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14/07/2013

La sous France

Alors que le soleil écrase enfin nos contrées qu'il avait déserté tant de mois durant, que le tour de France, épreuve dont l'intérêt sportif a été sans doute définitivement annihilé par les contraintes financières et marketing, est lancé sur les pentes caillouteuses du Ventoux, que les coureurs, junkies irrémédiables s'agitent au nom, non plus du sport et du dépassement, mais de l'argent roi, il ne reste que notre pays à contempler, lui qui demeure toujours aussi fabuleux de beauté et de diversité.

Combien de temps survivront encore ces fameux terroirs qui font la richesse, notamment touristique, de l'hexagone ?

Poser cette question n'est pas un exercice étrange, au moment où, en parallèle donc, avec cette épreuve cycliste séculaire dont je parle en préambule de ce billet, témoin hypocrite de la France éternelle, de grandes manoeuvres sont poursuivies pour la normaliser, en faire un simple satellite occidental d'un empire américain qui tente d'échapper à son déclin en cours et inéluctable. Il cherche donc à annexer officiellement son vassal européen, pour contrebalancer l'ascension des pays émergents.

Le traité de libre échange transatlantique, dont les négociations viennent de commencer dans la plus grande opacité et le désintérêt complice des media, est sans doute la dernière arme pour faire de notre pays un territoire anglo-saxon comme les autres, pour le soumettre au règne sans partage de la marchandise et de la spéculation. Que subsistera t'il de notre modèle socio-économique, sans doute un des plus équilibrés au monde malgré ses défauts par ailleurs, quand le dogme de la libre concurrence et du commerce sans entrave aura balayé toute résistance à la préservation du bien commun et de sanctuaires non marchands ?

Cette capitulation sans conditions au monde de la finance, c'est le Ps qui la met en oeuvre. Hollande n'aura donc pas combattu une minute ces financiers dont il avait pourtant fait ses ennemis, le temps éphémère d'un discours de campagne au Bourget, dont le seul objectif était de détourner les gogos d'un vote Front de gauche dont les estimations progressaient rapidement à ce moment. Mission réussie et conséquences désastreuses bien prévisibles...

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C'est donc l'ancienne gauche qui détruit ce qui reste de nos spécificités, qui applique une austérité absurde qui produit chez nous le même mal qu'elle a engendré ailleurs, qui nous soumet sans discussion aux desiderata des américains et de la commission européenne, qui renonce à tout projet mobilisateur pour la France afin de ne pas parasiter une intégration européenne toute entière tournée vers le bien-être du secteur financier.

Ces politiques toxiques créent un malaise profond et potentiellement violent. Elles échouent lamentablement sur les causes de la crise, que nos dirigeants ne veulent toujours pas comprendre. Le désarroi cristallise autour du rejet de la politique d'une part, de la tentation d'un vote neo-fasciste d'autre part,  pour ceux qui se souvenant malgré tout qu'ils sont électeurs, se portent sur des solutions simplistes de rejet, solutions vers lesquelles dirige implictement le système politico-mediatique. En effet, le Fn est devenu le creuset officiel du mécontententement, vers lequel on préfère se voir se déverser les citoyens irrécupérables pour la propagande orthodoxe des partis dits de gouvernement (UMP, PS, MODEM, UDI, EELV), plutôt qu'ils se dirigent vers les solutions de remise en cause de l'économie néolibérale, que proposent le Front de Gauche et certains autres mouvements politiques ou para-politiques.  C'est une attitude irresponsable, qui, à la remise en cause idéologique, préfère miser sur l'impossibilité aux force d'extrême-droite d'accéder au pouvoir, voire, le cas échéant à la conviction que le Fn ne toucherait pas aux fondamentaux du néolibéralisme s'il y parvenait tout de même.

C'est bien cela qu'il faut retenir. L'orthodoxie ne craint pas le Fn. Elle le pose comme seul recours anti-système en le dédiabolisant, en oubliant étrangement sa proximité avec des groupes néonazis ultra-violents que l'on a pourtant vu à l'oeuvre au moment de l'affaire Méric. Elle sait que la finance ne risque rien, que le discours ouvriériste n'est que de façade, comme il l'a toujours été dans l'histoire de la part de l'extrême-droite. Ses efforts de décrédibilisation, elle les porte sur Mélenchon et la gauche assumée, en attaquant systématiquement sur la forme pour noyer la pertinence des constats et des solutions de fonds.

Ainsi va l'évolution politique, de sacrifices inutiles des catégories les moins favorisées en renoncements lourds de lendemains qui déchantent. Beaucoup se cachent la tête sous le sable pour ne pas se responsabiliser, pour ne pas céder au désespoir, pour ne pas assumer. Pourtant en ce 14 juillet, nous mériterions mieux que de céder à la perspective de la sous France...

 

 

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Cela fait partie des choses pour lesquelles nous devons nous battre. Permettez moi d'en profiter quelques jours, tant que je le peux...