19.07.2008
Hello goodbye !
Il y a dix ans, à une semaine près, la France se réveillait championne du Monde de football, tout allait bien, nous allions travailler moins, le gouvernement Jospin était encore à peu près de gauche et l'esprit du sport l'emportait sur le fric (superficiellement), la fraternité sur la mesquinerie quotidienne. Un rêve black-blanc-beur de bien courte durée mais un bien beau moment de plaisir car tout cérébral que je suis, je suis un amateur invétéré de sport et un supporter de tout ce qui porte une tunique bleue et qui le mérite (à destination de ceux qui pensent qu'on est champion du monde parce qu'on porte un maillot étoilé, même si ils étaient à peine capable de shooter dans un ballon en 1998). Mais finalement, ce n'est pas si antinomique que ça. Le sport, malgré ses dérives actuelles est un peu un condensé de ce qui fait l'humanité : un profond instinct animal de domination physique transcendé par la capacité d'abstraction. Hé oui, courir après la baballe, c'est une transcendance, c'est profondément intellectuel, tout en étant profondément animal. C'est humain donc...
C'est avec pas mal de nostalgie que je dis goodbye à cette page de ma jeunesse et du sport français et que j'en viens à mon propos du jour. Goodbye et Hello donc. Hello Saferide pour être précis, Säkert dans son pays natal pour être complet, de son vrai nom Annika Norlin pour être exhaustif, suédoise de son état, pas mal de sa personne et pop-folkeuse qui mérite un coup d'oreille.
Comment ais-je rencontré cette jeune trentenaire me demanderez vous, interloqués par ma propension à vous sortir de mon chapeau, d'illustres inconnus en nos contrées verdoyantes ?
Je répondrais en louant le grand capital qui a eu la bonne idée de marier la mélopée d'un beau chassis pour promouvoir une belle cylindrée. Pour ceux que mon vocabulaire digne d'un docte représentant de l'automobile club de France se révèlerait un peu sybillin, voire un tantinet abscons, je vais préciser ma pensée.
Il se trouve qu'une de ses chansons a été choisie comme fond sonore pour la dernière pub Volvo vantant les mérites de la C30. Musique suédoise pour technologie suédoise donc. Séduit par l'air entrainant, je suis allé illico sur Musique de pub pour avoir le nom de l'artiste ou du groupe à l'origine du morceau et hop, les présentations étaient faites.
Hello saferide, dont le pseudo a paraît-il été inspiré par la rencontre avec un routier passablement éméché, donne dans le pop-folk frais et léger, parfaitement adapté aux temps estivaux. Elle s'inscrit dans la tradition suédoise d'artistes pop qui pratiquent certes une musique pas très révolutionnaire mais talentueuse par ailleurs, souvent très bien produite et arrangée. On pourrait citer bien évidemment Gran Turismo mais ce groupe lorgne davantage du côté du pop-rock que du pop-folk. La comparaison avec Loney, dear est plus pertinente même si ce dernier sort un peu plus des sentiers battus.
Son premier album, Introducing, où n'apparaît pas la chanson de la pub pré-citée, I was definitely made for these times, il faut le noter, égrenne 12 petites perles à l'accent musical furieusement américain, que l'on pourrait retrouver dans une série pour ados (attardés ou pas), ce qui n'est pas péjoratif tant qu'on ne caricature pas le style. Comme je l'ai déjà dit, on ne lui donnera pas le premier prix d'originalité mais les chansons sont gaies, la voix d'Annika, fragile mais bien posée dans sa douceur, les guitares bien présentes. Leur timbre est bien plus cristallin qu'énervé mais ça ne surprendra personne dans ce type de musique. La production respecte le ton de légèreté qui se dégage d'Introducing. Elle évite donc la débauche d'arrangements baroques, mais sait être variée en ajoutant au parfum général "soleil couchant sur la plage" quelques arômes de trompettes pour les morceaux enlevés (If I don't write this song, someone I love will die par exemple) et un saupoudrage sucré de cordes ou de claviers discrets sur les titres plus lents.
La suédoise fait de la bonne musique mais a un physique ingrat en général :oB
Le clip n'a rien à voir avec Hello Saferide mais c'est le seul lien que j'ai trouvé pour cette chanson, qui est donc celle de la pub.
If I don't write this song, someone I love will die
Introducing est un album de pop-folk très agréable, idéal pour un trajet vers les vacances. Rien d'extraordinaire mais des chansons attachantes, à la fois entrainantes, douces et acidulées, un peu comme celles de Thao N'Guyen dont j'avais parlé il y a quelques temps.
Photo : Robert Henriksson
http://www.myspace.com/saferide
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30.03.2008
What's the matter ?
Pour mon anniversaire, mon frère m'a offert le dernier album de Syd Matters, qui comme son nom ne l'indique pas, est un groupe français dont la figure de proue et le fondateur est Jonathan Morali. J'en avais déjà entendu parler sur le site des Inrocks qui ont chroniqué son dernier Cd et qui quelques temps auparavant avaient adressé leur prix CQFD à Syd Matters.
La critique était enthousiaste et ma curiosité m'a poussé à chercher sur le net des possibilités d'écoute de son dernier album, à savoir Ghost days. Le folk éthéré, mélancolique et original du groupe n'a pas mis longtemps à me séduire et le Djib (voir post sur ma bannière) n'a lui pas tardé à faire la même découverte et à m'acheter l'opus en question. C'est cool d'avoir un frère qui a presque d'aussi bons goûts que soi !
Jonathan Morali pratique donc un folk-pop extrèmement inventif et baigné d'une ambiance ouatée, légèrement surréaliste. Le visuel de son album et de ses clips viennent d'ailleurs confirmer qu'à l'écoute de sa musique, on change quelque peu de dimension pour entrer dans un monde fantasmatique, étrange et d'une douceur élégiaque. Construit autour d'une guitare acoustique , les morceaux s'enrichissent progessivement d'instruments divers où l'on remarque la présence répétée d'un clavier dont la sonorité se situe entre l'orgue de barbarie et l'ocarina. C'est peu commun et complètement adapté à la tonalité rêveuse, bizarre et un peu surranée du disque. Les compositions, qui suivent assez rarement le chemin trop balisé du couplet-refarin sont visitées également par des guitares électriques, des pianos, des cuivres (bien lustrés), des cordes (pas trop tendues) et quelques effets numériques qui font que Ghost days lorgne parfois du côté de l'électro organique. On remarque également la tendance qu'a la batterie, la plupart du temps discrète, à s'émanciper des rythmes quaternaires pour entrainer la basse et les pickings de guitare dans des discours compliqués.
C'est ainsi que les chansons empruntent à la fois à la nostalgie sepia, aux scintillements intermittents de la technologie moderne et à l'excentricité de constructions harmoniques et rythmiques bien plaisantes. Si l'on y ajoute la voix de Jonathan Morali, douce, flottante et précise à la fois, proche de celle de Rufus Wainwright qui se ferait discret et timide, des paroles en anglais qui ne démentent pas l'aspect onirique de Ghost days, on arrive à un mélange des plus réussis qui ressort particulièrement sur des titres comme Everything else, My lover's on the peers, After all these years, Louise, Me and my horses et à peu près tout le Cd en fait. Au final, on obtient un très joli album, créatif, tendre, subtil, mélancolique et mélodique. Une belle découverte...
Syd Matters sera en concert à La Cigale, le 11 Juin 2008 à Paris.
20:38 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
08.03.2008
Ainsi était le commencement...
Ma première note sera musicale. Une note de musique, logique finalement…
Connaissez-vous Thao ? Non, pas le Tao des cités d’or mais Thao, Thao N’Guyen ? C’est une jeune américaine d’origine vietnamienne. Il faudrait que vos cerveaux soient bien bridés pour ne pas l’avoir deviné rien qu’à son patronyme.


Moi je ne la connais que depuis quelques semaines et musicalement depuis quelques jours seulement. J’ai lu une petite critique de son dernier album sur les inrocks, puis j’ai visité son espace (herspace) sur le net et j’ai tout de suite été séduit par ses chansons légères et sautillantes.
Miss Thao donne dans le folk-rock primesautier, dans la guitare post-adolescente. Dans son album, We brave bee stings and all dont le titre s’accorderait bien à la geste un peu vantarde d’un jeune et brave héro en culottes courtes, elle a mis onze petits bonbons à la sève de printemps.
La musique de notre mignonne asiatique respire la jeunesse comme un mois d’Avril sent le lila. C’est gai, léger, ça a 20 ans. Et ça me fait penser aux miens qui sont tombés de ma poche un jour où comme tous les autres, je regardais ailleurs. Je ne les ai jamais retrouvés…Du coup, mademoiselle Thao sème le printemps et ce sont des fleurs d’automne qui éclosent dans mes oreilles. La gaieté et la mélancolie sont toujours voisines en fin de compte.
Mais cet album, il y quoi vraiment dedans, me demanderez vous ?
Des comptines folk, faites d’un joli tissu chamarré de guitares, rapiécé ici et là avec quelques fils de banjo et des chutes de piano. On y trouve aussi quelques broderies cuivrées. Le son est le plus souvent cristallin, gracile comme une jeune beauté. Les accords ont à peine 18 ans mais sont toujours majeurs. Des petits devenus grands certes, gorgé d’énergie il va de soi, mais toujours très tendres.
Comme la demoiselle est née dans l’Est des Etats-Unis, dans les Appalaches de Virginie pour être plus précis, il n’est pas étonnant de trouver ça et là quelques pointes de jazz et de blues. Quelques arrangements en pentatonique servent de décoration exotique en provenance indirecte d’Indochine.
Voilà donc un album bien sympathique, tout en décontraction genre je tape le bœuf avec mes potes étudiants sans me prendre la tête, je chante tout juste juste mais on s’en fout, le ciel est bleu et le soleil brille. Thao me rappelle les jumelles Tegan et Sara dans un style moins noisy, cabotin et petite peste. Elle pratique une musique à l’identité très teenager américain cool, comme peut le faire aussi Nada Surf par exemple. Cela conduit rarement au chef-d’œuvre mais c’est efficace et très plaisant.
Mes chansons préférées : Beat (health, life and fire); Big kid table ; Swimming pool ;Yes, so on and so on.
Un petit défaut tout de même : c'est un peu court, même pas une demi-heure. Ah la jeunesse....Toujours pressée...
http://www.myspace.com/thaomusic
01:00 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : thao n'guyen, folk-rock, we brave bee stings and all












