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09/12/2013

Croire au père Noël

Voilà que se figurent déjà à l'horizon les volutes d'or et de brouillard des fêtes de fin d'année. Un peu plus chaque année se côtoient les lumières des célébrations et l'ombre de plus en plus insistante des laissés pour compte d'une société lézardée par la crise.

Dans ce contexte de décrépitude de l'Etat, savamment alimentée par nos représentants politiques, les inégalités augmentent en flèche et les contestations, encore morcelées et souvent corporatistes, à courte vue, enflent graduellement. Il serait pourtant urgent de réhabiliter les structures étatiques, qui sont celles, aussi importantes que ses fonctions régaliennes, de la redistribution, de l'investissement et des services publics, garants de la cohésion territoriale et in fine, sociale.

Voilà pourquoi le Front de Gauche a organisé une grande marche pour la révolution fiscale, afin de bien souligner l'importance de l'impôt comme nécessaire fondement de la République, à la condition qu'il est juste et utilisé en direction du bien commun. Autant dire qu'il faut aller à l'opposé de ce qu'a choisi le gouvernement de droite actuel, par ses cadeaux fiscaux aux entreprises qui délocalisent et l'augmentation en janvier de la TVA, qui touchera elle, les plus fragiles. C'est également prendre le contrepied de certains mouvements régionalistes anti-fiscaux qui sont en réalité orientés par des barons locaux. Eux ne rêvent que de conforter leur pouvoir au détriment de l'Etat et d'une grande majorité de la population dont une partie les suit benoîtement aujourd'hui sans en mesurer les enjeux.

C'est peu de dire que cette tentative de poser le problème fiscal sous un jour différent de l'habituelle antienne orthodoxe du "raz-le-bol fiscal" a été combattue par l'alliance routinière du système politique et médiatique, peut-être à un point encore jamais vu. Le succès de la manifestation est objectif. Le Figaro peu suspect de sympathie pour Jean-Luc Mélenchon a concédé qu'il y avait plusieurs dizaines de milliers de personnes le dimanche 1er décembre. J'estime pour ma part la participation à 50000 personnes environ, le parti de Gauche lui, en ayant compté 100000, ce qui paraît un tantinet exagéré, mais beaucoup moins ridicule que le chiffre de la préfecture, qui pourtant lui, n'a pas été contesté. Nos adversaires dépités et apeurés se sont donc rués sur tout espèce de prétexte pour minimiser cet évènement, dans le sillage des réseaux sociaux d'extrême-droite, dénonçant des montages photos imaginaires, tricheries qui se sont révélées en fait l'oeuvre des médias eux-même, I-Télé ayant été pris la main dans le sac en diffusant des images tirées d'une manifestation clairsemée ayant eu lieu la veille.

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2 selon la police...

 

Il paraît pourtant que Jean-Luc Mélenchon est sur le déclin et le FdG prêt à éclater, sans influence aucune. Hé bien, que seraient les réactions de nos opposants si nous n'étions pas si insignifiants ! On pourrait craindre les chars...La vérité est que, outre nos capacités de mobilisation intactes et supérieures par exemple à celles des bonnets rouges, ce sont surtout nos propositions qu'il faut absolument masquer, d'où les attaques systématique sur la forme, pour qu'on ne puisse discuter du fond.

Le fond c'était donc une réforme en profondeur du système fiscal, mais pas celle que le premier ministre Ayrault aux abois a annoncé à la surprise générale, contre-disant Cahuzac, homme qui lui est désormais seul, qui l'annonçait déjà faite au moment d'un débat avec Jean-Luc Mélenchon. La réaction en toute hâte du gouvernement fait directement suite à l'organisation de la marche pour la révolution fiscale. Encore une fois, pour une formation politique sans influence, il est à constater que le FdG, fait pourtant s'agiter beaucoup de ses adversaires.

La fiscalité est la condition nécessaire du fonctionnement d'un Etat. C'est elle aussi qui va déterminer ses marges de manoeuvre dans l'établissement d'un budget. Voilà pourquoi, face à l'austérité mortifère qui nous est proposée comme remède universel et qui nous tue plus sûrement que le plus nocif des poisons, il est indispensable de rendre visible les alternatives structurés et étayées. Le contre-budget du Parti de Gauche en fait partie.

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Il prévoit un exercice excédentaire, à mille lieux des comptes tournés uniquement vers la satisfaction des spéculateurs et autres financiers, grands patrons et idéologues néolibéraux de tout poil. Il propose par exemple :

-la remise à plat de l'impôt sur le revenu, qualifié de citoyen, dont l'assiette serait élargie pour concerner une majorité de la population, mais bien plus progressif, avec 14 tranches, pour que chacun paie réellement selon ses moyens. Il toucherait également le travail et le capital alors que ce dernier est largement protégé aujourd'hui. Cela explique pourquoi la charge de l'impôt repose essentiellement sur les classes moyennes et populaires, à bout de souffle. C'est aussi pour cela que l'unique solution proposé par les orthodoxes est de dépecer l'Etat et ses services publics, qui bénéficient pourtant aux plus fragiles. Ces derniers devront payer incommensurablement plus pour accéder à des prestations privées, pour l'éducation, la santé etc, que ce qu'il acquittent comme impôt aujourd'hui.

-la lutte sans merci contre la fraude fiscale et la multiplication des niches. Pour cela il faut donner les moyens à l'Etat de mener ce combat, qui pourrait à lui seul faire revenir des dizaines de milliards d'euros dans ses caisses, alors qu'ils nous échappent aujourd'hui, à destination des paradis fiscaux et de la spéculation, elle même facteur du démantèlement de nos industrie et de nos emplois.

-financer la transition vers une économie durable et écologiquement responsable. Outre la préservation de notre environnement, donc de notre santé et également des revenus du tourisme, elle sera à l'origine de centaines de milliers d'emplois (825 000 selon l'ADEME), dans la recherche et ses applications : énergies nouvelles, exploitation raisonnée de la mer, des forêts, nouvelles techniques propres de production etc...

-Reconstruire notre système de santé, de moins en moins efficace, de moins en moins accessible aux populations les moins favorisées, suite aux appétits des intérêts privés qui y voient une source inépuisable de profit. Qu'importe pour eux et pour leur complices politiques que les inégalités devant cette question essentielle qu'est la santé explosent en fonction des catégories socio-professionnelle. Le budget du Parti de Gauche se donne les moyens de rembourser les soins incontournables comme la médecine générale, l'hospitalisation, les soins dentaires, auditifs et ophtalmologiques à 100%. La tarification à l'acte, ses dépassements d'honoraires galopants, et la gestion des médicaments, gouffres financiers pour la Sécurité sociale, seront également réformés

-la cohésion territoriale sera de nouveau une priorité, loin de la décentralisation néolibérale qui intensifie la compétition entre collectivités et accentue les inégalités. L'Etat sera de nouveau force de proposition et de planification pour équiper et investir dans l'avenir, de façon équitable et avec pour unique objectif de préserver le bien commun.

 

Je ne saurais trop vous encourager à lire ce document qui présente des propositions fouillées et argumentés, cohérentes et chiffrées. Peut-être que cela pourrait convaincre salutairement qu'espérer un changement radical, ce n'est pas croire au père Noël.