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18/03/2008

La déconfiture aux cochons

Voilà, les municipales ont rendu leur verdict et il est très sévère pour l'Ump. La gauche prend 37 villes de plus de 30000 habitants contre quatre seulement pour la majorité, seule trois des dix plus grandes villes de France restent à droite : Bordeaux, Nice et Marseille. C'est ce résultat dans les grandes et moyennes cités qui fait la débacle de la droite car c'est là que le srutin est généralement le moins localiste, qu'il reflète la tendance nationale. Force est donc de constater que le rejet de la politique menée depuis 10 mois est patent.

 

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 Une caricature de caricature vivante

 

Le premier enseignement à tirer de cette élection, n'en déplaise à la bande de Dalton du gouvernement c'est la défiance vis à vis du névropathe et de sa bande. Bien entendu leur réflexe comme toujours en cas de branlée électorale est de nier les faits et de soutenir mordicus que les français ne sont pas mécontents mais impatients. Ils promettent donc d'accélérer le tempo. J'ai envie de dire chiche ! Dans le contexte de malaise social ambiant et de crise économique mondiale potentiellement très grave, ce serait le meilleur moyen de mener la France à une de ces explosions qui lui sont coutumières, la meilleure solution pour que la droite se fasse mouliner après s'être faite laminer hier.

Cela dit, il paraît que les français sont très majoritairement favorables au réformes déjà menées. De la façon dont elles ont été présentées c'est possible : élimination des parasites profitant des régimes spéciaux (le gens n'aime pas le parasite c'est bien connnu), privilèges digne d'un noble du grand siècle ; exonération des droits de succession qui permettent soi-disant aux moins aisés de bénéficier du travail d'une vie de leur parents, sauf qu'avant la réforme la majorité ne payait pas ces droits de succession et que le changement concerne les plus riches bien entendu, libéralisation des heures sup qui sont un succès digne d'une tournée des rolling-stones (sauf que je regrette que dans les sondages, on ne pose pas cette question toute simple : pour gagner plus, préférez vous faire des heures sup ou avoir une augmentation de salaire ? il ne faut pas oublier que les réponses d'un sondage traduisent avant tout la teneur des questions) . Mais il est vrai que désormais et malgré la hausse de productivité phénoménale depuis 60 ans, elle a presque doublée entre 1990 et 2005 selon les chiffres du bureau des statistiques du travail de l'OCDE, le salaire est une notion que l'on aborde plus (voir mon dernier post).

Qu'importe que depuis trente ans, la part des salaires dans le PIB ait diminuée de 10% au profit des revenus du capital, soit grosso modo 170 milliards d'euros par an, de l'argent il n'y en a plus pour le pékin moyen (la faute au chinois bien entendu). Hier encore, j'entendais Coppé mentir éhontément en disant que partout ailleurs dans le monde seuls ceux qui travaillaient plus pouvaient gagner plus. Pourtant, l'INSEE vient contredire cette idée tellement rabachée par la droite puis intégrée par la gauche libérale :  si la durée hebdomadaire à temps complet en France est bien une des plus faibles, le nombre d'heures travaillées annuellement en France, environ 1570h, temps partiel et temps complet inclus est comparable à celui de l'Allemagne et du Royaume uni, deux modèles souvent cités. On a souvent accusé les 35h d'infliger une cure de malthusianisme au travail mais que dire des pays économiquement libéraux qui cachent derrière un pseudo-plein emploi à forte durée hebdomadaire, un taux de temps partiel et d'emplois précaires extrèmement élevé. Travailler beaucoup pour gagner à peu près bien sa vie, c'est donc même pas donné à tout le monde. C'est pourtant le modèle à suivre pour la droite et une bonne partie du Ps.

Cette habile transition me sert à aborder le deuxième grand enseignement de cette élection, à savoir l'abstention. Elle a touché essentiellement les quartiers populaires et les électeurs de Naboléon aux dernières présidentielles. L'Ump a donc perdu son assise populaire mais celle-ci est peu revenue vers le Ps, qui devrait en tirer les conclusions qui s'imposent. Mais depuis 2002 ce parti est passé à côté de toutes les analyses pertinentes alors espérer qu'il réagisse est plus aléatoire que d'attendre les tartares. Les débats de la soirée électorale n'ont fait que confirmer mes craintes. Déjà pas un mot sur la bonne tenue de la gauche assumée, malgré quelques déceptions chez les communistes. Ensuite de la gêne face aux attaques d'une droite qui se sentant fortement menacée à choisi de sauter à la gorge du Ps. Ce dernier bénéficiant d'une victoire acquise sans combattre a montré qu'il n'avait bien évidemment pas les armes pour contrer ne serait-ce que la démagogie la plus basique.

Le spectacle d'un Bertrand hargneux comme une hyène blessée qui plantait ses crocs sur le socialiste qui se trouvait là était parlant. Tant que la gauche n'aura pas choisi d'assumer la réhabilitation de l'impôt et donc de la solidarité, elle offrira des boulevards à la droite qui surfe sur l'individualisation de la société en la remorquant plus qu'en l'accompagnant. Pourtant il y aurait tant à dire sur la nécessité de redonner les moyens à la collectivité de remunicipaliser la gestion de l'eau par exemple, dont la privatisation a coûté très cher au citoyen. En cette période de renchérissement de l'énergie, la nécessité des transports en commun accessibles à tous devraient être une priorité plutôt que de célébrer le nouveau management public qui fait de la SNCF une compagnie orientée vers les hommes d'affaires et les touristes aisés, au détriment des lignes de banlieues. Il y aurait bien d'autre cas à développer : la santé, l'accès aux services publics dans les campagnes, l'enseignement de qualité pour tous non gangréné par l'utilitarisme fanatique. Mais il faut faire comprendre aux gens que cela à un coût au niveau de l'impôt, coût qui en allègera d'autres, surtout pour les moins aisés.

Bien entendu l'impôt c'est aussi aider l'innovation et la recherche, la création de Pme et leur soutien, qui engendrera des emplois et des...impôts, ainsi de suite... La gauche peut conserver ses valeurs tout en se modernisant, c'est pas interdit. 

Malheureusement, le Ps semble loin de cette prise de conscience. La plupart des gens n'ont pas non plus cette lucidité. Le temps de la crise semble venu et il faut craindre que ce ne soit à nouveau des souffrances partagées par le plus grand nombre qui soit à l'origine du réveil des consciences.

Cette défaite électorale risque donc d'être encore une fois sans suite, la faute à un Ps aveugle et sourd. C'est comme donner de la déconfiture à des cochons... 

 

 

 

10:19 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1)

Commentaires

ils semblent oublier que Sarko a pas été élu par tous les français, et que le score de la gauche aux présidentielle était pas loin derrière, y a la moitié de la France qui ne veut pas de ce type, c'est normal que le résultat des municipale soit comme ça, sans compter les trou duc qui se sont réveillés qui avaient voté sarko pour d'obscures raisons et qui sont peut être revenu à gauche. mais le chiffre de l'abstention est honteux!

Écrit par : marieaunet | 19/03/2008

Les commentaires sont fermés.