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30/03/2008

What's the matter ?

Pour mon anniversaire, mon frère m'a offert le dernier album de Syd Matters, qui comme son nom ne l'indique pas, est un groupe français dont la figure de proue et le fondateur est Jonathan Morali. J'en avais déjà entendu parler sur le site des Inrocks qui ont chroniqué son dernier Cd et qui quelques temps auparavant avaient adressé leur prix CQFD à Syd Matters.

La critique était enthousiaste et ma curiosité m'a poussé à chercher sur le net des possibilités d'écoute de son dernier album, à savoir Ghost days. Le folk éthéré, mélancolique et original du groupe n'a pas mis longtemps à me séduire et le Djib (voir post sur ma bannière) n'a lui pas tardé à faire la même découverte et à m'acheter l'opus en question. C'est cool d'avoir un frère qui a presque d'aussi bons goûts que soi !

1752368260.jpgJonathan Morali pratique donc un folk-pop extrèmement inventif et baigné d'une ambiance ouatée, légèrement surréaliste. Le visuel de son album et de ses clips viennent d'ailleurs confirmer qu'à l'écoute de sa musique, on change quelque peu de dimension pour entrer dans un monde fantasmatique, étrange et d'une douceur élégiaque. Construit autour d'une guitare acoustique , les morceaux s'enrichissent progessivement d'instruments divers où l'on remarque la présence répétée d'un clavier dont la sonorité se situe entre l'orgue de barbarie et l'ocarina. C'est peu commun et complètement adapté à la tonalité rêveuse, bizarre et un peu surranée du disque. Les compositions, qui suivent assez rarement le chemin trop balisé du couplet-refarin sont visitées également par des guitares électriques, des pianos, des cuivres (bien lustrés), des cordes (pas trop tendues) et quelques effets numériques qui font que Ghost days lorgne parfois du côté de l'électro organique. On remarque également la tendance qu'a la batterie, la plupart du temps discrète, à s'émanciper des rythmes quaternaires pour entrainer la basse et les pickings de guitare dans des discours compliqués.

C'est ainsi que les chansons empruntent à la fois à la nostalgie sepia, aux scintillements intermittents de la technologie moderne et à l'excentricité de constructions harmoniques et rythmiques bien plaisantes. Si l'on y ajoute la voix de Jonathan Morali, douce, flottante et précise à la fois, proche de celle de Rufus Wainwright qui se ferait discret et timide, des paroles en anglais qui ne démentent pas l'aspect onirique de Ghost days, on arrive à un mélange des plus réussis qui ressort particulièrement sur des titres comme Everything else, My lover's on the peers, After all these years, Louise, Me and my horses et à peu près tout le Cd en fait. Au final, on obtient un très joli album, créatif, tendre, subtil, mélancolique et mélodique. Une belle découverte... 

 

 

Syd Matters sera en concert à La Cigale, le 11 Juin 2008 à Paris.

www.myspace.com/sydmatters

20:38 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (5)

24/03/2008

O brothers

Hier, j'ai laissé les cloches sonner toutes seules et je suis allé au cinéma. Je passe rapidement sur la cohue au Gaumont Parnasse rappelant les rassemblements fiévreux au moment des soldes, mais sans la haine de l'autre, pour vous parler du film qui avait fait l'objet de mon choix comme toujours judicieux et pertinent : A bord du Darjeeling limited, de Wes Anderson.

 

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Déjà, les bandes-annonce des deux premiers long-métrage du réalisateur avaient attiré mon attention, tant La famille Tenenbaum et Le monde aquatique semblaient receler la loufoquerie, l'humour décalé et cette légèreté un peu mélancolique que j'aime à retrouver dans ce genre de films, dits indépendants. Malheureusement, je ne les ai toujours pas vus ce dont, après avoir cédé à la troisième tentative d'Anderson pour m'interesser, je ne me félicite encore moins qu'avant.

A bord du Darjeeling limited, c'est l'histoire de trois frères qui ne sont pas plus parlé depuis la mort de leur père, un an auparavant. A l'initiative de l'un d'eux, Francis (Owen Wilson), ils vont se retrouver en Inde à bord d'un train, le Darjeeling limited, afin d'entamer un périple spirituel qui permettra selon Francis, de ressérer les liens distendus. Sauf que bien entendu, tout ne va pas se passer excatement comme prévu...

 

 

Ce "rail movie" tient évidemment beaucoup à la personnalité et l'association des trois frères, campés idéalement par Adrien Brody (Peter), Owen Wilson donc et Jason Schwartzman (Jack). Dire que ces personnes sont originales est la moindre des remarques. Entre Peter, l'illuminé méthodique, enrubanné comme un oeuf de Pâques suite à un accident de moto récent (à l'origine de son désir de renouer les liens avec la fratrie), Jack, le séducteur apathique qui passe son temps à fuir la vie à la vitesse d'un paresseux (l'animal) et Peter, l'ahuri lunatique qui a du mal à se remettre de la mort de son père, Wes Anderson a non seulement créé trois personnage assez innénarables dans leur genre mais aussi réussi un casting quasi-parfait. On en vient ainsi à oublier complètement comment ce trio aux physiques et aux caractères si différents peuvent être liés par les gènes.

 

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Le deuxième apport décisif à ce film, c'est de l'Inde qu'il vient, de son exhubérance, de son exotisme, de son univers chatoyant. Le réalisateur s'en est emparée en la domptant un tantinet, notamment au moyen d'une photo baignée d'une lumière chaude et intense qui polit les couleurs épicées, les adoucit. Le montage du film quelque peu élastique fait se succéder les moments cocasses, voire carrément drôles, avec des épisodes plus tendres, mélancoliques ou poétiques, parfois ponctués de ralentis somptueux. C'est par exemple le cas lors d'une cérémonie funèbre traditionelle, un moment grave du film, mais complètement magnifié par l'image et la musique. A ce titre, la bande-son ne dépare pas, toujours adaptée au ton du film, à la fois légère et décalée, douce et rythmée. Le générique de fin est une surprise incongrue et "spéciale dédicace" à notre pays, mais je n'en dis pas plus.

 

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A propos de surprise, A bord de Darjeeling limited est précédé d'un court-métrage du même réalisateur, avec Jason Schwartzman et surtout, Natalie Portman, une des mes actrices préférées dont on voit généreusement la plastique agréable dans cette courte histoire cependant complètement liée au film qui suit. Excellente idée en tout cas ! A noter aussi une apparition dans le long-métrage cette fois, de Bill Murray que j'apprécie énormément et qui a joué dans les deux réalisations précédentes d'Anderson. (si vous ne les avez pas déjà vu, je vous conseille fortement Un jour sans fin et Lost in translation pour vous faire une idée de la qualité de cet acteur)

Pour conclure, je dirais que je suis sorti très satisfait de la projection. J'ai aimé le côté complètement loufoque de ces trois frères en quête les uns des autres, un peu perdus dans cet univers à la fois brut et délicat, mais toujours chamarré (la déco du train à laquelle sont assortis les uniformes des stewarts et hôtesses vaut à elle seule le détour), de cette envie aussi, de la part de fils de très bonne famille de retrouver peut-être des valeurs essentielles. Le film est beau, décalé, tendre et parfois vraiment hilarant. Un bon exemple des ces films d'auteurs que le cinéma américain autorise encore, dans la veine, des Garden State, Lost in Translation ou Little Miss Sunshine pour ne citer qu'eux.

Recommandé.

20:02 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (7)

21/03/2008

Bon allez, merci hein !

Je tiens à remercier JB, dit le Djib qui a le triste privilège de partager une bonne partie de mes gènes (est ce que ça le gêne ?) mais qui a eu la gentillesse de me réaliser ma bannière, avec ses talents de dessinateur et de toshopeur. Bon, grâce aussi à la palette graphique que j'ai eu l'idée de lui acheter pour Nöel. Il faut bien qu'il y ait un petit retour sur investissement.

Cette bannière reflète bien ce que je suis et ce qui déteindra sur ce blog : immuable, pétri de principes moraux d'un autre temps mais généreux, assez rigide mais accueillant, calme, finalement tolérant sous ses airs bornés, artiste et révolutionnaire dilettante, grand amoureux des chats, romantique, rêveur.

You're welcome.

Encore merci le Djib !

22:31 Publié dans Perso | Lien permanent | Commentaires (2)

20/03/2008

La floraison de Germinal

 Déjà le deuxième printemps en sarkozye

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Mais les cerisiers fleurissent quand même
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Tout n'est pas perdu...

18/03/2008

La déconfiture aux cochons

Voilà, les municipales ont rendu leur verdict et il est très sévère pour l'Ump. La gauche prend 37 villes de plus de 30000 habitants contre quatre seulement pour la majorité, seule trois des dix plus grandes villes de France restent à droite : Bordeaux, Nice et Marseille. C'est ce résultat dans les grandes et moyennes cités qui fait la débacle de la droite car c'est là que le srutin est généralement le moins localiste, qu'il reflète la tendance nationale. Force est donc de constater que le rejet de la politique menée depuis 10 mois est patent.

 

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 Une caricature de caricature vivante

 

Le premier enseignement à tirer de cette élection, n'en déplaise à la bande de Dalton du gouvernement c'est la défiance vis à vis du névropathe et de sa bande. Bien entendu leur réflexe comme toujours en cas de branlée électorale est de nier les faits et de soutenir mordicus que les français ne sont pas mécontents mais impatients. Ils promettent donc d'accélérer le tempo. J'ai envie de dire chiche ! Dans le contexte de malaise social ambiant et de crise économique mondiale potentiellement très grave, ce serait le meilleur moyen de mener la France à une de ces explosions qui lui sont coutumières, la meilleure solution pour que la droite se fasse mouliner après s'être faite laminer hier.

Cela dit, il paraît que les français sont très majoritairement favorables au réformes déjà menées. De la façon dont elles ont été présentées c'est possible : élimination des parasites profitant des régimes spéciaux (le gens n'aime pas le parasite c'est bien connnu), privilèges digne d'un noble du grand siècle ; exonération des droits de succession qui permettent soi-disant aux moins aisés de bénéficier du travail d'une vie de leur parents, sauf qu'avant la réforme la majorité ne payait pas ces droits de succession et que le changement concerne les plus riches bien entendu, libéralisation des heures sup qui sont un succès digne d'une tournée des rolling-stones (sauf que je regrette que dans les sondages, on ne pose pas cette question toute simple : pour gagner plus, préférez vous faire des heures sup ou avoir une augmentation de salaire ? il ne faut pas oublier que les réponses d'un sondage traduisent avant tout la teneur des questions) . Mais il est vrai que désormais et malgré la hausse de productivité phénoménale depuis 60 ans, elle a presque doublée entre 1990 et 2005 selon les chiffres du bureau des statistiques du travail de l'OCDE, le salaire est une notion que l'on aborde plus (voir mon dernier post).

Qu'importe que depuis trente ans, la part des salaires dans le PIB ait diminuée de 10% au profit des revenus du capital, soit grosso modo 170 milliards d'euros par an, de l'argent il n'y en a plus pour le pékin moyen (la faute au chinois bien entendu). Hier encore, j'entendais Coppé mentir éhontément en disant que partout ailleurs dans le monde seuls ceux qui travaillaient plus pouvaient gagner plus. Pourtant, l'INSEE vient contredire cette idée tellement rabachée par la droite puis intégrée par la gauche libérale :  si la durée hebdomadaire à temps complet en France est bien une des plus faibles, le nombre d'heures travaillées annuellement en France, environ 1570h, temps partiel et temps complet inclus est comparable à celui de l'Allemagne et du Royaume uni, deux modèles souvent cités. On a souvent accusé les 35h d'infliger une cure de malthusianisme au travail mais que dire des pays économiquement libéraux qui cachent derrière un pseudo-plein emploi à forte durée hebdomadaire, un taux de temps partiel et d'emplois précaires extrèmement élevé. Travailler beaucoup pour gagner à peu près bien sa vie, c'est donc même pas donné à tout le monde. C'est pourtant le modèle à suivre pour la droite et une bonne partie du Ps.

Cette habile transition me sert à aborder le deuxième grand enseignement de cette élection, à savoir l'abstention. Elle a touché essentiellement les quartiers populaires et les électeurs de Naboléon aux dernières présidentielles. L'Ump a donc perdu son assise populaire mais celle-ci est peu revenue vers le Ps, qui devrait en tirer les conclusions qui s'imposent. Mais depuis 2002 ce parti est passé à côté de toutes les analyses pertinentes alors espérer qu'il réagisse est plus aléatoire que d'attendre les tartares. Les débats de la soirée électorale n'ont fait que confirmer mes craintes. Déjà pas un mot sur la bonne tenue de la gauche assumée, malgré quelques déceptions chez les communistes. Ensuite de la gêne face aux attaques d'une droite qui se sentant fortement menacée à choisi de sauter à la gorge du Ps. Ce dernier bénéficiant d'une victoire acquise sans combattre a montré qu'il n'avait bien évidemment pas les armes pour contrer ne serait-ce que la démagogie la plus basique.

Le spectacle d'un Bertrand hargneux comme une hyène blessée qui plantait ses crocs sur le socialiste qui se trouvait là était parlant. Tant que la gauche n'aura pas choisi d'assumer la réhabilitation de l'impôt et donc de la solidarité, elle offrira des boulevards à la droite qui surfe sur l'individualisation de la société en la remorquant plus qu'en l'accompagnant. Pourtant il y aurait tant à dire sur la nécessité de redonner les moyens à la collectivité de remunicipaliser la gestion de l'eau par exemple, dont la privatisation a coûté très cher au citoyen. En cette période de renchérissement de l'énergie, la nécessité des transports en commun accessibles à tous devraient être une priorité plutôt que de célébrer le nouveau management public qui fait de la SNCF une compagnie orientée vers les hommes d'affaires et les touristes aisés, au détriment des lignes de banlieues. Il y aurait bien d'autre cas à développer : la santé, l'accès aux services publics dans les campagnes, l'enseignement de qualité pour tous non gangréné par l'utilitarisme fanatique. Mais il faut faire comprendre aux gens que cela à un coût au niveau de l'impôt, coût qui en allègera d'autres, surtout pour les moins aisés.

Bien entendu l'impôt c'est aussi aider l'innovation et la recherche, la création de Pme et leur soutien, qui engendrera des emplois et des...impôts, ainsi de suite... La gauche peut conserver ses valeurs tout en se modernisant, c'est pas interdit. 

Malheureusement, le Ps semble loin de cette prise de conscience. La plupart des gens n'ont pas non plus cette lucidité. Le temps de la crise semble venu et il faut craindre que ce ne soit à nouveau des souffrances partagées par le plus grand nombre qui soit à l'origine du réveil des consciences.

Cette défaite électorale risque donc d'être encore une fois sans suite, la faute à un Ps aveugle et sourd. C'est comme donner de la déconfiture à des cochons... 

 

 

 

10:19 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1)

15/03/2008

Argent, trop cher

254265914.jpgHier soir, j'ai zappé par hasard sur TF1 et je suis tombé sur une émission qui se proposait généreusement de faire gagner du pouvoir d'achat aux français. Comme c'était urbain de leur part. Et que dire de cette touchante envie de donner un coup de main à leur patron qui trépigne à l'Elysée (oui en ce moment, il est assigné à résidence vous avez remarqué. Juste une petite promenade à Toulon où on lui a enlevé sa muselière pour soutenir Muselier et Gaudin en usant des fondamentaux xénophobes et sécuritaires) ?

Les rois du système D , voilà le titre de ce programme d'emplissage de cerveau disponible. Au menu, il y avait des trucs et astuces pour économiser, ne pas payer, gruger de façon légale. Enfin bref, la méthode pour se passer d'argent. Car voilà bien en quoi ce genre d'émission est nauséabonde. Elle veut confirmer aux gens, prenant ainsi le relais des politiques depuis grosso-modo 25 ans, que les gens d'en bas, le public de la chaîne , doivent s'habituer à faire avec ce qu'on leur donne.

Avez-vous remarqué à quel point le mot salaire était absent de la bouche des élus et des chefs d'entreprise ? Pourquoi à votre avis parle t'on autant de pouvoir d'achat et pas de niveau de vie par exemple ? Tout simplement parce que le modèle économique néolibéral est entre autres, fondé sur la modération salariale qui conjuguée au précariat maintient les travailleurs dans la dépendance complète, favorisant flexibilité et obéissance. Il faut ajouter bien sûr la pression sociale dirigée vers la consommation sinon le tableau est incomplet.

La salaire est donc une notion taboue depuis quelques temps maintenant. On parle de revenus, de compléments, de stock-options, d'intéressement mais de salaires point. Car le salaire c'est mal. C'est toujours trop haut un salaire et puis c'est stable un salaire, voire ça augmente. C'est trop sécurisant, ça amollit l'employé, ce feignant qui ne pense qu'à profiter des largesses patronnales en en faisant le moins possible. De plus, ça favorise un sentiment communautaire entre salariés, au travers des conventions et d'une normalisation du traitement. Or ce que la patronnat veut, c'est la compétition entre travailleurs, censée augmenter la productivité et surtout éradiquer les formes collectives de revendications, donc de lutte tout court.

Voilà pourquoi le salaire est banni des discours, les politiques ayant bien entendu dans leur grande sagesse, intégré le désir des employeurs. Ford qui en son temps, avait augmenté les subsides de ces ouvriers pour qu'ils puissent acheter les voitures qu'ils fabriquaient, un grand philanthrope donc, Ford est un naze archaïque. La preuve, il n'a pas survécu...De toutes façons, ces crétins de travailleurs maintenant, on peut les faire consommer sans leur donner assez d'argent. C'est même la nouvelle solution pour faire augmenter la croissance. sauf que le crédit à outrance va peut être donner lieu à la plus sévère crise écomnique depuis celle de 29. Mais je suis mauvaise langue, car les économistes ne se trompent jamais et leurs développements théoriques ont été validé par le tout-puissant lui même (c'est Adam Smith qui a signé là en fait, le patron ne pige rien à l'éco ).

Ce genre d'émission ne fait qu'appuyer sur cette idée que le salaire n'augmentera plus et que pour survivre, il faut être ingénieux et se prendre en main. Hé oui, que croyez-vous, les chinois ils se posent pas de questions eux, ils avancent, avec le reste du monde, tandis que la France est scotchée dans ses acquis d'un autre âge où les gens se voulaient un peu solidaires, quelle gabegie ! Tiens au passage s'il est vrai que la concurrence salariale et démographique de la Chine, pour ne citer qu'elle est incontestable, le différentiel est tel que le maximum de sacrifice tolérable sans explosion sociale serait encore loin du compte pour espérer regagner de la compétitivité. Pour exemple, le salaire mexicain moyen est déjà quatre fois plus élevé que son pendant chinois (pour retrouver la source, voir le Monde Diplo de ce mois-ci). Mais c'est pas grave, tant que ça marche, les dirigeants jouent, se sucrent eux-mêmes et leurs entourage oligarco-médiatico-politique. De quoi être à l'abri quand viendra le temps où ils fuiront leurs responsabilités et regarderont l'humanité s'étriper encore une fois.

Même les petits trucs de grand-mères qui étaient divulgués par des citoyens de bases fimés chez eux (j'ai tenu 5 mn devant ce spectacle navrant, suffisant pour voir un échantillon représentatif de l'émission) sont destinés à diminuer les dépenses. Aucun motif écologique par exemple dans le fait d'utiliser un citron pour nettoyer son micro-onde en lieu et place d'un détergent. Non non ! Le but n'est pas d'apprendre aux gens à être moins mesquins, juste à se passer d'argent, quasiment par tous les moyens. Pour les motivations nobles et constructives, on repassera...

Voilà, je ne vous parle même pas des deux présentateurs de cette émission ultra-démagogique. Je me demande quand même comment ils peuvent se regarder en face en sachant, parce qu'ils le savent, les bouses qu'ils donnent à manger à leur télespectateurs.

Les salaires c'est pas tabou, il n'en viendront pas à bout !!!

 

15:58 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (2)

11/03/2008

Atomes trop crochus

A la lecture d'un article du Monde diplo de ce mois-ci sur les mensonges de Tchernobyl, écrit par Alison Katz, j'ai repensé à cette excellente BD que j'ai lue il y a environ deux ans, sur le même thème : Tchernobyl mon amour de Chantal Montellier (scenario et dessins).1895148118.2.jpg

Le livre relate l'enquête d'une journaliste , Chris Winckler qui est chargée par son journal, la Vérité, de produire un papier pour le vingtième anniversaire de l'explosion de la centrale nucléaire de Tchernobyl. Elle va être amené à rencontrer un témoin de la catastrophe qui va la lui raconter...

L'auteure nous livre avec cette Bd un document d'une force impresionnante, comparable peut-être au Maus de Spiegelman bien que stylistiquement totalement différent. Rappel des faits, conséquences terribles pour le personnel et la population et surtout manipulation politique pour que jamais la vérité ne soit connue du plus grand nombre (hé oui, parfois la théorie du complot, c'est vrai).

Graphiquement assez dépouillée bien que juxtaposant différentes techniques graphiques (dessins, reprises de photo ou de documents, etc...) et documentairement très fouillée et rigoureuse, cette oeuvre est un incontournable pour tout amateur de Bd "sérieuse" et engagée. Sa valeur informative est tout aussi élevé qu'un très bon film documentaire.

 

Chantal Montellier expose son point de vue antinucléariste en stigmatisant la puissance des lobbies de l'industrie de l'atome et la désinformation des Etats (le fameux nuage radioactif qui a rebroussé chemin juste aux frontières de la France vous savez). Le constat est implacable, souvent féroce et pour tout dire assez désespérant. Elle considère que Tchernobyl est un évènement aussi grave que le largage des bombes nucléaires américaines sur Hiroshima et Nagasaki. Vous n'aurez pas manqué de relever la proximité du titre de la Bd avec le film d'Alain Resnais, écrit par Marguerite Duras, Hiroshima mon amour.

Personnellement, je ne suis pas un opposant farouche à l'énergie nucléaire mais résolument en faveur de solutions de substitution néanmoins (ainsi qu'au pétrole dont l'industrie liée a peu de chose à envier à sa consoeur physicienne). Malgré tout, je suis bien conscient de la chape de plomb (après celle de béton sur le réacteur éventré) qui s'est abattue sur les conséquences désastreuses et durables de cette catastrophe, sur les dégats humains immenses qu'elle a produit et continue de provoquer, alors même que les victimes ne sont même pas reconnues comme telles, ce qui augmente encore leur douleur psychologique. Cet ouvrage a fini de me convaincre.

 

Tchernobyl mon amour/Chantal Montellier.-[Arles] : Actes Sud, 2006.-[128p.] 

 

 

10/03/2008

Politiquement correct


Au lendemain du premier tour des élections municipales, le résultat est correct. On note une assez forte poussée de la gauche sans pour cela qu’elle anéantisse la droite, malgré un contexte de défiance très forte envers la politique menée depuis 9 mois.

Deux facteurs peuvent être invoqués pour expliquer la tournure des évènements.

Premièrement, il s’agit d’élections locales et au dernier moment les enjeux locaux ont repris la place qui leur revient dans une élection de ce type. De même la victoire écrasante annoncée pour la gauche par les sondages a peut-être un peu démobilisé l’électorat de gauche tout en aiguillonnant les défenseurs (il en reste quelques uns malgré tout) de la politique de l’Ump.

Deuxièmement et c’est pour moi le paramètre le plus important, c’est la faiblesse de la gauche et surtout du Ps. Obtenir une victoire électorale alors que depuis l’élection funeste du 6 mai, il est quasi-inaudible, ultra-divisé, toujours aussi mou et peu combatif quand il s’agit de défendre de véritables idées de gauche (solidarité etc…) traduit finalement à quel point le rejet de l’ex maire de Neuilly est fort chez les français. Mais le Ps n’en profite qu’au minimum, payant là son attitude inconséquente voire irresponsable depuis 2002. Le résultat des listes de gauche assumée est souvent prometteur, surtout pour ce type d’élection : la Lcr, Lo ou des listes de gauche rassemblée dépassent souvent les 5%, le Pc résiste bien dans ses bastions. Plus que jamais, l’émergence d’une gauche qui ne se renie pas, qui propose un projet résolument solidaire et moderne à la fois (moderne dans le sens où on peut lutter contre le néolibéralisme désocialisant mais agir pour les Pme, la recherche et l’innovation) est primordial pour l’avenir de ce pays et de ses habitants. Pour l’identité culturelle de la France aussi, à laquelle je tiens par-dessus-tout.

Le pseudo président vient d’être clairement averti par la population que ses actes avaient maintenant été jugés à l’aune de ses paroles. Il reste à confirmer cet avertissement en sanction lors du deuxième tour. Le gain de Toulouse par la gauche, voire celui de Marseille, qui sera néanmoins beaucoup plus difficile, acteront cette sanction. Cela dit, je n’ai jamais considéré que ces élections pouvaient infléchir la politique de ce gouvernement, lancé dans une course au néolibéralisme et au néoconservatisme pour rattraper les autres pays développés dans l’uniformisation (abandon du rôle de l’Etat, des services publics, des politiques sociales, valorisation de l’individualisme et poussée sécuritaire). Il faudra plus qu’une gifle électorale pour déboulonner Naboléon le tout petit.

Tiens cette expression me fait penser à une interview que je vais vous retranscrire :

ENTRETIEN AVEC VH
Vous semblez vous tenir très informé de l’actualité politique française. Quel regard portez-vous sur notre nouveau président ?
VH : Depuis des mois, il s’étale ; il a harangué, triomphé, présidé des banquets, donné des bals, dansé, régné, paradé et fait la roue… Il a réussi. Il en résulte que les apothéoses ne lui manquent pas. Des panégyristes, il en a plus que Trajan. Une chose me frappe pourtant, c’est que dans toutes les qualités qu’on lui reconnaît, dans tous les éloges qu’on lui adresse, il n’y a pas un mot qui sorte de ceci : habilité, sang-froid, audace, adresse, affaire admirablement préparée et conduite, instant bien choisi, secret bien gardé, mesures bien prises. Fausses clés bien faites. Tout est là… Il ne reste pas un moment tranquille ; il sent autour de lui avec effroi la solitude et les ténèbres ; ceux qui ont peur la nuit chantent, lui il remue. Il fait rage, il touche à tout, il court après les projets ; ne pouvant créer, il décrète.

Derrière cette folle ambition personnelle décelez-vous une vision politique de la France, telle qu’on est en droit de l’attendre d’un élu à la magistrature suprême ?
VH : Non, cet homme ne raisonne pas ; il a des besoins, il a des caprices, il faut qu’il les satisfasse. Ce sont des envies de dictateur. La toute-puissance serait fade si on ne l’assaisonnait de cette façon. Quand on mesure l’homme et qu’on le trouve si petit, et qu’ensuite on mesure le succès et qu’on le trouve si énorme, il est impossible que l’esprit n’éprouve quelque surprise. On se demande : comment a-t-il fait ? On décompose l’aventure et l’aventurier… On ne trouve au fond de l’homme et de son procédé que deux choses : la ruse et l’argent…Faites des affaires, gobergez-vous, prenez du ventre ; il n’est plus question d’être un grand peuple, d’être un puissant peuple, d’être une nation libre, d’être un foyer lumineux ; la France n’y voit plus clair. Voilà un succès.

Que penser de cette fascination pour les hommes d’affaires, ses proches ? Cette volonté de mener le pays comme on mène une grande entreprise ?
VH : Il a pour lui désormais l’argent, l’agio, la banque, la bourse, le comptoir, le coffre-fort et tous les hommes qui passent si facilement d’un bord à l’autre quand il n’y a à enjamber que la honte…Quelle misère que cette joie des intérêts et des cupidités… Ma foi, vivons, faisons des affaires, tripotons dans les actions de zinc ou de chemin de fer, gagnons de l’argent ; c’est ignoble, mais c’est excellent ; un scrupule en moins, un louis de plus ; vendons toute notre âme à ce taux ! On court, on se rue, on fait antichambre, on boit toute honte…une foule de dévouements intrépides assiègent l’Elysée et se groupent autour de l’homme… C’est un peu un brigand et beaucoup un coquin. On sent toujours en lui le pauvre prince d’industrie.

Et la liberté de la presse dans tout çà ?
VH (pouffant de rire): Et la liberté de la presse ! Qu’en dire ? N’est-il pas dérisoire seulement de prononcer ce mot ? Cette presse libre, honneur de l’esprit français, clarté de tous les points à la fois sur toutes les questions, éveil perpétuel de la nation, où est-elle ?

Qui est VH me dire-vous, l’air interloqué et curieux à la fois ?

Un certain Victor Hugo parlant de Napoléon III. Toutes ses réponses à cette fausse interview sont extraites de son ouvrage Napoléon le petit. Je suis sûr que ça va vous rappeler quelqu’un :oB

Rendez vous pour l’analyse du deuxième tour.

08/03/2008

Ainsi était le commencement...

Ma première note sera musicale. Une note de musique, logique finalement…

 

Connaissez-vous Thao ? Non, pas le Tao des cités d’or mais Thao, Thao N’Guyen ? C’est une jeune américaine d’origine vietnamienne. Il faudrait que vos cerveaux soient bien bridés pour ne pas l’avoir deviné rien qu’à son patronyme.

 

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Moi je ne la connais que depuis quelques semaines et musicalement depuis quelques jours seulement. J’ai lu une petite critique de son dernier album sur les inrocks, puis j’ai visité son espace (herspace) sur le net et j’ai tout de suite été séduit par ses chansons légères et sautillantes.

Miss Thao donne dans le folk-rock primesautier, dans la guitare post-adolescente. Dans son album, We brave bee stings and all dont le titre s’accorderait bien à la geste un peu vantarde d’un jeune et brave héro en culottes courtes, elle a mis onze petits bonbons à la sève de printemps. 

La musique de notre mignonne asiatique respire la jeunesse comme un mois d’Avril sent le lila. C’est gai, léger, ça a 20 ans. Et ça me fait penser aux miens qui sont tombés de ma poche un jour où comme tous les autres, je regardais ailleurs. Je ne les ai jamais retrouvés…Du coup, mademoiselle Thao sème le printemps et ce sont des fleurs d’automne qui éclosent dans mes oreilles. La gaieté et la mélancolie sont toujours voisines en fin de compte.

Mais cet album, il y quoi vraiment dedans, me demanderez vous ?

Des comptines folk, faites d’un joli tissu chamarré de guitares, rapiécé ici et là avec quelques fils de banjo et des chutes de piano. On y trouve aussi quelques broderies cuivrées. Le son est le plus souvent cristallin, gracile comme une jeune beauté. Les accords ont à peine 18 ans mais sont toujours majeurs. Des petits devenus grands certes, gorgé d’énergie il va de soi, mais toujours très tendres.

Comme la demoiselle est née dans l’Est des Etats-Unis, dans les Appalaches de Virginie pour être plus précis, il n’est pas étonnant de trouver ça et là quelques pointes de jazz et de blues. Quelques arrangements en pentatonique servent de décoration exotique en provenance indirecte d’Indochine.

 

Voilà donc un album bien sympathique, tout en décontraction genre je tape le bœuf avec mes potes étudiants sans me prendre la tête, je chante tout juste juste mais on s’en fout, le ciel est bleu et le soleil brille. Thao me rappelle les jumelles Tegan et Sara dans un style moins noisy, cabotin et petite peste. Elle pratique une musique à l’identité très teenager américain cool, comme peut le faire aussi Nada Surf par exemple. Cela conduit rarement au chef-d’œuvre mais c’est efficace et très plaisant.

 

 

Mes chansons préférées : Beat (health, life and fire); Big kid table ; Swimming pool ;Yes, so on and so on.

 

 

Un petit défaut tout de même : c'est un peu court, même pas une demi-heure. Ah la jeunesse....Toujours pressée...

 

 

http://www.myspace.com/thaomusic

 

 

 

 

06/03/2008

Bonjour, moi c'est Nicks

Je vous souhaite la bienvenue sur mon blog !

Je suis un archéo-conservateur. Je ne suis pas un bougiste quoi. Et puis je suis de gauche, de celle qui s'assume, qui ne s'est pas reniée. Alors forcément, je ne suis pas moderne. Pour l'être il faut bouger, le plus vite possible. Les bougistes sont angoissés par la peur de ne plus être moderne, alors ils bougent, le plus vite possible, sans trop se préoccuper de la destination. Bon, la direction tire à droite mais c'est par ce qu'ils aiment à croire qu'ils vont dans le sens de l'histoire, qu'ils sont visionnaires. Vue sur le guidon surtout...A cette vitesse là, attention à ne pas passer le mur de la modernité !

Moi je n'ai pas la bougite. Je suis du genre à regarder le coucher de soleil jusqu'au bout, le petit gars tranquille qui regarde s'agiter la cité comme disait un de mes collègues archéistes, l'astarffortais. Je tiens à certaines valeurs, certains principes, je crois encore à l'action collective tout en respectant l'individu. Un archéo-marxiste comme ils disent, quasiment un hors la loi. En plus je suis rêveur, un peu romantique, un peu artiste. Un nuisible en puissance ! Archéo-conservateur vous dis-je !

Comme je suis aussi curieux, ce blog parlera de culture, de musique, de ciné et d'à peu près tout, ce tout mélangé à mes vociférations politiques bien entendu.

 A bientôt !