaient contrôlés. Une affreuse période bolchevisante heureusement révolue, qui avait laissé le champ libre au capitalisme financiarisé et ses petites embardées si naturelles et si créatrices in fine selon ses défenseurs (crach de 1987, crise de 1993, bulle internet en 2001...)
Puis vint la chute de la banque Lehman Brothers et la prise de conscience brutale que tout le crédit et la titrisation de ce crédit qui avait été produite ne serait pas remboursés, que les ménages américains sur-endettés et sous salariés, ne pourraient faire face à leurs engagements. Boum, l'immobiler, boum les banques, boum, l'économie dans son ensemble.
Il y avait à ce moment là deux options.
La première était de tirer rapidement les leçons de la folie spéculative des trente dernières années et de ses causes, de prendre les établissement financiers en tutelle des pouvoirs publics et d'organiser une restructuration de la dette, en privilégiant les citoyens, afin de les rendre solvables, ce qui en conséquence aurait permis aux créanciers et donc aux banques, de retrouver une certaines assise, malgré des pertes incontournables, notamment pour ceux qui avaient risqué en dépit du bon sens et du bien commun.
La deuxième était de sauver sans condition les banques par l'argent public et opérer un immense transfert de la dette, du privé, au public. Cette solution privilégie clairement les rentiers aux travailleurs. Certes, ils sont parfois les mêmes et c'est le piège ultime de ce système que de s'être assuré par ses composantes les plus fragiles. Mais une garantie par niveau d'épargne aurait été possible ce qui aurait permis de punir les gros spéculateurs...
Vous savez quelle solution a été choisie et quelles en ont été les conséquences. Les dettes publiques ont explosées et la finance, remise sur pieds et en pleine santé, exigeant de ses sauveurs d'apurer un gouffre qu'elle avait creusé, afin de mieux aspirer ce qui reste d'actifs (l'argent public qui ne termine pas dans ses poches, d'où la demande urgente de privatisations et de réduction du périmètre de l'Etat. Il y a encore quelques marchés à conquérir pour les criquets de la finance)
Nous en sommes là aujourd'hui, au moment où ce qu'il faut bien appeler une oligarchie, tente, avec la complicité plus ou moins consciente des représentants élus, de substituer son pouvoir à celui des citoyens. La récente discussion autour de ce qui est déjà appelé de façon panurgique par les media, la "règle d'or", à savoir fixer dans la constitution l'obligation faite aux états de présenter des budgets en équilibre, est une façon de canaliser l'offre politique, et les solutions économiques qu'elle peut mettre en oeuvre suivant l'idéologie qu'elle porte. Il ne doit plus y avoir d'alternative à ce que le profit soit détourné par une minorité...
Ce faisant, ceux qui soutiennent ce programme jouent terriblement avec le feu. L'économie occidentale est saignée par les plans d'austérité qui font payer les contribuables plusieurs fois : une fois pour assurer donc, le transfert de la dette privée vers les états, une deuxième par la réduction du champ des services publics, ce qui constitue autant de salaire indirect en moins en même temps que cela accroit de facto les inégalités, une troisième par la déprime de l'économie, les pertes de salaires voire d'emplois que provoquent les politiques actuelles. On se demande comment va bien pouvoir tourner l'économie. Les limites de l'économie de l'offre, le modèle allemand par exemple, axé sur l'industrie et la déflation compétitive (donc par l'appauvrissement d'une bonne partie de sa population, 20% de travailleurs pauvres tout de même), c'est qu'il faut tout de même trouver des acheteurs (rôle tenus par les affreuses cigales jusqu'à maintenant).
Les conséquences sociales et donc politiques de ce choix peuvent s'avérer pour le moins explosives. Il n'y a qu'à constater la montée de l'extrême-droite partout ou presque en Occident pour s'en rendre-compte. Les replis nationalistes sont dores et déjà à l'ordre du jour et certains réflexes qu'on croyait disparus refont surface. L'Allemagne est tentée par l'égoïsme et un chemin solitaire qui réveillent de vieilles inquiétudes, d'autant que la France, son partenaire d'équilibre indispensable en Europe, est loin d'être à la hauteur des enjeux, faute de dirigeants un tant soit peu lucides et compétents (en réalité la plus belles bandes d'incapables et de charlots qu'elle ait compté à sa direction depuis les débuts de la cinquième république).
L'Union européenne est, elle, sous la coupe d'idéologues fanatiques dont le gouverneur de la banque centrale euroépenne, Jean-Claude Trichet, est un exemple quasi caricatural, crispé sur le dogme monétariste qui a conduit la monnaie unique à la fragilité qui est la sienne aujourd'hui. Alors qu'elle constitue le premier marché mondial donc un espace décisionnel incontournable, elle est incapable de prendre les bonnes décisions pour sa survie, à savoir revenir sur les traités et autoriser le financement direct des Etats ainsi que le contrôle des capitaux, ce qui mettrait un terme à la crise de la dette publique en Europe, en court-circuitant les marchés, et forcerait probablement le monde à discuter d'une autre organisation monétaire. Au lieu de cela, la tentation est grande, face aux forces centrigufes issues pourtant du modèle gravé dans les traités, de passer en force et de cristalliser définitivement le néolibéralisme dans une construction qui n'aurait plus grand chose de démocratique, le tout pour prolonger quelque temps seulement la vie artificielle d'un système économique à bout de souffle.
Force est de constater que les analyses prospectives des nonistes de gauche depuis 2005 se sont révélées exactes et que l'autisme continue à régner en haut-lieu, porteur des conséquences potentiellement des plus funestes.
Nous sommes aujourd'hui à la croisée des chemins, ce qui relègue ce brave Fukuyuma dans les oubliettes de l'Histoire qu'il voulait terminer. Certes, une page va se tourner afin d'écrire une suite qu'il faut être bien optimiste pour espérer belle à court terme. Pour le monde que nous avons connu depuis trente ans, c'est la fin de l'histoire...
Bonne vacances quand même ! (tant qu'on en a faut en profiter...)
16:19 Publié dans Politique, Société | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : crise, dette publique, dette privée, euro
02.06.2011
Pour qui rebute Montmartre
Le petit village parisien perché sur la plus haute bosse de Paris est parfois proche de ressembler à un grand magasin pendant les soldes. Aussi, nombreux sont ceux pour qui une balade à Montmartre ne s'envisage qu'avec un lance-flamme pour chasser les touristes ou par une belle journée glaciale de Janvier afin d'être sûr d'être le seul montagnard à risquer son nez en haut des alpes parisiennes.
Pourtant, les beaux jours venus, il est possible de goûter aux charmes des faubourgs de la capitale, sans pour autant nager péniblement dans une foule grasse et vociférant divers langages barbares. Il suffit pour cela d'éviter le parvis du Sacré-Coeur et la place du Tertre, principaux lieux d'agglutinement touristique.
Au contraire, si l'on fait le tour de la butte par le nord jusqu'au sud-ouest, alors il est possible de retrouver la magie d'un endroit qui se démarque toujours autant de la plaine parisienne, qui étend sa grosse pâte de béton, de zinc et de tuiles en contrebas.
On retrouve alors en arpentant cette singulière mosaïque urbaine, là l'ambiance d'un petit bourg de campagne, ici le temps élastique qui se prélasse dans un square abrité, que le mois d'Avril illustre d'une gouache lilas et crème. Il arrive même qu'un coup d'oeil volé à une grille jalouse nous dévoile des propriétés immenses pour le lieu, posées dans des écrins champêtres et fleuris qui ne dépareilleraient pas dans une province de carte postale. Chanceux propriétaires dont nous entrevoyons l'opulence en nous glissant par un chemin privé qui nous conduit de l'autre côté, sur le versant sud-ouest... Les croisillons altiers de la plus célèbre tour du monde apparaissent alors, comme un repère qui ramène à une réalité géographique un peu diluée par la promenade.
La butte reste la butte, pour ceux qui n'hésite pas à aller un peu plus loin que la langue flasque formée par les hordes de touristes. Se glisser dans son intimité, dénicher un alignement de petites maisons à l'anglaise, une fontaine monumentale, une place aux platanes qui bruissent avec l'accent provençal, tout cela provoquera l'agréable surprise, pour qui rebute Montmartre...
Pour ceux qui ont vu le dernier Woody Allen, il y a un plan quasi similaire fait bien sûr au même endroit. Il se gêne pas trop pour piquer les idées des autres quoi. Pas étonnant qu'il soit bien son film !
Celle-là, je l'avais bien planquée, il a pas pu me la taxer, niark niark niark !
Patchwork montmartrois
Un joli corps de ferme en plein Paris
Y a pas de monde au balcon. Dommage j'aime bien...
Finalement elle est presque morte sur Seine...
Pour la foule, marchez tout droit !
Le regard se glisse au travers des glycines...
Un porche qui doit attirer les Porsches...
Le ciel chlorophylle d'un square de la butte
Bien entendu, y en a toujours un pour faire le moulin...
Le problème des petites surfaces du logement urbain...
Si le gros minet est dans le coin, le titi parisien doit pas être loin...
La fontaine discrète du château d'eau de Montmartre
Saluons le laïc chevalier de la Barre, mort de n'avoir pas salué une procession religieuse...
Paris, Paris, Paris...
Sous la photo grouille le touriste...
En bas, là bas...
19:26 Publié dans Dream machine | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : montmartre, paris, butte, photos
07.05.2011
OUPS, voilà UPS
Ah, qu'il est de bon ton de passer ses nerfs sur ce qui reste de nos services publics, quand ceux-ci semblent ne pas apporter satisfaction, ce qui est malheureusement de plus en plus le cas actuellement, mais pour des raisons toutes autres et bien moins caricaturales que celles exposées ad libitum.
De l'autre côté de la barrière, si souvent associée à celle qui sépare l'efficacité de l'incompétence, qu'en est-il de la qualité des services proposés par les entreprises privées ?
Il se trouve que j'ai très récemment pu constater le niveau de l'une d'entre-elles, qui fait concurrence à notre vieille Poste, bien malmenée, de l'intérieur comme de l'extérieur.
J'ai passé une commande sur internet portant sur des objets assez pesants, dont la livraison était assurée par la société américaine UPS. Je n'ai pas eu le choix du livreur et je tenais à effectuer mes achats par ce magasin en ligne, basé en Allemagne. Ayant déjà eu quelques soucis avec les transporteurs "alternatifs" (DHL par exemple), j'avais quelques craintes à en passer de nouveau par l'un d'entre eux, mais j'ai tout de même tenté.
J'avais bien raison de me méfier car le jour de la livraison, le scenario redouté a bien failli se réaliser et c'est bien plus à moi qu'aux employés d'UPS que je dois d'avoir pu être livré dans les temps. Je m'étais levé tôt ce jour là et était bien entendu présent à mon domicile, consultant régulièrement le suivi du colis pour me préparer à la venue des livreurs et au besoin à intervenir le plus tôt possible en cas de problème.
Passé midi et commençant à m'interroger sur la venue du transporteur, je jette une nouvelle fois un coup d'oeil sur le site internet d'UPS et malheureusement, je m'aperçois qu'il y a une nouvelle ligne au compte-rendu du suivi. Le constat d'une anomalie de livraison y est précisé. La raison invoqué est une adresse imprécise. Un nouveau passage est programmé le lundi suivant (nous étions vendredi) après renseignement plus précis de l'adresse. Outre la déception de savoir que l'objet convoité s'était arrêté à quelques mètres de mon appartement, se pose le problème de la livraison future. En effet, je ne pourrai pas me libérer pour être chez moi le lundi suivant, ni les jours suivants et ni l'option d'une livraison à l'adresse professionnelle, ni un retrait au dépôt le plus proche de ma résidence n'est possible, faute de voiture et en raison du poids et de l'encombrement assez élevés du colis. En résumé, si je ne le reçois pas le jour même, je vais devoir annuler la commande, alors que j'avais tout mis en oeuvre pour la recevoir chez moi.
J'appelle immédiatement UPS et je leur expose ma contrariété en insistant que l'adresse que j'ai mentionnée au magasin est bien la bonne et que si le code de l'interphone n'est pas précisé, il est bien visible juste à côté de la porte de mon immeuble. Il suffit de regarder. J'ajoute que même les facteurs de la Poste y arrivent. En outre, je fais remarquer que j'ai donné mon numéro de portable à la boutique en ligne auprès de laquelle j'ai passé commande et que la vie est simple comme un coup de fil.
On me répond d'abord qu'il est bien clair que le numéro de l'appartement n'était pas spécifié et que les agents n'ont pas de téléphones professionnels (très curieux puisque j'ai pu ensuite constater de visu l'inverse). Face à ma grogne, inhabituelle mais d'autant moins retenue que j'ai affaire à une boîte privée et que je n'ai jamais de tolérance pour des entreprises qui prétendent mieux faire en tout que ce que peut proposer le service public, l'opérateur du centre d'appel, très probablement délocalisé comme d'habitude, m'assure qu'il va faire passer un message d'urgence pour voir s'il est possible de faire repasser le camion de livraison. Il m'avertit toutefois que ce n'est habituellement pas prévu. Je lui réponds que c'est ça où je ne pourrai pas réceptionner ma commande.
Une heure plus tard, UPS m'appelle pour me signaler que les livreurs peuvent repasser (comme quoi quand on veut...) Cette fois-ci, leur ayant bien indiqué le code de l'interphone qu'ils auraient pu voir juste à côté d'icelui, la sonnerie retentit et je vois débarquer deux hommes en combinaison kaki, avec l'inscription "sous traitant d'UPS". On se demande quel est le coeur d'activité de cette entreprise si elle se met à déléguer le transport...
Nouveau problème, il n'y a qu'un colis sur les deux prévus. Je fais bien d'insister une nouvelle fois, malgré les premières affirmations des livreurs, puisque après vérification, il y a bien un autre carton pour moi dans le camion. Pfuiiii, voilà une livraison assez dure pour les nerfs...
Quel enseignement tirer de cette péripétie, d'un niveau de gravité bien relatif, mais qui, sans pour autant généraliser excessivement, illustre bien la vision dominante en matière de gestion commerciale ?
Elle est assez simple : la réduction des coûts pour favoriser le profit passe bien avant la qualité du service.
L'externalisation a déjà montré plus que ses limites, notamment par la perte de savoir faire induit, mais surtout sur la maîtrise du suivi qualité. L'objectif du gain financier est lui assez souvent illusoire voire totalement erroné, surtout dans le public où la gestion des marchés est désastreuse. Les livreurs à qui j'ai eu à faire, sans les accabler, n'étaient clairement pas au niveau : mauvaise formation, incompétence, désintérêt pour leur tâche, je n'en sais rien, mais la qualité de leur prestation a été clairement insuffisante.
Bien entendu, ils ne sont pas les seuls responsables. La rationnalisation par l'absurde qui sévit aussi malheureusement à la Poste désormais, pousse à gagner du temps au maximum, quite à léser le client. Pas une minute à perdre pour chercher un complément d'adresse pourtant bien visible par exemple. Sans doute est-ce du aussi à une culture de la qualité totalement absente au profit du quantitatif.
En tout cas, on est bien loin du différentiel positif dont se prévaut le privé et nos braves politiques qui privatisent à tour de bras. Malgré la valse des intérimaires au sein de la Poste et la dégradation réelle suite à l'application du management calqué sur le privé et à celle de la RGPP (révision générale des politiques publiques), jamais un facteur n'a pris pour excuse que mon adresse était imprécise pour ne pas me livrer. De plus, en cas d'absence, un bureau se trouve toujours à proximité. Enfin, c'est encore le cas mais ces agences sont de plus en plus remplacées par des points d'accueil (Dédé le boucher par exemple où il est toujours très plaisant d'aller pour ne prendre qu'un colis sous les yeux scrutateurs de la clientèle habituelle)
Enfin bref, fuck la privatisation, y'en a vraiment raz le bol !
23:29 Publié dans Politique, Société | Lien permanent | Commentaires (7) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : ups, service public, transporteur privé, la poste
06.03.2011
Le monde marche sur la crête
Tenter une synthèse et une analyse de l'actualité en ce moment n'est pas chose aisée.
Il n'aura échappé à personne que certains évènements se sont déroulés en afrique du Nord et au proche-Orient. Révolte, révolution, guerre civile ou simple mouvement de contestation, il est encore trop tôt pour en tirer des conclusions.
Moins visibles sont les éléments qui indiquent la poursuite de la crise économique. Ils sont pourtant bel et bien présents. Certains ont participé au déclenchement des émeutes en Tunisie ou en Egypte, la spéculation sur les produits agricoles notamment, qui renchérit le coût des produits de première nécessité. D'autres, qui tiennent à la gestion erronée de la crise, mécontentent les populations tout autour du monde, y compris aux Etats-Unis, touchés par une contestation d'ordinaire bien sporadique dans ce pays. Ainsi la ville de Madison au Wisconsin a été le théâtre d'affrontements en réponse au souhait du gouverneur républicain de l'état de restreindre drastiquement les marges de manoeuvre des syndicats, entre autres mesures anti-sociales.
http://www.nytimes.com/2011/03/06/us/politics/06union.htm...
Les media français et probablement européens ont peu ou prou passés sous silence cette lutte qui dure depuis trois semaines, ce qui m'oblige à citer un lien anglophone pour donner quelques informations sous couvert de neutralité (bien entendu de nombreux sites de gauche relayent l'actualité de cette contestation, celui-ci par exemple : http://www.unmondeagauche.fr/?p=3158)
Madison, petite ville pas si tranquille des Etats-Unis
En Irlande, le gouvernement a payé cash son plan de sauvetage des banques et la politique de rigueur qui s'en est suivie, en Grèce, les grèves générales se succèdent et la possibilité d'une restructuration de la dette, qui mettrait en difficulté les banques, françaises et allemandes notamment, est de plus en plus difficilement écartée, alors même que les orthodoxes affirmaient il y a encore quelque temps qu'il n'en était pas question et que ce ne serait pas nécessaire, que l'austérité suffirait à apurer les budgets. La surdité aux arguments lucides a comme limite la survenue des faits.
En Islande, dont on ne parle pas davantage que de Madison, les citoyens ont refusé de payer pour la gestion irresponsable de leurs banques et des établissements étrangers. Ils ont démis le gouvernement sortant et planchent actuellement sur une nouvelle constitution, malgré un recours en annulation porté par les quelques conservateurs de service qui demeurent là-bas comme ailleurs.
Pour la révolution, suivez la flèche !
Dans un autre genre, il y a donc aussi les confrontations en Tunisie, Egypte, Lybie, Yemen et sans doute ailleurs bientôt...Le point commun, c'est la lutte contre une oligarchie qui s'arroge tous les pouvoir et la richesse induite (et inversement). En première analyse, on peut penser que les puissances occidentales et les américains en particulier ont été pris de cours et cherchent depuis à accompagner les mouvements, parfois très maladroitement et pathétiquement, comme malheureusement notre pauvre pays, qui boit décidément le calice jusqu'à la lie depuis l'arrivée du président actuel.
On ne voit en effet pas pourquoi, les services secrets des pays développés, à la solde des financiers auraient oeuvré pour déstabiliser une région qui était pour l'heure assez docile, avec de bons régimes autoritaires assez sains pour les affaires, amicaux envers l'économie de marché et pas partageux pour un sou. Il faut donc impérativement préserver les intérêts des multinationales d'un possible revirement de tendance dans ces pays. C'est ainsi qu'au silence gêné et aux condamnations molles des Obama and Co, on peut penser qu'on succédé les manoeuvres de l'ombre pour éviter que les peuples ne prennent réellement leurs affaires en mains. Cela dit, est-il à craindre pour le néolib vaguement inquiet, que ces révoltes aboutissent en révolution et travaillent à changer le système ? Rien n'est moins sûr, tant le consumérisme a un pouvoir d'inertie assez impressionnant. Il faut encore attendre pour voir...
Les égyptiens ne sont pas restés les bras croisés mais vont-ils garder la main ?
Néanmoins, ces évènements n'auraient pas eu lieu sans la crise et si les tenants néoconservateurs de la Fin de l'Histoire ne vont sûrement pas se priver de remarquer qu'une fois encore, le marché et la liberté vont main dans la main, au cas où on verrait tunisiens et égyptiens manifester pour le droit de faire la révolution sur facebook en direct de leur Ipad, ils taieront avec une pudeur d'hypocrite, les motifs qui ont abouti à la situation actuelle. On ne citera que le libre cours laissé à la spéculation pour illustrer ces facteurs. Echaudés par les dettes publiques qu'ils ont eux même creusées, les financiers délaissent en effet les obligations d'Etat pour les produits naturels, toujours abreuvés qu'ils sont de liquidités par les banques centrales, océan d'argent qui ne quitte jamais la virtualité des cotations informatisées, sans jamais irriguer l'économie réelle. Le résorption du chômage peut attendre et attendra...
En revanche, les politiques d'austérité, les coupes dans les budgets sociaux, les lois liberticides, elles ne souffrent aucune patience. Le Royaume-Uni de Cameron se lance ainsi dans une folle et absurde épopée libérale et individualiste dont lui seul à le secret depuis Thatcher, ce qui ne va pas là bas non plus sans réveiller enfin et quelque peu les consciences solidaristes et simplement, l'intelligence collective. Chez nous, les opérateurs internet sont discrètement sommés de garder toutes les informations personnelles de tout contributeur sur internet (dont votre serviteur donc), pendant un an. Il en va de la sécurité et de l'ordre...
Nous vivons le dernier épisode de la guerre idéologique menée depuis trente ans pour abattre les protections sociales élaborées après la seconde guerre mondiale. La crise, qui a sapé entièrement le bel édifice théorique des néolibéraux, leur donne pourtant l'occasion de parachever leur oeuvre, dans une fuite en avant que leur autisme et la poursuite d'intérêts juteux ne permettent pas d'inverser. Il s'agit de la stratégie du choc, précisément décrite par Naomi Klein, de la fabrique du consentement, explicitée par Noam Chomsky...
Face a cette offensive, les citoyens sont pour le moment encore pour une grande majorité, dans une position démissionnaire (tiens, il y a comme un jeu de mots...), résignés, drogués de consommation à crédit (tant qu'ils y ont droit), tournés vers une responsabilité imputée aux boucs-émissaires habituels (immigrés, assistés, fonctionnaires etc...). Il y a bien un sentiment diffus mais de plus en plus partagé de fin d'époque. Il y a aussi tous ces mouvements que j'ai évoqué plus haut, avec un impact encore flou et à venir des mouvements arabes, mais aussi des réactions contre les politiques de rigueur et la prise de conscience qu'une minorité confisque les richesses et se façonne un régime sur-mesure pour pérénniser sa position.
Les fondamentaux du capitalisme financiarisé l'ont asphyxié. Il ne respire plus qu'artificiellement...L'appauvrissement de la classe moyenne et la relégation d'une part de plus en plus grande des populations dans les marges de la société, seul moyen de la part de l'oligarchie pour préserver le sytème qui lui rapporte tant, ne pourra tenir qu'on sacrifiant la démocratie. Il n'est pas étonnant que nos dirigeants européens cherchent actuellement à promouvoir une inscription dans les constitutions de règles budgétaires interdisant les déficits et par conséquent toute alternative à l'austérité dans un contexte de crise, empêchant donc la pluralité de l'offre politique. C'est une façon d'entériner la fin de l'Etat protecteur et celle de la souveraineté populaire...
Face à l'absence de choix et à la constatation que les partis dits de gouvernement, une fois au pouvoir appliquent les mêmes principes de gestion, économiques notamment, il n'est pas étonnant de voir monter les extrêmes, qui plus est dans un contexte de crise et sur un substrat individualiste, qui favorise les thèses fascisantes, au détriment des idées de gauche, durablement discréditées par la social-démocratie et la gauche dévoyée dans son ensemble.
Il est bien entendu difficile de prévoir quelle sera la tournure du futur. La crise ne s'est vue proposer aucune résolution sérieuse et s'approfondit malgré les envolées optimistes de nos représentants politiques. Des chocs nouveaux sont annoncés, corollaires de l'éclatement de nouvelles bulles spéculatives, de l'aggravation des situations économiques des Etats provoquée par l'austérité censée, comme une bonne saigné au 17ème siècle, les purger et les rétablir dans leur santé. Les dettes tant publiques que privées deviennent insoutenables, les banques affichent des bénéfices insolents grâce aux largesses des contribuables, aux efforts des salariés et à la pusillanimité des élus (ou pas s'agissant des directeurs de banques centrales par exemple), tout en cachant soigneusement hors comptabilité les brouettes géantes d'actifs pourris qui ont font des sortes de vampires, incroyablement forts et vivants, mais morts tout de même et dont la chute est inéluctable tant leur goût du sang s'avère incurable.
C'est pas beau, hein, un financier ?
Par ailleurs, la situation géostatégique est porteuse d'instabilité que nourrit la crise et dont la crise se nourrit. Que se passera t'il si l'Arabie saoudite est touchée par la fameuse révolution du jasmin ? Il n'a suffit que de la paralysie d'un producteur mineur de pétrole, la Lybie (10% des importations européennes) pour faire flamber le cours du baril et menacer la reprise déjà atone de l'économie. Quid en outre de l'affaiblissement de la puisance Etats-Unienne dont certains pensent que le basculement du régime égyptien est l'analogie de ce que la Pologne avait été pour l'URSS. La montée du Tea party, rassemblement libertarien d'extême-droite, est une menace considérable dans un pays qui demeure la première puissance militaire du globe et dont on connaît les élans martiaux quand la situation intérieure est chaotique et elle l'est de façon considérable en ce moment (nombreux sont les états fédérés qui sont en situation de faillite). Par opposition, la Chine apparaît comme le nouvel acteur dominant dans le monde, sans pour autant être exempt de failles économiques. Il représente par ailleurs un certain idéal capitaliste : la dictature de marché...
Les incertitudes sont nombreuses quant à l'évolution des choses. Il semble quasi certain cependant que nous allons vivre des moments chaotiques et historiques, avec une faible probabilité d'issue heureuse à court terme, issue positive à laquelle il faut pourtant croire et contribuer, ne serait-ce que par dignité d'être humain. Pour le moment et dans l'attente d'un basculement, le monde marche sur la crête...
Il faudra le temps qu'il faudra, mais nous y arriverons !
17:31 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : crise, révolution, jasmin, egypte, tunie, lybie, madison, islande
23.01.2011
Parti de gauches
La bienpensance mediatico-politique s'agite en ce moment, quand elle n'est pas surprise par telle révolution tunisienne et la fuite d'un certain quasi-dictateur pourtant considéré la minute précédente comme un grand démocrate, autour de la montée des populismes.
Le populisme c'est l'ennemi de la politique raisonnable et consensuelle, celle qui, menée depuis trente ans et dont l'exemple le plus abouti s'observe dans les institutions européennes, a conduit le monde dans l'impasse qu'il connaît aujourd'hui. Donc forcément, le populisme c'est pour les démocrates autoproclamés, n'importe quelle tentative pour remettre en cause le néolibéralisme et l'économicisme apolitique (en apparence seulement). Secondairement, prendre l'acception à son origine, c'est à dire comme un courant politique tourné vers les préoccupations du peuple, n'est jamais évoquée aujurd'hui que comme amalgamée avec la démagogie. Le suffrage censitaire, c'était tout de même mieux n'est ce pas ?
Comme aux plus belles heures de la campagne pour le referendum sur le TCE en 2005, voilà que media et partis politiques dits de gouvernement ne tarissent pas d'excommunications en direction des apprentis dictateurs qui font entendre une voix forte et dissidente.
Au coeur des critiques, le FN bien entendu mais aussi et surtout, le Parti de Gauche et plus spécialement son co-président, Jean-Luc Mélenchon, cible privilégiée des gardiens de la morale politique. La défense contre la montée supposée de ces deux partis dans l'électorat est bien connue : l'amalgame rouge-brun dont on a pu constater la redoutable efficacité lors du referendum sus-cité, perdu à plate couture. Mais qu'importe, outre la mauvaise foi éhontée qui consiste à confondre deux mouvances politiques qui n'ont absolument rien à voir dans le fond, on continue dans les milieux, souvent très favorables à l'Union telle qu'elle est aujourd'hui, à utiliser des méthodes d'une bêtise crasse et surtout d'une inefficacité totale.
Au delà du caractère profondément insultant pour quelqu'un qui porte des convictions de gauche, républicaines, laïques et jacobines en tungstène, à se voir accolé à une formation politique qui en est l'antithèse, une réflexion sur le pourquoi de tels subterfuges s'impose.
Il y a d'une part toujours cette même incompréhension de la colère populaire vis à vis de la gestion de la crise et de plus en plus consciemment, des dogmes qui, appliqués depuis trente ans, ont accouché de cette cassure mortelle du système. Mais foin d'analyse objective, il faut non pas comprendre le ressentiment, mais parer les dangers pour les dirigeants en place qu'il représente.
Il est vrai qu'en temps de crise, les solutions simplistes et autoritaires peuvent rapidement séduire et dégénérer gravement. L'Histoire nous l'a montré, particulièrement en Europe. Mais suffit-il de seulement stigmatiser les offres électorales qui n'ont pas obtenu le label "démocratie de marché", dire que c'est un vivier de méchants pas beaux, pour les neutraliser ? Dénoncer l'inconscient totalitaire de la gauche dite radicale, qui se manifesterait par un soutien aux dernières républiques populaires, sert-t'il de sinécure contre toute atteinte à la pensée unique ?
Cuba : résidence secondaire de Satan selon les bons démocrates
En effet, on assiste en ce moment à une tentative de décrédiblisation et de salissement de Jean-Luc Mélenchon, qui un peu provocateur, un peu excédé par le deux poids deux mesures qui règne en matière de condamnation de régimes autoritaires (voir la Tunisie, qui parce qu'elle avait accepté pleinement l'économie de marché, était bien entendu beaucoup moins dénoncée que Cuba par nos braves prêtres de l'orthodoxie économique et accessoirement, de la liberté), boycotte les résolutions de l'UE uniquement dirigée vers Cuba ou dernièrement la Biélorussie. De là à en faire un soutien des pouvoirs en place, il y a loin mais pas pour les "raisonnables" On peut voir une bonne traduction de cette expression quasi inquisitoriale ou mac-carthyiste chez le journaliste spécialiste des affaires europénne, Jean Quatremer, sur son blog : les coulisses de Bruxelles.
Donc, accuser le parti de gauche, d'avoir des visées liberticides et l'adosser au FN, doit suffire à écarter les brebis égarés qui seraient tentées d'y diriger leur vote. Cela revient à dire que la méfiance populaire vis à vis de ce qu'on appelle les élites n'existe que parce que certains prennent un porte voix et dicte aux citoyens la voix du diable. C'est pratique, cela évite de réfléchir et de remettre en cause la politique menée depuis le milieu des années 80. En gros, il suffit d'actionner l'interrupteur : eux méchants, position off, eux plus dangereux, eux plus exister. Inutile de dire que c'est illusoire, que c'est vraiment prendre les électeurs pour des êtres quasiment dépourvus de tout jugement et surtout de réflexions préexistantes, qu'elles soient bonnes ou mauvaises, intelligentes ou totalement mesquines.
Tunisie : ancienne destination balnéaire des bons démocrates très surpris d'apprendre que c'était une quasi-dictature
D'autre part, la méfiance vis à vis d'une gauche qui retrouverait le chemin du combat politique et du clivage, une gauche qui ne renierait plus son substrat marxiste et ses traditions jacobines, cette méfiance devient prégnante et bien visible. Le Ps bien entendu, toujours en fonctionnement végétatif d'un point de vue idéologique et tout occupé à trouver sa star pour 2012, s'inquiète de la possible progression d'une formation qui n'a pas renoncé à l'action politique et qui souhaite lui redonner des marges de manoeuvres, vis à vis du secteur financier par exemple. Les verts aussi voient monter cette concurrence d'un oeil suspicieux alors qu'une entente avec les composantes les moins libérales, encore majoritaires, de ce parti et le PG pourrait donner des résultats appréciables, voir permettre une accession au deuxième tour de l'élection présidentielle. L'Ump quant à elle souhaite continuer à marginaliser le FN pour au mieux garder les voix qui en proviennent et qu'elle a su capter en reprenant une bonne partie du programme frontiste en 2007, au pire, en favorisant l'amalgame entre extrêmes, espérer assez logiquement que c'est la droite nationaliste et xenonophobe qui en profitera, lui fournissant un socle de reports au deuxième tour.
Ben Ali : grand démocrate selon le président actuel français et les bons démocrates.
L'objectif est au final de préserver le système tel qu'il est, une fuite en avant qui pourtant laisse augurer de grands dangers politiques, faute de réponses lucides et adaptées. Une visite sur le blog de Jean-Luc Mélenchon mais aussi sur ceux que je recommande régulièrement, à savoir ceux de Paul Jorion et de Frédéric Lordon (qui ne se réclament pas du Parti de Gauche mais déroulent des arguments dont certains sont proches des positions mélanchoniennes), devrait suffire à montrer que rien ne peut les identifier, sur le fond, à l'extême droite. D'ailleurs son restylage ne fait pas oublier que ses ressorts sont strictement opposés à ceux de la gauche assumée. En effet, quand les uns vont jeter l'opprobre sur les plus fragiles (immigrés, fonctionnaires, chômeurs et autres "parasites" sociaux), les autres promeuvent un retour à l'intérêt général, à la chose commune, au rôle de l'Etat protecteur, qui garantissent la liberté des plus faibles en limitant les pouvoirs abusifs de la minorité dominante.
Jean-Luc Mélenchon : nazioïde de gauche, selon Plantu et les bons démocrates
On est loin de cette recherche de nuance dans les condamnations empesées de certaines figures médiatiques et politiques, qui si elles se réunissaient, feraient de leur hypocrisie, de leur incompétence et défaillances intellectuelles, de leurs maladresses insignes, un véritable parti de gaucheS.
18:06 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : jean-luc mélenchon, parti de gauche, populisme
08.01.2011
Jouons un peu en 2011 !
Une fois n'est pas coutume, je vais vous parler, en guise de voeux de bonne année que je n'évoquerai que par les quelques mots qui précèdent, d'un petit jeu video sur Pc auquel j'ai pu m'adonner pendant mes vacances.
Machinarium, tel est son nom, est ce qu'on appelle dans le "milieu" des joueurs un jeu d'aventures point and click, genre dont la vieille école, dont je suis, forcément, s'est repue dans les années 90, mais un peu tombé en désuétude avec la frénésie d'action et de délires techniques et visuels qui s'est saisie de l'indutrie vidéoludique depuis. Il est sorti il y a un peu plus d'un an, fruit d'une petite société indépendante tchèque, Amanita design qui le diffuse par téléchargement (une version Cd est disponible sur le site officiel).
Le jeu vous place dans la tôle d'un petit robot à la bouille sympathique. L'introduction vous fait comprendre que pour une raison encore inconnue, on a décidé de le jeter aux ordures. Le but de votre quête va être de regagner la ville d'où vous venez et bien entendu de démêler le fin mot de l'histoire.
La méthode pour y arriver est pour le moins classique dans le genre, vous balayez les décors à la recherche d'objets que votre personnage peut ramasser et stocker dans le cylindre d'acier qui lui sert de corps et il s'agit de les faire intergagir entre eux, avec l'environnement ou les autres personnages afin de progresser. Rien de révolutionnaire donc de ce côté, mais il faut souligner que tout est toujours très distinct et que l'on est jamais bloqué parce qu'on a oublié un pixel dans un écran et que c'est là qu'il fallait cliquer pour obtenir un item ou une information. De plus, les énigmes sont toujours relativement logiques. Les casses-têtes dont la résolution est nécessaire pour ouvrir certaines portes ou accéder aux commandes de certains objets ou machines sont souvent assez retors mais diablement addictifs.
Mais le gros point fort du jeu, c'est son univers. Amanita design qui édite ce jeu possède manifestement des créatifs de premier ordre. Le monde décrit est assez froid et déshumanisé, au sens propre puisqu'il n'est habité que par des robots, aux comportements très proches des nôtres cependant. Même les chiens, chats, oiseaux et autres compagnons domestiques, sont mécaniques. Malgré l'aspect un peu glauque, poussérieux, désanchanté et décrépit de la ville, lieu principal de l'histoire, il s'en dégage aux travers des tableaux que nous proposent les auteurs, énormément de finesse et de poésie. L'humour n'est également jamais loin.
Graphiquement, Machinarirum est une grande réussite avec ses décors d'une très grande finesse malgré le rendu volontairement crayonné au second plan, qui donne tout son caractère et son charme aux dessins, dans un style un peu expresionniste et art-déco. La cité apparaît comme une champignonnière à la fois technologique et anarchique, moderne et à l'abandon. C'est un régal pour les yeux.
Les oreilles ne sont pas délaissées car les musiques sont elles aussi remarquables, à la fois froides et douces, entêtantes mais jamais lassantes ou agaçantes, comme cela peut arriver dans des jeux où on peut passer parfois des heures sur le même écran, à s'escrimer contre un casse-tête rebelle à nos efforts intellectuels. La bande originale est d'ailleurs disponible en Cd sur le site du jeu. Il faut noter qu'il n'y a aucun dialogue parlé durant l'aventure. Les personnages communiquent par bulles imagées et la narration utilise le même procédé quand besoin s'en fait sentir. C'est souvent drôle et toujours bien réalisé, dans un style un peu naïf...
Pour finir, les animations sont nombreuses, qu'elles concernent les arrières plans pour l'ambiance, ou les personnages. Elles sont plutôt fluides et diversifiées, avec le même souci du détail esthétique, poétique ou humoristique qui caractérise Machinarium.
Voilà de quoi passer une dizaines d'heures réjouissantes pour une somme modique d'une quinzaine d'euros (moi, on me l'a offert donc plaisir gratuit) et avec le sentiment du devoir accompli, après avoir aidé un petit robot gentil et rigolo à traverser quelques péripéties et l'avoir replacé sur le chemin d'une vie heureuse, simple et tranquille.
Je le conseille vivement aux amateurs de ce type de jeu, assez rare de nos jours...
18:23 Publié dans Dream machine, Jeux | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : machinarium, jeu video, point and click, jeu d'aventure, amanita design
































































































































