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05/01/2009

White spirit

J'avais prévu de commencer l'année sur les chapeaux de roue avec un post politique bien senti et puis finalement les conditions météo m'obligent à lever le pied, pour mon plus grand plaisir.

Il a neigé aujourd'hui sur l'Ile de France. Elle flotte sur un océan blanc et les flocons ont gardé leur pouvoir sur moi. Toujours cet effet adoucissant sans adjuvants chimiques, toujours cet émerveillement, toujours cette envie irrépréssible de toucher et de partir en dérapages plus ou moins contrôlés. Je n'ai pu résister ce soir en rentrant à faire quelques pas complètement superflus, juste pour apprécier le froissement soyeux qui nait d'un soulier qui s'enfonce dans la poudreuse.

Pourtant c'était la reprise ce lundi et l'année 2009 promet son lot de soucis et de sans le sous. Pas de quoi pavoiser, sans même parler de ma situation personnelle bien fragile mais que je n'évoquerai pas ici. Mais à peine sorti de l'immeuble, voilà que dans l'anthracite d'une fin de nuit qui n'est pas du matin, m'apparaissent les fins duvets qui descendent du ciel. La route et les trottoirs sont déjà finement glacés au sucre...Loin de rester froid, je n'ai pu réprimer un léger sourire de contentement, en soupirant d'aise. De toutes façons, je n'ai jamais refusé un petit coup de blanc...

Et puis ce midi, en sortant de mon lieu de travail pour déjeuner, comment ne pas ressentir des frissons de plaisir à voir le Panthéon avec un bonnet frileusement vissé sur son dôme. Même les sapins dressés sur le parvis s'étaient poudrés les aiguilles et pouvaient regarder satisfaits la Tour Eiffel, au loin, plantée dans un horizon lumineusement laiteux.

La neige a cet effet miraculeux d'apaiser la vie, comme si elle étendait pudiquement son drap immaculé sur les souillures du monde, comme si elle démaquillait avec son coton délicat le rimel dégoulinant de nos existences de plus en plus putassières. Pour qui a déjà eu l'occasion de vivre ce grand moment zen qu'est une marche de nuit dans un endroit enneigé, où qu'il soit, au coeur d'une ville endormie et pétrifiée ou dans une forêt muette et emmaillotée de blanc, la vérité est que la neige est la messagère du silence. Les flocons sont ses mots...

 

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Pour ne pas rompre le charme, je vous chuchotte mes voeux pour la nouvelle année, en espérant, contre toute attente, que le "white spirit" de ce jour enneigé soit le signe que tout peut recommencer, que tout peut se laver...

 


23:19 Publié dans Dream machine | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : neige, hiver