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26/02/2009

A l'insu de mon plein gré !

Je viens de m'apercevoir avec une surprise mauvaise qu'un bandeau de pub pour Libertas trônait au dessus de ma bannière. Je ne sais si le marketing du site est affiné blog par blog mais je signale bien entendu qu'une d'une part ma propre qualification, par dérision, d'archéo-conservateur marque mes convictions de gauche assumées, d'autres part que je ne soutiens en aucune façon ce parti ultra-libéral de droite et conservateur dans le premier sens politique du terme, tout noniste qu'il soit.

Si la situation perdure, j'en demanderai des explications fermement à hautetfort.

13:48 Publié dans Perso | Lien permanent | Commentaires (3)

22/02/2009

Suis la musique !

 

A l'heure où tous les voyants sont au rouge et les esprits crispés sur un avenir crépit de sombre, je m'en reviens parmi toi lecteur (car tu n'es sûrement jamais plus de un en même temps à me lire) pour te parler de deux Cd zénifiants que l'on m'a offert sur mes propres recommandations, pour mon anniversaire.

Deux albums, deux destinations, deux évasions...

 

 

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Kelli Ali avec Rocking horse nous offre un aller sans retour au coeur d'une forêt enchantée, jumelle de la Brocéliande arthurienne. Elle y déploie une musique diaphane dont les douces arabesques sont autant de sortilèges hypnotiques et délicieux. Dans une ambiance moussue et médiévale, la voix de Kelli dessine le chemin des fées et nous emprisonne, consentants, dans ses mystères couleur vert tendre. Dans un coin du tableau, une flûte, un cor anglais et un hautbois transpercent les frondaisons de quelques élans de lumière vaporeuse.

 

 

Heaven's door

Les violons tracent dans les feuilles mortes, entre les arbres immenses, le lit d'un ruisseau tranquille, qu'un banjo calmement enjoué agrémente de quelques clapots cristallins. Parfois, la brise encore un peu fraîche ramène avec elle la scansion chuintante d'un rite magique. La basse, ronde comme le fût d'un hêtre, pulse lentement la vie d'un être. Endormie, la nymphe des lieux est belle et irradiante comme une aurore. Ses cheveux sombres coulent sur le lin blanc de sa tunique. Son souffle ténu m'invite au sommeil. Je m'allonge auprès d'elle et j'oublie...

 

What to do

 

 

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Kelli Ali

 

 

Le réveil n'est pas difficile. Le soir descend sans se presser, je suis allongé sur un sable tiède. J'entends au loin quelques éclats de samba que le vent rabat sur les flancs des pains de sucre. Plus proche de moi, une guitare nylon, relaxée, tresse une brassée d'accords de bossa. Je suis quelque part , dans une autre dimension do Brasil. Il fait doux...

 

The next time around

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Ma belle druidesse s'est changée en déesse latine. Sa peau est bronzée et son regard chocolat. La franchise gourmande de ses oeillades a pourtant la tendresse de la fraîcheur. Son corps est une courbe mouvante qui chaloupe doucement sur la musique de Little Joy. Je l'embarque avec moi...

La soirée sera reaggae, pop sucrée et tonalités carioca. Entre amis, de tous âges pourvu qu'ils ne soient pas adultes... Un peu de ponch, quelques bières, des brunes, des blondes, un cocktail pour savourer le plaisir d'un moment fugace et éternel. Au bout du monde, le soleil se dilue dans l'eau sanguine de l'Océan. La vie n'a pas de fin, je me noie dans une joie mélancolique...

 

 

 

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Evaporar

 

 

 

 

Kelli Ali myspace :

http://profile.myspace.com/index.cfm?fuseaction=user.view...

Little Joy myspace :

http://www.myspace.com/littlejoymusic

 

00:57 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : kelli ali, little joy

01/02/2009

Faim d'Histoire

La France disait-il n’avait pas peur du changement, mais elle l’attendait. Il est venu, mais pas vraiment comme elle, du moins celle qui a voté pour l’ex maire de Neuilly, l’espérait naïvement.

1110039_dollar_liberty_2.jpgLe président actuel voulait transformer notre pays, un des derniers à s’adapter à la mondialisation néolibérale. Encore le faisait-il en râlant et renâclant, comme à son habitude et ceci malgré le nombre toujours plus grand des nouveaux convertis. Il avait le désir d’en faire une petite Amérique, objet de son amour et de sa fascination. Il brûlait d’installer sur le trône des valeurs, l’individualisme, l’ambition personnelle, la course au profit décomplexé. Il trépignait de pouvoir enfin solder l’héritage révolutionnaire qu’avant lui des historiens comme François Furet,  porté par l’enthousiasme des transfuges, avaient déjà contesté.

Bref, il rêvait de donner le coup de grâce à un modèle né sur les ruines de la guerre et la honte de la collaboration, des germes multi-séculaires de son histoire et de sa culture, mais depuis 25 ans attaqué de toutes parts. Grignoté de l’extérieur avec la globalisation économique portée par le consensus de Washington, sapé de l’intérieur par ses propres blocages et l’effort des néolibéraux du cru.

Mais les winners les plus farouches, les plus opportunistes, les moins scrupuleux ne peuvent rien face à leurs aveuglements et devant le stop impérieux imposé par l’Histoire. Il y eut bien quelque esprit simple et satisfait pour imaginer qu’elle s’était définitivement arrêtée. Mais chacun, Fukuyama y compris sent bien qu’elle est repartie, après une pause cahotante d’une vingtaine d’années.

Voilà donc que le système adoré, que nous appellerons néolibéral par commodité, connaît les derniers soubresauts au moment même où en France on voudrait finir de l’imposer. Souvenez- vous des paroles de notre chef suprême pendant sa campagne. Il déplorait le faible endettement des français, souhaitait que tous  soient propriétaires, sur le modèle américain. Celui des subprimes voyez ?...

Oui mais, le château de cartes s’est effondré, à la seul surprise de ceux qui l’avaient édifié au mépris de toutes les règles prudentielles. Mais que voulez vous ? Comment résister quand on est acteur dans une structure où la cupidité et la concurrence s’allient pour former une spirale infernale, d’où le risque, par la grâce des produits structurés, semble s’être évanoui ? (voir le dernier livre de Frédéric Lordon : Jusqu’à quand ? Pour en finir avec les crises financières.-Paris : Raisons d’agir, 2008.-220p.)

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Il serait nécessaire de bien souligner à quel point la libéralisation de la finance, dont les subprimes et les produits dérivés sont les derniers avatars, a pesé sur l’organisation du travail et partant, sur l'évolution des sociétés occidentales, mais aussi de celles des pays émergents. Il suffira de dire que la financiarisation en privilégiant le capital au détriment du travail, a fini par lui enlever son sens mais aussi son pouvoir de rémunération et d’épanouissement dans de bien nombreux cas : recherche du profit maximum à court terme, course à la productivité, management omniprésent, précarisation, tassement des salaires. Pourtant, pendant ce temps là, il fallait bien préserver la croissance et sa composante bien souvent essentielle, la consommation.

D’où la recherche du moindre coût qui a deux effets pervers : les délocalisations et la tension sur les salaires, sur les conditions de travail. Les premières enrichissent certes les pays les plus pauvres mais en les dispensant de créer un marché intérieur viable, en fermant les yeux sur l’exploitation des « ressources humaines », en sacrifiant le tissu économique (l’agriculture de subsistance notamment) aux exportations. Les secondes ont fait pressions sur les revenus et la stabilité de l’emploi qu’il a fallu compenser pour maintenir le fameux pouvoir d’achat par le recours au crédit et la production au moindre coût. La boucle est bouclée, la machine peut s’emballer…Vous aurez noté qu’aujourd’hui plus personne du côté des élites économiques et  politiques, exceptées celles se réclamant de la gauche assumée, ne parle de salaire mais de pouvoir d’achat. Le glissement sémantique est éloquent…

Tout a une limite heureusement et le capitalisme financiarisé a atteint les siennes, au grand dam de l’Ump et de son cornac autoritaire. Dans la précipitation digne de galopins sachant qu’il font un coup pendable, ils ont enchainé les réformes libérales : paquet fiscal (merci pour le budget , le déficit et la dette), démantèlement des 35h et promotion des heures supplémentaires avec dégrèvement fiscal bien évidemment (toujours pour soigner les déficits) qui s’avèrent totalement pro-cycliques en tirant le chômage vers le haut avant même que la crise ne fasse sentir ses effets propres, destruction à la hache des services publics (Education nationale, système de santé, SNCF, Poste etc) qui eux, au contraire constituent de puissant barrages contra-cyclique pour soutenir l’économie et protéger les plus fragiles. Un rapport de l’OCDE est d’ailleurs venu à point nommé pour montrer que la France et les pays à très forte redistribution (scandinaves pour la plupart) étaient aussi ceux qui alliaient le mieux croissance et réduction des inégalités :

-synthèse du rapport OCDE sur la croissance et les inégalités 2008 : http://www.oecd.org/dataoecd/48/9/41530189.pdf

-Note concernant la situation française : http://www.oecd.org/dataoecd/45/24/41525323.pdf

-Graphique sur le rapport entre redistribution et taux de pauvreté : http://graphs.gapminder.org/communityproxy/ChartDataServl...=

Pour un pays archaïque et sclérosé, la France ne fait pas si mal, proche des pays nordiques, laissant à des années-lumière les USA. Bien plus, notre pays apparaît un des mieux armés pour résister à la crise, si tant est que les malades qui nous gouvernent ne persistent pas dans leur erreur funeste et idéologique.

http://pubs.lemonde.fr/RealMedia/ads/adstream_sx.ads/FRAN...

Tout le problème est là. Comment va réagir notre roi d’opérette-président ? Comment va évoluer la contestation sociale ?

L’ancien maire de Neuilly apparaît de plus en plus comme un personnage autoritaire et liberticide, ce que ses opposants les plus lucides avaient bien décelé depuis le départ. Par ailleurs et malgré sa plasticité et son pragmatisme apparent, c’est un véritable idéologue à la fois néolibéral et néoconservateur. Il faut certes tempérer ce constat par une ambition et un narcissisme maladifs qui poussent à l'opportunisme, mais aussi par un reliquat de colbertisme, rare trace d’héritage culturel français chez un individu qui en outre n’affiche qu’un bonapartisme de carton-pâte. Cela n’abuse que le courtisan Duhamel…

La population elle, voit bien désormais que des nuages d'orage encombrent l’horizon, mais il semble qu’une faible partie soit consciente que la crise actuelle est systémique et que par conséquent les revendications conjoncturelles sont sans finalité possible. Pourtant, il se pourrait bien que la compréhension d'une remise en cause inéluctable des structures soit l’aiguillage qui déterminera le chemin que va prendre la France dans les années qui viennent.

Si les gens s’en rendent compte rapidement alors l’espoir est possible, l’aspiration à un système plus équilibré et alternatif, autorisé, l’émergence d’une offre politique qui y amène des réponses, envisageable. En revanche, si la résignation prévaut, si les détenteurs du pouvoir vont comme c’est très probable au bout de leur délire alors le pessimisme est de rigueur et la démocratie en danger. Le système ne peut maintenant survivre que par perfusion d’autoritarisme et de reconstitution complète de la hiérarchisation sociale, aux dépens des classes moyennes.

Bien entendu, son évolution dépendra énormément des réactions à la crise dans le monde entier, aux Etats-Unis et en Chine notamment. Elle reposera aussi sur les interactions, les négociations et les tensions qui s'en suivront...

De l’amas de ces conjectures bien fragiles, il ressort cependant une certitude : les citoyens ont le pouvoir de construire la société qu’ils désirent, de renverser celle qui leur semble imposée.

L’Histoire est en marche…

 

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00:08 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (3)